Mister Arkadin

LJC DU 31 AOÛT 2017 : DEUX LIVRES, UNE REVUE, UNE COLLECTION, DES BLOGS

27 Août 2017, 19:19pm

Publié par Mister Arkadin

Les invités du "Libre journal du cinéma" (LJC) du jeudi 31 août 2017 sont Vincent Roussel (critique de cinéma et blogueur, responsable du "Journal cinéma du Dr Orlof", collaborateur des sites "Causeur" et "Culturopoing"), pour son livre La Brigandine. Les dessous d’une collection (Éditions Artus Films), Édouard Sivière (critique de cinéma et blogueur, responsable de "Nigthswimming", collaborateur du site "Kinok" et des "Fiches du Cinéma"), pour son livre L’Esprit "Positif". Histoire d’une revue de cinéma 1952-2016 (Éditions Eurédit), et tous deux pour le blog "Zoom arrière" (« Une machine à remonter le temps du cinéma »).

Il sera aussi question du reste de l’actualité, des films, des disparitions (notamment Jerry Lewis), des publications et des manifestations cinématographiques diverses.

 


Informations complémentaires :

Horaires de diffusion du LJC, sur Radio Courtoisie : de 12 heures à 13 heures 30 – Rediffusions la nuit suivante, de 0 heure à 1 heure 30 et le lendemain de 16 heures à 17 heures 30.

Des messages peuvent être adressés à la station en cours d’émission (courtoisie@radiocourtoisie.fr ; 01.46.51.00.85).

Radio Courtoisie en modulation de fréquence (MHz) :
Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.

---------------------------

 

Voir les commentaires

LJC DU 3 AOÛT 2017 : HOMMAGES À DEUX GLOIRES DU CINÉMA FRANÇAIS

31 Juillet 2017, 21:40pm

Publié par Mister Arkadin

 

Les invités du "Libre journal du cinéma" (LJC) du jeudi 3 août 2017 sont Marie-Noëlle Tranchant (journaliste et critique de cinéma au Figaro) et Arnaud Guyot-Jeannin (écrivain, auteur des Visages du Cinéma. 35 portraits non conformistes, aux éditions Xénia, et de L’Avant-garde de la Tradition aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, et journaliste, collaborateur du site "Boulevard Voltaire" et du "magazine des idées" Éléments), pour un hommage à deux comédiens récemment disparus : Jeanne Moreau (23 janvier 1928 – 31 juillet 2017) et Claude Rich (8 février 1929 – 20 juillet 2017).

 

 

Il sera aussi question du reste de l’actualité, des films, des disparitions (notamment Debbie Reynolds et Martin Landau), des publications et des manifestations cinématographiques diverses.

 


Informations complémentaires :

Horaires de diffusion du LJC, sur Radio Courtoisie : de 12 heures à 13 heures 30 – Rediffusions la nuit suivante, de 0 heure à 1 heure 30, et le jour suivant de 16 heures à 17 heures 30.

Des messages peuvent être adressés à la station en cours d’émission (courtoisie@radiocourtoisie.fr ; 01.46.51.00.85).

Radio Courtoisie en modulation de fréquence (MHz) :
Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.

------------

 

Voir les commentaires

« SE LAISSER FILMER PAR SON MARI », « LE NANNI MORETTI DE LA SEINE », « COMME DANS LES FILMS PORNOS », « DES FILMS DÉBILES EN RELIEF » « AU MOMENT DE LA SORTIE DE LA GUERRE DES ÉTOILES »

2 Juillet 2017, 13:56pm

Publié par Mister Arkadin

Extraits des Lumières du ciel, roman d’Olivier Maulin (Paris, Éditions Balland, 2011)

 

p.53 :

- Ta gueule, baise-moi.

- Tu charries, Bérangère…

J’ai obtempéré. Je l’ai prise sur le tapis épais. Elle en rajoutait dans la volupté. Elle fermait les yeux en couinant, elle disait oh oui, plus fort, va-z-y, prends-moi, et puis des cochonneries aussi, qu’on peut pas répéter. Son truc, c’était d’imaginer que des dizaines d’inconnus la regardaient en train de faire l’amour. C’est ça qui l’excitait. Chacun ses fantasmes, après tout. Mais du coup elle faisait du théâtre, elle se trémoussait, se léchait le bout des seins comme dans les films pornos. Elle jouait pour son public imaginaire. Parfois, dans le feu de l’action elle leur parlait même, aux inconnus ! Elle disait : Regardez-moi, les gars ! Ça vous excite, bande de porcs ! J’étais obligé de ramener à la raison.

 

p.93-94 :

[…] il ne circulait qu’à scooter. Il sillonnait la ville sous les nuages blancs, se baladait des heures entières, slalomait entre le Louvre et les Invalides, un casque en cuir sur la tête, des lunettes d’aviateur sur le nez, ses longs cheveux au vent. C’était un peu le Nanni Moretti de la Seine, Dédé.

 

 

 

p.118 :

[…] on lui donnait des nouvelles du pays. Il était largué sur à peu près tout. Il connaissait à peine le nom du président de la République. On lui parlait des caméras de vidéo-surveillance installées à chaque carrefour, de l’ADN comme idéal social, des films débiles en relief que l’on regarde avec des lunettes de mongolien, de drones qui surveillent les banlieues, des salaires des ministres, de la corruption généralisée, des fusillades quotidiennes à la Kalachnikov, des progrès du génie génétique, des nanoparticules… on lui foutait les boules ! Il écarquillait les yeux.

 

p.130 :

Dix ans de confessions avaient progressivement rempli son âme de boue, de sperme, de mensonges. Un matin, comme des toilettes bouchées, elle avait fini par déborder. Sa pénitente du moment, des sanglots dans la voix, lui murmurait à travers le grillage qu’elle prenait un plaisir coupable à se laisser filmer par son mari pendant qu’elle commettait le pêché solitaire. Il s’était levé, lui avait annoncé qu’elle finirait rôtie en enfer, était sorti du confessionnal, avait quitté l’église.

 

p.132 :

Il était né en 1977, au moment de la sortie de La Guerre des étoiles sur les écrans français. Son père avait d’abord voulu l’appeler Obi-Wan Kenobi, mais l’employée d’état-civil s’y était opposée. Au bout d’une heure de négociation, ils étaient arrivés à un compromis. C’est ainsi qu’il s’appelait Anakin Lefebvre, ce qui, après tout, était toujours mieux que Obi-Wan Kenobi Lefebvre.

 

p.185 :

Deux grosses poutres en bois traversaient le salon. Une corde était attachée à l’une d’elle, terminée par un nœud de pendu ! Elle était figée au milieu de la pièce comme dans un film d’horreur.

---

 

 

Voir les commentaires

LJC DU 6 JUILLET 2017 : ROHMER

2 Juillet 2017, 11:00am

Publié par Mister Arkadin

L’invité du "Libre journal du cinéma" (LJC) du jeudi 6 juillet 2017, que je devrais diriger, est Hugues Moreau (archiviste et historien), à l’occasion de la sortie d’un livre qu’il a dirigé Le Paradis français d’Éric Rohmer (Éditions Pierre-Guillaume de Roux), avec plus de quarante-cinq contributions, notamment d’Alexandre Astruc, Jean Collet, Laurent Dandrieu, Jean Douchet, Philippe d’Hugues et Ludovic Maubreuil.

 

Il sera aussi question de l’actualité, des films en salles, des reprises (notamment "Memories of Murder", de Bong Joon-Ho, en version restaurée le 5 juillet), des disparitions et des manifestations cinématographiques diverses.


Informations complémentaires :

Horaires de diffusion du LJC, sur Radio Courtoisie : de 12 heures à 13 heures 30 – Rediffusions la nuit suivante, de 0 heure à 1 heure 30, et le lendemain de 16 heures à 17 heures 30.

Des messages peuvent être adressés à la station en cours d’émission (courtoisie@radiocourtoisie.fr ; 01.46.51.00.85).

Radio Courtoisie en modulation de fréquence (MHz) :
Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.

Par satellite :
Sur les bouquets satellite Canalsat (canal 199 pour la mosaïque des radios et canal 641 pour l'accès direct à Radio Courtoisie) et TNTSAT.

------------

 

Voir les commentaires

CINQ MINUTES POUR ARIANE, CINQ PAGES POUR ROBERT ?

13 Juin 2017, 12:40pm

Publié par Mister Arkadin

Le Procès du siècle (Denial), film récent sur un procès des années 1980 opposant un historien jugé "négationniste" à une prof de fac américaine, a fait couler pas mal d'encre, de tous côtés. Il a un peu éclipsé un procès en cours, opposant une journaliste du Monde (Ariane Chemin) au chef de fil des "révisionnistes" français (Robert Faurisson). Étonnement, sur la page d'accueil d'une émission de France Culture consacré à ce dernier procès, dans laquelle l'une seulement des parties a pu s'exprimer, le point de vue de l'autre est correctement présenté par un lien vers le compte rendu d'audience du perdant.

Voir les commentaires

LJC DU 11 MAI 2017 : ITINÉRAIRE D’UN ÉVEILLEUR

15 Mai 2017, 11:12am

Publié par Mister Arkadin

L’invité du "Libre journal du Cinéma" (LJC) du jeudi 11 mai 2017 (enregistrement [1]), que j’ai dirigé, avec Philippe d’Hugues (critique et écrivain), était Michel Marmin (cinéaste et critique de cinéma), pour son livre La République n’a pas besoin de savants (Éditions Pierre-Guillaume de Roux).

Est également intervenu au téléphone son préfacier, Ludovic Maubreuil.

A aussi été évoquée l’actualité :

- des disparitions : Victor Lanoux (acteur) ; Tomás Milián (acteur) ; Yvonne Monlaur (actrice) ; Jonathan Deeme (réalisateur) ;

- des films : "Le Procès du siècle" (Mick Jackson) ; "Life" (Daniel Espinosa) ; "Emily Dickinson" (Terence Davies) ; "La Morsure des Dieux" (Cheyenne Marie Carron) ; "Opéra" (Jean-Stéphane Bron) ; "Glory" (Kristina Grozeva et Petar Valchanov) ; « Citoyen d’honneur" (Mariano Cohn et Gastón Duprat) ; "Alien : Covenant" (Ridley Scott) ;

- des périodiques : "Le Bulletin célinien", n°396 (mai 2017) ;

- des livres : "Pour Bernard Menez", de Richard Millet (Éditions Léo Scheer) ;

- des films diffusés à la télévision : "Victoria" (Sebastian Schipper), passé sur Arte ;

- des manifestations cinématographiques : centenaire de Danièle Darrieux.

 

---

Notes :

[1] L'émission peut aussi être écoutée sur le site officiel de la station, librement pendant une semaine, dans les archives pour les adhérents, ensuite. Scripts des anciennes émissions (2005-2014).

[2] Rappel d’un site qui permet de se tenir au courant des décès dans les milieux du cinéma (2017 personnalités décédées depuis le début de l’année) : 2016 ; 2017.

---

Voir les commentaires

ÉCRANS DIVERS

12 Mai 2017, 20:08pm

Publié par Mister Arkadin

Paris, capitale de la cinéphilie, est-ce encore vrai ?

En tout cas, je doute qu'il sorte autant de films issus des tierces cinématographiques.

16 nouveaux films sur les écrans parisiens le 10 mai 2017 : 6 exclusivement états-uniens ou français seulement ; un germano-suisse, un portugais, un géorgien, un burkinabé (copro française), un japonais, un palestinien, un méxicain (copro us), un chilien (copro française) ; sans compter qu'un des films américains est réalisé par un metteur en scène haïtien (Raoul Peck).

10 cinématographies nationales à découvrir ; le bémol : souvent sur très peu d'écrans, et très peu de semaine.

 

Voir les commentaires

« UN DE CES FILMS QUE PERSONNE NE VOIT AU CINÉMA »

28 Mars 2017, 10:59am

Publié par Mister Arkadin

Et si, somme toute, il y avait plus de cinéma dans Le Bloc (Gallimard, « Série noire »), le roman de Jérôme Leroy dont Lucas Belvaux s’est inspiré pour son film Chez nous :

p.25 : Tu n’auras rien choisi, en fait. As-tu le souvenir d’avoir pris une décision par toi-même ? D’avoir une seule fois vraiment dit oui ou vraiment dit non. D’avoir été autre chose que l’Ulysse de ta propre vie ? Et encore, un Ulysse sans Ithaque, seulement fasciné par les aléas du voyage. Pour un facho, toi qui aurais dû t’identifier au Triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl, tu as plutôt l’impression de ressembler au Petit Soldat de Godard. D’ailleurs, le cinéma allemand, nazi ou pas, t’a toujours profondément ennuyé. Tu as toujours préféré la nouvelle vague et la comédie italienne.

p.44 : Tu as peut-être perdu conscience cinq ou six minutes, mais pas davantage, si tu en crois ta montre. Tu es toujours dans la même position, assis sur un canapé club devant le grand écran plat qui a renoncé un instant à diffuser ses images anxiogènes d’émeutes raciales pour les remplacer par des flashs de sport. Et c’est un match qui oppose entre elles des basketteuses sud-coréennes sur lequel tu tombes. Elles ont des moues concentrées dans l’effort et les cheveux graphiques asiatiques, vaguement sado-maso-bondage, que tu as appréciés, sois honnête, à une certaine période de ta vie.

p.47 : Tu tombais de surcroît à une bien mauvaise époque. C’était la mode de Rosemary’s Baby, de L’Exorciste et autres fantaisies cinématographiques satanistes qui remplissaient les salles obscures. Polanski et Friedkin furent sans doute pour beaucoup dans la façon dont votre vieille bonne t’interdisait de toucher aux tiroirs de la cuisine renfermant des couteaux et te préparait elle-même, d’un air craintif, ton goûter quand tu rentrais de l’école, puis du collège.

p.56 : Don’t Play that Song d’Adriano Celentano passait sur le juke-box. Septembre, comme souvent à Rouen, était très chaud. La Roumaine avait mis ses lunettes de soleil. Elles changèrent son visage mobile de musaraigne surdouée en celui d’une créature qui rappelait davantage les femmes fatales des films noirs que tu consommais sans modération à l’Ariel, le cinéma d’art et d’essai de la fac, à Mont-Saint-Aignan.

- Tu veux coucher avec moi ? J’ai une chambre, rue des Minimes. A deux pas.
Tu fus un peu surpris. Un peu mais en même temps tu savais que ce genre de chose allait bien finir par arriver. Tu étais encore puceau à vrai dire. Tu fus tenté d’en rajouter, de faire le malin, l’affranchi, de lui demander si ce n’était pas son côté maso, genre Portier de nuit, qui la rendait si rapide avec toi. Mais la perspective de passer enfin cette étape indispensable avec cette petite brune aux cheveux longs te fit sagement te taire.

p.117 : […] tu veux la voir en contre-plongée, tu veux le mouvement de ses cheveux noirs, chignon noir défait lui rendant un visage encore plus jeune, dans le clair-obscur de la chambre, ses cuisses enserrant ton bassin et se reflétant dans les miroirs de la chambre qui a l’ameublement d’un baisodrome pour call-girl de l’époque pompidolienne, genre Creezy de Félicien Marceau, avec une moquette épaisse, en laine vierge, des poufs orange et ces fauteuils poire où vous aimez baiser parce qu’ils prennent la forme de vos étreintes.

p.128-130 : Tu zappes, machinalement. L’alcool te chauffe les tempes. On passe Masculin-Féminin de Godard sur une chaîne cinéma du câble. Tu vas revoir Catherine-Isabelle Duport. Tu prends cela comme un heureux présage, en cette nuit pleine d’incertitudes.
Tu te souviens d’avoir emmené Stanko voir ce film dans un cinéma de Rennes, pendant que vous étiez à Coëtquidan. Il était autant intimidé par les potes avec lesquels tu allais voir cette rétrospective que par le cinéaste et sa réputation "intello". Stanko ne s’avalait que des blockbusters ou des séries Z gore. D’ailleurs, dans la salle à côté, cette année-là, on devait jouer un Romero, peut-être bien La Nuit des morts-vivants 2 et tu as deviné chez ce gamin, qui avait quelques années et beaucoup de diplômes en moins que vous, qu’il avait comme un regret à rentrer dans la salle obscure sous les regards de Chantal Goya, de Jean-Pierre Léaud et surtout de cette actrice disparue des écrans depuis, Catherine-Isabelle Duport.
Catherine-Isabelle Duport, c’était pour elle que tu avais vu ce film de Godard une bonne demi-douzaine de fois. […]

p.161-162 : […] n’importe quel Chinois de Belleville, qu’on avait connu rasant les murs et baissant les yeux pendant des années, maintenant, il se promenait en prenant des poses à la Chow Yun-fat dans les John Woo de la bonne période, la première.
Le nombre de fois, avec Antoine, qu’on a pu se faire des après-midis, chez lui rue La Boétie ou chez moi rue Brézin, portables fermés, à se regarder à la chaîne des VSH pourries de The Killer, d’Une balle dans la tête ou du Syndicat du crime I et II. Dans les rares bons moments de ma vie, dans ce top ten des meilleurs passages de notre vie sur terre que Dieu, s’il existe, doit te laisser te repasser en boucle pour l’éternité, et c’est ce qu’à mon avis on appelle le Paradis, il y a aura ces grandes heures de glande avec Antoine, ces moments volés, à vider des bières et à regarder Tequila sortir un bébé d’un hôpital investi par la maffia en tenant le chiard d’une main et le flingue de l’autre.
- Cette violence-là, elle est tellement stylisée, elle est tellement chorégraphique, disait Antoine, on n’arrive pas à y croire.
Je lui aurais bien dit que c’était quand même de la violence, que nous-mêmes nous étions des hommes violents et que cela ne changeait rien à l’affaire que le spectateur y croie ou pas. Mais je n’étais pas certain d’avoir raison ou même de pouvoir lui expliquer clairement ce que j’aurais voulu dire alors je préférais gardes mes réflexions pour moi.

p.170-174 : Masculin-Féminin défile devant tes yeux. Au moins tu n’as plus le compteur de morts sur l’écran. (…)

P.188-189 : Charles Versini te serra la main. Il était chaleureux et respirait une certaine bonne santé, ce qui n’était pas fréquent chez les fachos. Cette soirée te le prouvait encore. Beaucoup des invités avaient un défaut physique ou un handicap. La gueule brûlée de Brou, mais aussi tel type qui louchait, tel autre qui boitait, un autre encore avec une main atrophiée. Ce n’était pas Freaks mais la proportion était tout de même plus élevée dans une soirée normale.

p.202-204 : Ils n’ont pas fait de difficulté, après que j’ai fait basculer un stadier par-dessus une rambarde, pour m’emmener dans leurs bagnoles pourries, direction un squat de Liévin.
- Tu seras bien avec nous, ont-ils dit pendant le retour alors que la bière coulait à flots. Tu vas défendre la race blanche et tu vas même faire du cinéma !
Sur le coup je n’ai pas compris. Jusqu’à ce que je rencontre le Docteur.
J’ai raconté le Docteur à Antoine. Les snuff au bord de la Lys ou dans des villas vides du Touquet, l’hiver. On ne tuait pas, sauf la fois où Paslovski a pété les plombs. […]

p.218-219 : Brou t’accueillait. Étranger Brou, te disais-tu. Tu te souvenais de son appartement au petit matin et tu avais vaguement pensé, surtout avec l’affiche de recrutement pour la LVF qui participait de l’atmosphère, à cette scène des Damnés de Visconti quand les SA, après une nuit d’orgie, vont se faire massacrer par les SS au petit matin.

p.219 : « Toi qui aimes tant les bistrots, cette espèce en voie de disparition, aujourd’hui remplacée par des bars à thèmes pour bobos et par des brasseries franchisées pour cadres moyens, tu sais que même ceux qui survivent n’ont plus les mêmes bruits ni les mêmes odeurs. On n’entend plus les flippers, on ne sent plus la cigarette, il n’y a plus d’œufs durs sur le comptoir. Tu trouves même, parfois, que les voix, toutes les voix, n’ont plus la même tonalité, le même grain, et tu te demandes si tu ne vas pas te mettre un film de Sautet sur le lecteur de DVD pour vérifier cette impression. Les meilleures scènes de bistrot du cinéma français…

p.220 : Masculin-Féminin, se termine, Jean-Pierre Léaud est mort stupidement, les filles vont continuer à vivre et la chaîne câblée annonce qu’elle va passer une comédie pour trentenaires, jouée par des trentenaires pour des trentenaires, se passant exclusivement entre deux appartements de trentenaires dans un arrondissement de trentenaires. Un de ces films comme on en ait cinquante ou soixante par an, un de ces films que personne ne voit au cinéma. Tu te dis : comme de toute façon le monde de la culture hurlera à la mort quand vous entrerez au gouvernement, autant vous faire plaisir, épurer la commission d’avance sur recettes et en finir avec des merdes.

p.230 : Peu à peu, sous l’égide de Versini, tu te retrouvas à donner des conférences pour les membres du Bloc-Jeunesse, qui parfois étaient plus vieux que toi, sur des sujets aussi divers que l’autorité, les racines grecques de l’Occident, la pensée de la Tradition chez René Guénon, la lutte des classes chez Marx, mais aussi des choses plus amusantes : les romanciers hussards, Nimier, Laurent, Déon, Blondin, et la droite littéraire en général. Mieux encore, tu te livrais à des lectures politiques des films de Michel Audiard que tu visionnais grâce à ces engins, énormes et fascinants, qui venaient d’arriver sur le marché, les magnétoscopes.

p.234 : Maitron fut surpris : il regardait un porno sur un de ces fameux magnétoscopes. On aurait dit que la machine occupait la moitié du studio qui sentait une odeur sui generis plus abjecte que ce tu pourrais sentir plus tard à l’armée.
Maitron se branlait, le pantalon au bas des jambes. Elles étaient belles, les forces nouvelles !
Maitron se leva et évidemment tomba.
On ne frappe pas un homme à terre sauf quand il s’appelle Maitron.

 

Voir les commentaires

LJC DU 16 MARS 2017 : CINÉPHILIE DISSIDENTE, AVEC LUDOVIC MAUBREUIL

15 Mars 2017, 15:44pm

Publié par Mister Arkadin

L’invité du "Libre journal du cinéma" (LJC) du jeudi 16 mars 2017, que je devrais diriger, est Ludovic Maubreuil (critique et écrivain de cinéma), à l’occasion de la sortie de son livre Ciné-méta-graphiques (Le cinéma ne se rend pas II) (Éditions Alexipharmaque).

Il sera aussi question de l’actualité, des films (notamment "La La Land", de Damien Chazelle ; "Kong : Skull Island", de Jordan Vogt-Roberts ; "The Lost City of Z", de James Gray ; "Miss Sloane", de John Madden ; "Chez nous", de Lucas Belvaux), des disparitions (notamment Debbie Reynolds), des publications (n°100, « L’écran, l’écrit », de la revue Trafic ; Dossier sur le cinéma de la revue Les Écrits de Paris), des diffusions télévisées ("Compartiment tueurs", film de Costa-Gavras, sur Arte) et des manifestations cinématographiques diverses.


Informations complémentaires :

Horaires de diffusion du LJC, sur Radio Courtoisie : de 12 heures à 13 heures 30 – Rediffusions de 16 heures à 17 heures 30 et la nuit suivante, de 0 heure à 1 heure 30.

Des messages peuvent être adressés à la station en cours d’émission (courtoisie@radiocourtoisie.fr ; 01.46.51.00.85).

Radio Courtoisie en modulation de fréquence (MHz) :
Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.

Par satellite :
Sur les bouquets satellite Canalsat (canal 199 pour la mosaïque des radios et canal 641 pour l'accès direct à Radio Courtoisie) et TNTSAT.

------------

Voir les commentaires

LJC DU 16 FÉVRIER 2017 : DU NOUVEAU SUR ALFRED HITCHCOCK

15 Février 2017, 00:34am

Publié par Mister Arkadin

L’invité du "Libre journal du cinéma" (LJC) du jeudi 16 juillet 2017, que je devrais diriger, est Pierre-Julien Marest (éditeur et critique de cinéma), à l’occasion de la sortie de deux livres aux Éditions Marest : Warhol / Hitchcock et Ferme les yeux et vois ! (46 textes d’Alfred Hitchcock).

Il sera aussi question de l’actualité, des films (notamment "La La Land", de Damien Chazelle), des disparitions (notamment Debbie Reynolds), des publications, des manifestations, etc.


Informations complémentaires :

Horaires de diffusion du LJC, sur Radio Courtoisie : de 12 heures à 13 heures 30 – Rediffusions la nuit suivante, de 0 heure à 1 heure 30, et le jour suivant, de 16 heures à 17 heures 30.

Des messages peuvent être adressés à la station en cours d’émission (courtoisie@radiocourtoisie.fr ; 01.46.51.00.85).

Radio Courtoisie en modulation de fréquence (MHz) :
Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.

Par satellite :
Sur les bouquets satellite Canalsat (canal 199 pour la mosaïque des radios et canal 641 pour l'accès direct à Radio Courtoisie) et TNTSAT.

------------

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>