Mister Arkadin

Articles avec #critique - actualite

LIBRE JOURNAL DU CINÉMA, 13 JANVIER 2022 : BILAN DE L’ANNEE CINEMATOGRAPHIQUE 2021

14 Janvier 2022, 14:39pm

Publié par Mister Arkadin

Un quatuor de journalistes a discuté des films les plus remarquables de 2021 au "Libre journal du cinéma" du jeudi 13 janvier 2022 (enregistrement).

Voici les choix de chacun d’entre eux :

  • Laurent Dandrieu, critique à l’hebdomadaire Valeurs actuelles (dont il est le rédacteur en chef Culture), auteur de deux livres sur le cinéma présenté au "Libre journal du cinéma" (Woody Allen, portrait d'un antimoderne, Paris, CNRS, 2010, LJC du 17 juin 2010 ; Dictionnaire passionné du cinéma : 6000 films à voir ou à fuir, Paris, L'Homme nouveau, 2013, LJC du 23 janvier 2014) et de La Confrérie des intranquilles (Paris, Éditions L'Homme nouveau, 2020 ; prix d’Académie 2021 de l’Académie française), chroniqueur à RMC :
    Aline ; Chers Camarades ; Les Deux Alfred ; Julie en 12 chapitres ; Le Peuple loup
  • Marc Obregon, critique à L’Incorrect, écrivain (Contre les enfants du millénaire : Chroniques d’une perpétuelle, Lyon, Éditions Nouvelle Marge, 2019 ; L’Orbe, Nancy, Editions Verbe haut, 2022) :
    West Side Story ; The Card Counter ; Le Peuple loup ; Annette ; Chers Camarades
  • Richard de Sèze, critique au bimensuel Monde et Vie, rédacteur en chef de Politique Magazine :
    Dune ; La Mission ; Old ; Un endroit comme un autre
  • Arthur de Watrigant, critique et directeur adjoint de la rédaction du magazine L’Incorrect, chroniqueur à Cnews :
    Annette ; Bac Nord ; Chers Camarades ; Les Deux Alfred ; Illusions perdues ; Les Intranquilles ; La Main de Dieu ; La Mission ; Onoda ; Slalom

Les miens : Un héros ; Les Deux Alfred ; A l’abordage ; Le Sommet des Dieux ; La Loi de Téhéran ; La Nuée

A également été évoqué un film sorti début 2022 :
Licorice Pizza, de Paul Thomas Anderson.

Ainsi que les disparitions de Peter Bogdanovic, Sidney Poitier, Jean-François Stévenin et Lina Wertmüller.

---

Prochaine émission : jeudi 10 février 2022.

Voir les commentaires

LIBRE JOURNAL DU CINÉMA, 13 JANVIER 2022 : « BILAN 2021 – ACTUALITÉ DES FILMS »

12 Janvier 2022, 17:00pm

Publié par Mister Arkadin

Table ronde critique au "Libre journal du cinéma" du jeudi 13 janvier 2022
avec un quatuor de journalistes :

  • Hubert Champrun, critique à Monde et Vie
  • Laurent Dandrieu, critique à Valeurs actuelles (dont il est le rédacteur en chef Culture), auteur de deux livres sur le cinéma présenté au "Libre journal du cinéma" (Woody Allen, portrait d'un antimoderne, Paris, CNRS, , LJC du 17 juin 2010 ; Dictionnaire passionné du cinéma : 6000 films à voir ou à fuir, Paris, L'Homme nouveau, , LJC du 23 janvier 2014) et de La Confrérie des intranquilles (Paris, Éditions L'Homme nouveau, 2020 ; prix d’Académie 2021 de l’Académie française)
  • Marc Obregon, critique à L’Incorrect, écrivain (Contre les enfants du millénaire : Chroniques d’une perpétuelle, Lyon, Éditions Nouvelle Marge, 2019)
  • Arthur de Watrigant, critique et directeur adjoint de la rédaction de L’Incorrect

 

Voir les commentaires

UNE PLACE A PRENDRE...

19 Juillet 2014, 23:39pm

Publié par Mister Arkadin

... à Télérama, où Aurélien Ferenczi décrète, dans son compte rendu du film Fastlife (TRA, n°3366, 16 juillet 2014, p.45), que le cinéma français n'est pas assez ouvert et trop blanc (1). Comme la critique semble l'être encore beaucoup moins que l'interprétariat (2), nul doute qu'il s'agit d'un appel à un petit remplacement de sa grande personne. Aurélien Ferenczi est en effet aussi logique qu'Elisabeth Lévy. Celle-ci dit en gros : que ceux qui affirment qu'il n'y a pas assez de "Diversité" dans les médias, pas assez de Noirs, d'Arabes et d'Asiatiques surtout, nous disent de quoi il y a de trop. Aurélien Ferenczi se sent manifestement mal à l'aise d'être en trop : cela va mieux en le disant.


Notes :

(1) « Thomas Ngijol a le potentiel pour n'être pas qu'un acteur comique. Encore faudrait-il que le cinéma français soit plus ouvert et moins... blanc. »

(2) Par définition, la couleur d'un journaliste est, sauf dans l'audiovisuel, beaucoup moins aisée à connaître que celle d'un acteur, et même d'un réalisateur - pour autant que l'on en ait quoi que ce soit à faire (pour Steve McQueen, peut-être, afin de vérifier que l'acteur est bien mort). Cependant, pour ma part, je ne connais guère que Michaël Mélinard comme journaliste noir s'occupant de cinéma. Il officie dans l'un des hebdomadaires que je lis le plus régulièrement, L'Humanité Dimanche, et au Cercle de Canal +.

http://s.tf1.fr/mmdia/i/65/3/michael-melinard-11012653faene.jpg?v=1

D'autres journaux donnent des leçons qu'ils n'appliquent pas eux mêmes en la matière, comme nous l'avions vu ici.

Plus généralement, j'ai traité de ces absurdes questions de "Diversité" .


Compléments :

(14 août 2014) Et la couleur d'un blogueur de cinéma, importe-t-elle ? Voici qu'à cause des délires d'Aurélien Ferenczi, me frappe l'aspect physique de mon confrère Sidy Sakho.

http://3.bp.blogspot.com/-HoRBExiapyc/T_pX28CEzjI/AAAAAAAAAH0/wYnypPjiCsI/s1600/garden.jpg

(20 juillet 2019) Aurélien Ferenczi vient d'être débarqué de l'hebdomadaire nielo-pigassien suite à des accusations de harcèlement sexuel et moral (qu'il conteste). S'il est innocent, bon courage à lui. Sinon, alea jacta est.

Voir les commentaires

"...DÉBARRASSÉS DE TOUT SOUCI DE PROMOTION"

7 Novembre 2011, 14:35pm

Publié par Mister Arkadin

http://www.festival-lumiere.org/data/photo/3118.jpgDans un très judicieux éditorial sur la pratique de l'entretien dans la presse cinématographique, notamment dans ses rapports avec la publicité et la critique (thème récurrent, encore plus ancien que l'article fameux « La publicité, la presse », publié par Jean George Auriol, sous le nom d'Amable Jeanson, dans La Revue du cinéma du 1er juillet 1930, « La vie des films. 5 »), Yann Tobin prétend que « les entretiens inclus dans le dossier Jacques Becker » seraient « débarrassés de tout souci de promotion » (Positif, n°608, octobre 2011). Nulle raison de mettre en doute sa bonne foi, quoiqu'elle sonne comme une dénégation. Ce n'est pas parce qu'une page de publicité (la 59) pour le "Grand Lyon Film Festival" d'octobre 2011 (admirons le bel anglicisme) précède le copieux et riche dossier Becker accompagnant la rétrospective que ce festival lui consacre qu'un accord aurait été conclu entre l'Institut Lumière et la revue pour que celle-ci fasse la promotion de celui-ci, à tout le moins indirectement.  D'abord parce qu'il n'est pas illégitime, actualité ou non, de s'intéresser longuement à un bon cinéaste comme Becker (de là à en faire l'égal des plus grands et à le désigner comme "le Patron"... qui pense sérieusement qu'il pourrait détrôner Renoir, auquel l'expression était jusqu'à présent révervée ?), quoique l'insistance avec laquelle l'introduction rappelle que la bibliographie Becker n'est pas très abondante sonne là aussi un peu comme une dénégation (la réalisation de ce dossier n'était certes pas superflue, mais pas non plus de l'urgence la plus impérative). Ensuite parce que, même sans parution dudit dossier, l'Institut Lumière aurait sans doute tout de même publié une page pour son festival dans Positif (qui n'accueille plus que des pages de pub relatives au cinéma, ce qui est un bon point à relever) (1). Toutes ces précautions étant prises, le choix de  Positif d'être depuis peu éditée par l'Institut Lumière (qui s'occupe en particulier de la "Publicité"...) et Actes Sud (l'éditeur des bouquins publiés par l'institut lyonnais) (C5) ne manquera pas de faire constamment peser la suspicion désormais. Certes, Positif ne va pas subitement se mettre à descendre les films de Bertrand Tavernier, alors qu'elle les a toujours défendus, parfois même à juste titre ; elle ne va se mettre à ne plus rendre compte du festival de Cannes, parce que le directeur de l'Institut-Lumière en est également délégué général (en plus d'être l'auteur d'un mémoire d'histoire sur la revue et fréquemment l'auteur de comptes rendus très légèrement complaisants pour les publications de Positif ou celles qui lui sont consacrées) (C3). Elle ne va pas non plus se mettre à faire l'éloge de la programmation au cours des années 2000 de la Quinzaine des réalisateurs. Mais voir celle-ci une nouvelle fois épinglée dans le même numéro d'octobre (page 61), afin de mieux saluer le choix du nouveau programmateur (Edouard Waintrop, critique et cinéphile on ne peut plus estimable, bon blogueur au demeureant) (2) (C2), pourrait faire naître quelques doutes (C4) : dans quelle mesure cette revue pourra-t-elle persister à se prétendre indépendante ? Toutefois, il va de soi que toute suspicion de quelque sorte que ce soit est nulle et non avenue, le directeur de Positif étant, tout le monde le sait (et pour ceux qui ne le sauraient pas, il le proclame suffisamment), un contempteur on ne peut plus convaincant de tout copinage.

http://farm8.staticflickr.com/7079/7364917964_59cded8c32_b.jpg


Notes :

(1) Un bon point pour le confort de lecture s'entend, vu qu'il est plus agréable, en feuilletant une revue de cinéma, de tomber sur une page de pub pour une collection de DVD ou la reprise d'un film au Quartier latin que pour le dernier modèle de telle marque automobile (et quand ........ ........., c'était carrément désagréable). Mais, en ce qui concerne l'indépendance de la rédaction, il va de soi que cela se discute.

(2) La preuve qu'il s'agit d'un connaisseur, il rappelle, dans son hommage à Paulette Dubost, que l'un de premiers films de celle-ci fut Le Martyre de l'obèse, l'adaptation du livre de Henri Béraud par Pierre Chenal.


Compléments :

(C1) (31 janvier 2012) « Dans les années 50, le cinéma passa massivement à la couleur. C'est au début de cette décennie que naquit Positif. Pendant les soicante années qui ont suivi, notre revue a fait de nécessité vertu. Pour maintenir notre indépendance, faute de moyens, nous avons conservé le noir et blanc qui est devenu notre identité, une marque de distinction [...]. [...] nos nouveaux éditeurs, Actes Sud et l'Institut Lumière, nous permettent maintenant de réaliser un rêve. Vous avez entre les mains notre premier numéro où les illustrations qui accompagnent les films en couleur reflètent le chatoiement de l'original » (Positif, n°611, janvier 2012, p.1, éditorial, « Positif prend des couleurs » ; c'est moi qui ajoute du noir - seuls les mauvais esprits y verront la couleur du deuil, d'une "identité" et d'une "indépendance").

(C2) (5 février 2012) Lucien Logette, dans sa nécrologie de Mila Parély (Jeune cinéma, n°342/343, décembre 2011 - janvier 2012, p.143), rappelle qu'elle aussi jouait, pour ses débuts au cinéma, dans Le Martyre de l'obèse, film décidément à redécouvrir.

(C3) Gentil coup de chapeau du directeur de Positif à son éditeur dans le n°612 (février 2012, « Bloc-notes : décembre en cinéma », p.52) : « Le conseil d'administration du festival de Cannes reconduit Gilles Jacob dans ses fonctions de président pour trois ans, jusqu'en juillet 2014. Thierry Frémaux, délégué général, voit ses responsabilités accrues (décisions de recrutement, nouvelles orientations, engagements financiers...). Pour la plus grande manifestation du monde, on ne change pas une équipe qui gagne. »

(C4) Des doutes qui surgiront dès qu'un éloge d'un ouvrage publié par l'Institut Lumière et Actes Sud paraîtra très appuyé, même justifié, tel ce paragraphe introductif du compte rendu de La parade est passée... par Jean-Pierre Berthomé : « Si vous ne devez posséder qu'un seul livre sur l'histoire du cinéma muet américain, c'est celui-ci » (Positif, n°612, février 2012, p.67).

(C5) (11 juin 2012) La posture d'éditeur "indépendant" est contestée dans un livre publié récemment par le co-fondateur des éditions Agone (Thierry Discepolo), La Trahison des éditeurs.

Voir les commentaires

LE CERCLE DES CRITIQUES DISPARUS

9 Mars 2011, 00:05am

Publié par Mister Arkadin

Voici un peu plus de deux ans, j'avais consigné quelques "événements" dans l'histoire de la critique de cinéma dont certains parurent sans nul doute anecdotiques. Celui que je relève aujourd'hui paraîtra peut-être plus insignifiant encore. Il me semble pourtant très significatif du déclin, probablement inexorable, de la critique et de l'amoindrissement continu de l'espace que sont prêts à lui concéder les journaux. 

En octobre dernier, l'hebdomadaire des programmes Pariscope a remplacé sa double page centrale "hit parade" par une unique page qui reprend les mêmes rubriques : "l'avis des critiques" (à la place de la "cotation des critiques"),  le "box office" et le "hit parade du public". Mais autant ces deux dernières restent à peu près inchangées (le box office des douze derniers mois prenant toutefois un peu le pas sur celui de la dernière semaine), la première se voit réduite à la portion congrue. Alors qu'elle occupait les deux tiers de la double page, il n'occupe plus qu'un tiers de l'unique page qui reste ! D'un panel de onze critiques, n'en demeurent plus que six, appelés à se prononcer sur dix films (dont aucune reprise), alors que vingt-huit films (dont quatre reprises) étaient passés en revue précédemment. A quand l'extinction complète de cette espèce en voie de disparition ?


http://farm6.static.flickr.com/5298/5462542869_b79347dae1_b.jpg

 

http://farm6.static.flickr.com/5094/5462512617_d11dae0525_b.jpg

 

(cliquer sur les images, puis cliquer de nouveau dessus dans la fenêtre qui s'ouvre pour les agrandir)

(merci à PH pour la documentation).

Voir les commentaires

AU-DELÀ DES ÉTOILES

23 Février 2011, 00:05am

Publié par Mister Arkadin

Du temps où Jean-Michel Frodon dirigeait Les Cahiers, il était fascinant de voir les "chefs-d’œuvre" fleurir mois après mois dans « Le conseil des dix », jusqu’à trois ou quatre par mois. Depuis son départ, soit la qualité des films a subitement décliné, soit les critiques donnant leur avis sont devenus plus raisonnables. Ainsi, dans le numéro de février 2011, aucun des cinq rédacteurs des Cahiers n’a-t-il jugé le moindre film digne de recevoir quatre étoiles ; deux seulement des cinq autres critiques consultés (Laurent Delmas et Jean-Baptiste Morain) se montrant aussi généreux que possible avec un film (I Wish I Knew et… Comment savoir !). De même dans le numéro de janvier, Sophie Avon était-elle la seule des cinq critiques invités à avoir vu un chef-d’œuvre (Another Year), Stéphane Delorme, rédacteur en chef des Cahiers, distinguant pour sa part Everyone Else.

http://img4.hostingpics.net/pics/385337EveryoneElseUSA500.jpg

Si le spectre des cotations me semble donc un peu plus éclairant, deux bizarreries demeurent toutefois à mes yeux.

En premier lieu, les films sont censés être classés par ordre de préférence des critiques, avec en haut de tableau ceux qui recueillent le plus d’étoiles. Or, certains films se voient surévalués par rapport à la moyenne des étoiles qu’ils reçoivent. Le cas le plus flagrant est celui d’Au-delà, classé en quatrième position alors que seuls deux rédacteurs conseillent le film, un seul franchement qui plus est (trois étoiles pour Vincent Malausa, deux pour Stéphane Delorme) (1), trois autres le déconseillant (une étoile pour Jean-Philippe Tessé et Joachim Lepastier), le seul critique extérieur à la rédaction à l’avoir vu le déconseillant formellement (point noir correspond à « inutile de se déranger »). A contrario, une dizaine de films recueillent plus de suffrages qu’Au-delà, très nettement pour certains (cinq critiques attribuant trois étoiles à Sous toi, la ville et à Le quattro volte), plus également que Somewhere (trois fois trois étoiles seulement et pourtant placé en troisième position). Etre signé Eastwood ou Coppola suffit-il pour être privilégié ? Un film serait-il plus important qu’un autre, bien que moins bon, parce que signé d’un "grand nom" ?

http://nivrae.fr/wp-content/uploads/2011/01/au-dela-19333-199184869.jpg

En second lieu, autant la cote des films récents a baissé depuis l’arrivée d’une nouvelle rédaction, autant la cote des reprises reste au sommet. Ainsi un Welles mineur (La Dame de Shanghai) reçoit-il sept fois quatre étoiles en janvier et un Renoir discutable (Le Journal d’une femme de chambre) en bénéficie quatre fois (sur sept critiques l’ayant vu). La "politique de auteurs" et la surévaluation des "vieux films" ont donc encore de beaux jours devant eux !


Note :

(1) Et encore, Vincent Malausa rétrograde Au-delà de trois à deux étoiles entre janvier et février, le film, dégringolant de la quatrième à la treizième place (quatre nouveaux avis s’avérant de plus assez mitigés). Somewhere subit un sort similaire, passant de la troisième à la onzième place.

Voir les commentaires

CRITIQUONS LE JANSÉNISME

20 Octobre 2010, 23:05pm

Publié par Mister Arkadin

En 2001, Marc et Pierre Etaix ont publié un livre intitulé Criticons la caméra (Éditions Séguier) qui se moquait gentiment des critiques en réunissant des extraits de presse dans lesquels la personnification de la caméra tenait lieu de discours sur la mise en scène cinématographique. Un exemple : « La caméra, comme une mouette qui se serait posée sur une falaise, a su prendre son temps pour regarder en silence. » Quelques pages laissées vides à la fin de l’ouvrage invitaient le lecteur à y coller ses propres coupures de presse. Contentons-nous d’une seule, tant la moisson serait abondante si on la systématisait : « La caméra de Christophe Ponfilly sait se faire discrète et amicale lorsqu’elle se trouve en face de ces femmes étonnantes, au courage chevillé au corps. »

http://www.critikat.com/IMG/jpg/policier_adjectif.jpg

D’autres lieux communs de la critique pourraient faire l’objet de florilège du même type. La page « Rions un peu… » du site de la très sérieuse bibliothèque de la société de Port-Royal, qui recense les mésusages de la référence au jansénisme et à Blaise Pascal, m’incite à suggérer un inventaire de toutes les occurrences de ce thème sous la plume des critiques, mis un peu à toutes les sauces et la plupart du temps péjoratives (car synonymes d’ennui), hormis quand il est question de Bresson (et encore…). Un seul exemple pour aujourd’hui, une description Policier, adjectif, film jugé « assommant » car un « bref dénouement » est « précédé par une préparation d’artillerie démesurée, qui nous fait suivre interminablement Cristi dans les détails d’une enquête insipide, dans une Roumanie à la grisaille de cauchemar ». Le critique en conclut : « Du cinéma janséniste de la pire espèce ».

Voir les commentaires

OÙ SE NICHE LA CRITIQUE ?

2 Mai 2010, 23:11pm

Publié par Mister Arkadin

http://filmgeek.fr/wp-content/uploads/2010/02/Greenberg.jpg

Pour se déprendre de l’idée reçue selon laquelle l’une des preuves de la décadence de la critique serait la complaisance de la presse envers la majorité des films, je conseille, non seulement la page Cinéma de Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles, une nouvelle fois remarquable les 22 et 29 avril (enfin un qui règle leur compte au "ricanants" Delépine et Kervern !) (1), mais les deux pages « Cinéma » de la section « Tentations Culture » du supplément « Styles » de L’Express. Il faut certes en vouloir pour aller la dénicher au milieu des photos de mode et des pubs sur papier glacé, mais on est rarement déçu. Le 29 avril, seul Greenberg, jugé « bon », trouve grâce aux yeux de J.W., C.Ca. et E.L. (respectons la modestie de l’équipe Cinéma en question). Un autre, Tengri, le bleu du ciel, est jugé « pas mal ». Cinq ne sont que « passables » (Life During Wartime, London Nights, Lenny & the Kids, Mourir comme un homme et The Invention of Lying) et un dernier s’attire carrément un « non ! ». Ne nous étonnons-nous donc pas que ces appréciations ne soient pas mises en vedette dans L’Express même et soient relégués à l’écart !


Note :

(1) Laurent Dandrieu, en plus d’un excellent critique de cinéma, est un journaliste avisé dont les défenses de l’Église catholique face à la curée dont il est l’objet sont d’une précision et d’une pertinence admirables (aussi fut-il le plus perspicace réfutateur du film Amen voici quelques années) :

- « Pie XII et les juifs : une injustice qui a la vie dure », 21 janvier 2010 ;

- « Pédophilie : pourquoi on veut éclabousser le pape », 8 avril 2010.

Voir les commentaires

1 2 3 > >>