Mister Arkadin

TOUS LES PRÉTEXTES... - NU DANS SON BAIN - V

26 Avril 2010, 23:17pm

Publié par Mister Arkadin

TOUS LES PRÉTEXTES SONT BONS…

…AU CINÉMA…

…POUR DÉSHABILLER LES FEMMES !



NU DANS SON BAIN –V

 

 


Christa Free dans Der Teufel in Miss Jonas


Christa Free dans Der Teufel in Miss Jonas 


 

Isabelle  Adjani dans L'Été meurtrier


Isabelle Adjani dans l'Eté meurtrier 

 

Joan Collins dans The Bitch


Joan Collins dans The Bitch 

 

Keira Knightley dans The Jacket


Keira Knightley dans The Jacket 

 

Penelope Cruz dans La Nina de tus ojos


Penelope Cruz dans La Nina de tus ojos 

 

Sora Aoi dans Sexy Teacher


Sora Aoi dans Sexy Teacher 

 

Tanja Spiess dans Drei Schwedinnen auf der Reeperbahn


Tanja Spiess dans Drei Schwedinnen auf der Reeperbahn 

 

Tatjana Simic dans Flodder


Tatjana Simic dans Flodder 

 

Yoko Mihara dans Zero Woman Red Handcuffs


Yoko Mihara dans Zero Woman Red Handcuffs 

 

Harlee McBride et Alexandra Day dans Young Lady Chatterley

 

Harlee McBride et Alexandra Day dans Young Lady Chatterley 

 

Sophie Marceau dans Descente aux enfers


Sophie-Marceau-dans-Descente-aux-enfers.jpg 

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CINÉMA ET RADIO : SEMAINE DU 24 AVRIL 2010

24 Avril 2010, 23:10pm

Publié par Mister Arkadin

Rubrique rédigée avec la collaboration régulière de l'indispensable Desata,
auquel je renouvelle tous mes chaleureux remerciements.


Rappels et rattrapages :

« Coup de projecteur », TSF Jazz, 29 et 30 mars, mardi 20, 6, 7, 14 avril, mercredi 21 avril 2010, à 8h30 - Rediffusions à 11h30 et 16h30 : « Didier Riey fait son cinéma » ; « Pascal Elbé passe derrière la caméra » ; Gardiens de l’ordre ; « Les Chaussons Rouges de Powell et Pressburger » ; Téhéran ; Mammuth ; « Lionel Rogosin en DVD »

« Esprit critique » (Vincent Josse), France Inter, mardi 6, mercredi 14, jeudi 15, vendredi 16, mercredi 21 avril 2010, de 9h10 à 9h35 : « Judith Godrèche pour la sortie de son album, BO de son film "Toutes les filles pleurent" » ; Louise Bourgoin (ex-micro météo) ; Gérard Depardieu (comédien), Benoit Delépine et Gustave Kervern (cinéastes), pour leur film Mammuth ; « Bibliothèque de Bernard Giraudeau » ; Jacques Doillon (cinéaste), pour son film Le Mariage à trois

« Les Matins jazz » (Laure Albernhe), TSF, vendredi 9 avril 2009, de 6h00 à 9h00 : « Anne Andreu raconte Catherine Deneuve »

« Les Jeudis du Duc » (Sébastien Vidal), TSF jazz, jeudi 15 avril 2010, à 19h00 : « Godard en musique »

« La polémique culturelle » (Marc-Olivier Fogiel et Guy Carlier), Europe 1, vendredi 16 avril 2010 : « Quels films voir ce week-end », sur Adèle Blanc-Sec (« délicieux et divertissant ou escroquerie de la semaine ? ») et 8 fois debout (« un bijou »), avec Guillemette Odicino (journaliste cinéma à Télérama) et Elodie Leroy (rédactrice en chef-adjointe à Filmsactu.com) ; « Y a-t-il trop de films écolo au cinéma », avec Yolaine de la Bigne (fondatrice et directrice de Néo-planète) et Gael Golhen (journaliste Première.fr)

« Arts », France Culture (« Chemins de la connaissance »), lundi 19 et mercredi 21 avril 2010 : « Festival Zoom arrière : Loin d’Hollywood ? Cinématographies nationales et modèle hollywoodien, 1925-1935 (4/4) » (Cinémathèque de Toulouse, 11 et 12 mars 2010) ; Nicolas Philibert

« Nonobstant » (Yves Calvi), France Inter, lundi 19, jeudi 22 avril 2010, de 17h05 à 17h50 : Michel Gondry (réalisateur), à l’occasion de la sortie de son film Suzette ; Riad Sattouf (bédéaste et réalisateur)

« Comme on nous parle » (Pascale Clark ; « A la "une" », revue de presse), France Inter, mercredi 21 avril 2010, de 9h35 à 10h00 : Julie Delpy (actrice et réalisatrice), pour son film La Comtesse


Émissions radiophoniques sur le cinéma de la semaine en cours :

« 42ème rue » (Laurent Valière), France Musique, dimanche 25 avril 2010, de 12h00 à 13h00 : Debbie Reynolds (comédienne et chanteuse)

« Fictions / Théâtre & Cie » (Ch.Bernard-Sugy), dimanche 25 avril 2010, de 20h52 à 22h : « Stroheim – Un film muet », avec Michel Baumann, Dominique Valadié et Jany Gastaldi

« Vos plus belles années » (Patrick Sébastien et Rémi Castillo), RTL, dimanche 25 avril 2010, de 11h30 à 12h30 : Alexandre Arcady (réalisateur), à l’occasion de la sortie de son film Comme les 5 doigts de la main

« Ma liste préférée » (Éric Jean-Jean), RTL, dimanche 25 avril 2010 : Yvan Le Bolloc’h (acteur)

« Ronde de nuit » (Olivier Le Borgne), France Vivace, nuit du dimanche 25 au lundi 26 avril 2010, de 1h05 à 4h05 : Actualité du DVD, du Blu Ray Disc, du livres de cinéma (les nouveautés de MK2, Bach films et Sidonis) / la B.O. du mois

« Le partage de midi » (Christian Nève), France Musique, lundi 26 avril 2010, de 12h05 à 13h00 : Ariane Ascaride (comédienne)

« Le temps de le dire » (Stéphanie Gallet), RCF, mardi 27 avril 2010, de 9h30 à 11h00 : « Peut-on lutter contre la pornographie ambiante ? »

« La tête dans les étoiles » (Laurent Boyer), RTL, mardi 27 avril 2010, de 14h30 à 16h00 : Patrick Bruel (chanteur), à l’occasion de la sortie de son film Comme les 5 doigts de la main

« Studio Europe 1 » (Michel Drucker et Wendy Bouchard), Europe 1, mardi 27 avril 2010, à 19h00 : Michèle Halberstadt (productrice), Alexandre Arcady (réalisatrice) et Patrick Bruel (chanteur), pour leur film Comme les 5 doigts de la main

« La collection Radio Classique », Radio Classique, jeudi 29 avril 2010, à 19h30 : « La musique classique au cinéma »


Compléments et rappels :

- Grille des émissions de radio spécifiquement consacrées au cinéma

- Liste des émissions récentes de France Info sur le cinéma

- Liste des invités des émissions de radio d’information sur le site "Zapping du paf"

- Le fil d’information relatif au cinéma de l’AFP

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LJC DU 22 AVRIL 2010 : CINÉMA FRANÇAIS DES ANNÉES 60-70

22 Avril 2010, 23:04pm

Publié par Mister Arkadin

http://img.ozap.com/02333260-photo-un-coeur-en-hiver.jpg

L’invité du "Libre journal du Cinéma" (LJC) d’hier, jeudi 22 avril 2010, dirigé Philippe d’Hugues (script + enregistrement), auquel j’ai participé, était Dominique Borde (ancien critique du "Figaro"), pour son livre Le Roman du cinéma français. 1960-1790 (éditions du Rocher).

http://www.cineparadiso.fr/newsletter/upload/2010_04/invites.jpg

A également été évoquée l’actualité, des films sortis en salle (La Prima linea ; Gardiens de l’ordre ; White Material ; Les Invités de mon père ; Mammuth ; Tête de turc ; L’Arnacœur ; Green Zone ; Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour...), des expositions ("Tournages – Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939" à la Cinémathèque française), des rétrospectives (Julien Duvivier et Robert Siodmak à la Cinémathèque française) et des publications (Dossier sur Céline et le cinéma du "Bulletin célinien" ; "Un retour en Colchide" et "La Confirmation Boréale" de Jean Parvulesco ; "Bréviaire de cinéphilie dissidente", de Ludovic Maubreuil).

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CINÉMATON

21 Avril 2010, 18:15pm

Publié par Mister Arkadin

Voici un an, Gérard Courant me filmait chez Alain Paucard dans le cadre de sa série de "Cinématon". Il s'agit du n°2226 et un photogramme est visible sur le site du cinéaste. Je n'ai jamais eu l'occasion de voir ce film... et ne suis nullement pressé !

En revanche, je regarderais bien ceux de mes comparses de cette soirée-là : Michel Mourlet, Céline Mas, Éva Énault, Apolline Alaguillaume, Laurent Lotteau

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LJC DU 22 AVRIL 2010 : "LE ROMAN DU CINEMA FRANÇAIS"

18 Avril 2010, 23:02pm

Publié par Mister Arkadin

L’invité du "Libre journal du Cinéma" (LJC) du jeudi 22 avril 2010, que va diriger Philippe d’Hugues, et auquel je participerai, est Dominique Borde (ancien critique du "Figaro"), pour son livre Le Roman du cinéma français. 1960-1970 (éditions du Rocher).

http://www.decitre.fr/gi/61/9782268068961FS.gif

Sera également évoquée l’actualité, des films sortis en salle (notamment Les Invités de mon père, Gardiens de l’ordre, Green Zone), des reprises et manifestations cinématographiques diverses, des disparitions et des publications.

http://www.artemedia-agence-presse.com/wp-content/uploads/2010/02/gardien-de-l-ordre.jpg


Informations complémentaires :

Horaires de diffusion du LJC, sur Radio Courtoisie : de 12 heures à 13 heures 30 – Rediffusions de 16 heures à 17 heures 30 et la nuit suivante, de 0 heure à 1 heure 30.

Des messages peuvent être adressés à la station en cours d’émission (courtoisie@radiocourtoisie.net ; 01.46.51.00.85).

Fréquences FM de Radio Courtoisie en Mhz : Paris et Ile-de-France, 95,6 ; Caen, 100,6 ; Chartres, 104,5 ; Cherbourg, 87,8 ; Le Havre 101,1 ; Le Mans, 98,8.

Radio Courtoisie par satellite : Sur les bouquets satellites TPS et CanalSat, si vous êtes abonné à l'un de ces bouquets, pressez le bouton radio de votre télécommande et choisissez "Radio Courtoisie" dans la liste de radios proposées.

URL directe d'écoute en ligne de Radio Courtoisie pour les lecteurs type Windows Media : http://www.tv-radio.com/cgi-bin/tagger.pl?tag=site&metafile=courtoisie/courtoisie-20k.asx

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CINÉMA ET RADIO : SEMAINE DU 17 AVRIL 2010

16 Avril 2010, 23:10pm

Publié par Mister Arkadin

Rubrique rédigée avec la collaboration régulière de l'indispensable Desata,
auquel je renouvelle tous mes chaleureux remerciements.
 


Rappels et rattrapages : 

« Comme on nous parle » (Pascale Clark ; « A la "une" », revue de presse), France Inter, mardi 9 et mardi 30 mars, mercredi 7, jeudi 8 et jeudi 15 avril 2010, de 9h35 à 10h00 : Emmanuelle Seigner (actrice et chanteuse), pour le film Chicas ; Claudine Bories et Patrice Chagnard (documentariste), pour leur film Les Arrivants ; Gilles Jacob (président du Festival de Cannes), pour son livre Livre d’or ; Julien Doré (chanteur et acteur), pour le film Ensemble, nous allons vivre une très très grande histoire d’amour ; « Tout ce qui brille, les raisons d'un succès », avec Géraldine Nakache (actrice et réalisatrice) et Leïla Bekhti (actrice), et « Le parler djeun au cinéma » (chronique de Christophe Carrière)

« L'humeur vagabonde » (Kathleen Evin), France Inter, mardi 16 mars 2010, de 20h10 à 21h00 : Takeshi Kitano (cinéaste, comédien, peintre, producteur d’émissions de tv)

« L'invité culture » (Claire Chazal et Guillaume Durand), Radio Classique, mardi 23 mars, mardi 6 et mercredi 14 avril 2010, à 9h15 : Jean Réno (acteur), pour la sortie du film Immortel ; Coline Serreau (actrice et réalisatrice), pour son film Solutions locales pour un désordre global ; Antoine de Baecque (critique et historien du cinéma), pour son livre Godard

« Dare-Dare » (« L'actualité culturelle », Martine Béguin et Laurence Froidevaux), RSR, 6, 14 avril 2010, à 12h03 : Catherine Rich (comédienne) ; « Hommage à Werner Schroeter », « "Lignes de front" de Jean-Christophe Klotz » et « "Looking for Marilyn (and me)" »

http://www.theatre-arsenic.ch/site_arsenic/fiches/images/images_09_10/c_maillefer0.jpg

« A première vue » (Patrice Bertin), 6 avril 2010, à 18h57 – Rediffusion à 20h27 : « Exemple de ratage cinématographique », sur Manolete

« La polémique culturelle : les films à voir ou pas cette semaine (ou ce week-end » (Marc-Olivier Fogiel et Guy Carlier), Europe 1, jeudi 8 et vendredi 9 avril 2010 : « Sait-on tourner des polars en France ? », avec avec Gael Gohlen (journaliste à Premiere.fr) et Matthieu Santelli (journaliste à Critikat.com) ; Sophie Avon (journaliste à Sud Ouest) et Alain Mayer (journaliste à Gold FM)

« Arts », France Culture (« Chemins de la connaissance »), 12 avril 2010 : « Festival Zoom arrière : Loin d’Hollywood ? Cinématographies nationales et modèle hollywoodien, 1925-1935 (3/4) » (Cinémathèque de Toulouse, 11 et 12 mars 2010)

« Les retours du dimanche » (Caroline Broué et Hervé Gardette), France Culture, dimanche 11 avril 2010, de 18h10 à 19h00 : « La bulle sonore : le réalisateur Andrzej Wajda au lendemain de la visite historique de Vladimir Poutine sur les lieux du massacre de Katyn.
Un entretien exceptionnel, réalisé le vendredi 9 avril, la veille du crash de l'avion du président polonais et de sa délégation »

« Laissez-vous tenter » (Vincent Parizot), RTL, mardi 13 avril 2010, de 9h00 à 9h30 : Tournage du nouveau film de Dany Boon, Rien à déclarer

« La revue de presque » (Nicolas Canteloup), Europe 1, mardi 13, vendredi 16 avril 2010 : Jean-Pierre Bacri se plaignant de la colonisation des écrans de cinéma par les starlettes de Canal + (Louise Bourgoin, Fred Testot) ; Jean-Pierre Bacri sur la sélection du prochain Festival de Cannes

« La tête dans les étoiles » (Laurent Boyer), RTL, mercredi 14 avril 2010, de 14h30 à 16h00 : Louise Bourgoin (présentatrice météo) et Luc Besson (producteur), à l'occasion de la sortie de leur film Les Aventures d'Adèle Blanc Sec

« Libre journal de Jacques Trémolet de Villers », Radio Courtoisie, jeudi 15 avril 2010, de 19h30 à 21h00 : « Les deux drames de Katyn », avec Benoît Gousseau (journaliste, rédacteur en chef de Politique Magazine), notamment à propos du film de Wajda, mais également de quelques films anti-communistes passés sous silence ou mal reçus en France (Vent d’est, Triple agent, Le Neuvième jour)


Émissions radiophoniques sur le cinéma de la semaine en cours :

« Le journal inattendu » (Harry Roselmack), RTL, samedi 17 avril 2010, de 12h30 à 13h30 : Gad Elmaleh (acteur)5 11

« Mauvais genres » (François Angellier, « Venez armé, l'endroit est désert »), France Culture, samedi 17 avril 2010, de 21h à 22h : L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot en DVD

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« Affinités électives » (Francesca Isidori), France Culture, samedi 17 avril 2010, de 22h11 à 23h00 : Lucas Belvaux (comédien et cinéaste)

« Éclectik » (Rebecca Manzoni), France Inter, dimanche 18 avril 2010, de 10h10 à 11h00 : Andrea Ferreol (comédienne)

« Cosmopolitaine » (Paula Jacques), France Inter, dimanche 18 avril 2010, de 14h05 à 16h00 : Lou Ye (réalisateur), pour son film Nuits d’ivresse printanière

« Studio Europe 1 » (Michel Drucker et Wendy Bouchard), Europe 1, lundi 19, mardi 20, mercredi 21 avril 2010, à 19h00 : Émission spéciale Camping 2, avec Mathilde Seigner et Franck Dubosc (acteurs) ; Julie Depardieu et Julie Delpy (actrices) ; Yolande Moreau (actrice) et Michel Gondry (réalisateur)

« Le fou du roi » (Stéphane Bern), France Inter, mardi 20, mercredi 21 avril 2010, de 11h05 à 12h30 : Franck Dubosc et Richard Anconina (acteurs) ; Benoît Delepine et Gustave Kevern (acteurs)

« Tout arrive » (Arnaud Laporte, « Le magazine de l'actualité culturelle »), France Culture, mardi 20, jeudi 22 avril 2010, de 12h02 à 12h30 : Julie Delpy (actrice et réalisatrice), pour son film La Comtesse ; Michel Gondry (réalisateur), pour son documentaire L’Epine dans le cœur

« Nonobstant » (Yves Calvi), France Inter, jeudi 22 avril 2010, de 17h05 à 17h50 : Riad Sattouf (bédéaste et réalisateur)

« La collection Radio Classique », Radio Classique, jeudi 22 avril 2010, à 19h30 : « La musique classique au cinéma : Wagner, Mahler, Haendel… »


Compléments et rappels :

- Grille des émissions de radio spécifiquement consacrées au cinéma

- Liste des émissions récentes de France Info sur le cinéma

- Liste des invités des émissions de radio d’information sur le site "Zapping du paf"

- Le fil d’information relatif au cinéma de l’AFP

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PROJECTION DE LA CRITIQUE

13 Avril 2010, 23:10pm

Publié par Mister Arkadin

Dans sa remarquable étude La Théorie de l’art au risque des a priori (L’Harmattan, 2004), Daniel Serceau a montré à quel point les résumés de films donnés par les théoriciens et critiques de cinéma étaient bien souvent biaisés afin de correspondre aux préjugés de l’auteur, à ses constructions intellectuelles. Il en appelait à une relecture plus minutieuse des films, à un souci de vérification constant, afin de se déprendre des idées préconçues qui font littéralement écran entre le spectateur-analyste et les films.

Ainsi pourrait-on multiplier les exemples d’erreurs factuelles dans les résumés de films fournis par la presse. Beaucoup ne sont que de détails. Mais certaines dénaturent le sens des films ou orientent le sens suivant les projections mentales du critique.

Trois beaux exemples pour aujourd’hui, tirés de l’hebdomadaire Télérama.

http://www.cinema-francais.fr/images/affiches/affiches_c/affiches_chenal_pierre/la_foire_aux_chimeres.jpg

Dans le n°2512 du 4 mars 1998 (p.104), Aurélien Fereczi raconte l’histoire du film de Pierre Chenal La Foire aux chimères : « Défiguré depuis la guerre, Frank Davis dirige une entreprise de gravure de billets de banque. Il tombe amoureux de Jeanne, une jeune aveugle, partenaire d’un lanceur de couteaux de fête foraine. Il l’épouse et, pour financer l’opération qui lui rendra la vue se met à fabriquer de la fausse monnaie… »

Lui rendre la vue ? Jamais de la vie ! Le personnage, interprété par Erich von Stroheim, redoute au contraire que sa femme retrouve la vue et se détourne de lui une fois qu’elle aura vu à quoi il ressemble ! Aussi est-ce à l’insu de son mari que l’aveugle se fait opérer ! Bref, le contresens est complet.

Plus récemment, dans le numéro 3126 (9 décembre 2009, p.50), Juliette Bénabent parle, à propos de Qu’un seul tienne et les autres suivront du « portrait d’une adolescente qui découvre l’amour au côté d’un voyou », puis de « la peinture de l’amour naissant entre un jeune voyou et une adolescente de bonne famille ». Un voyou ? Où a-t-elle vu cela ? Les seuls actes du personnage qui lui attirent des ennuis avec la police sont ses tentatives d’obstruction lors d’expulsions de squatters et de clandestins. Est-ce devenu répréhensible pour Télérama ? Cela se saurait… « Une adolescente de bonne famille » ? Sur quel élément la journaliste s’est-elle fondée pour déduire la classe sociale du personnage ? Se serait-elle projetée dans l’histoire en trouvant bien romantique cette romance, conforme au cliché, entre le voyou et la fille de bonne famille ? Cela correspond-il à un fantasme personnel ?

http://www.kessel.tv/wp-content/uploads/2010/01/soul_kitchen_plakat1-500x706.jpgDernier exemple, dans le numéro 3140 (17 mars 2010, p.55), le compte rendu du savoureux Soul Kitchen est intitulé « Toques de Turcs » parce que le personnage principal en serait « un immigré turc » tenant un restaurant à Hambourg. Que le réalisateur du film, Fatih Akin, soit d'origine turc, implique-t-il que son héros, Zinos (interprété par Adam Bousdoukos), le soit forcément ? Or, justement, il est d'origine grecque ! Légère confusion...  

Je viens de pointer du doigt trois erreurs de journalistes, en ayant bien conscience de l’injustice que je commets à leur égard, étant persuadé que j’en commettrais tout autant si j’étais à leur place. Peut-être est-ce pour cela, qui sait, que je rechigne si souvent à résumer les films dont il m’arrive de parler. Parce que ma façon de les raconter pourrait en dire encore plus sur moi-même que les jugements que je porte sur eux ? 


Compléments :

- (22 août 2010) : dans L'Express du 16 juin 2010 (p.23), la pigiste pour revues d'économie de l'Année bissextile est devenue une étudiante ;

- (2 septembre 2010) : la substitution de sperme dans Une famille si moderne est délibérée dans le résumé donné par Télérama, beaucoup moins dans le film ;

- (20 septembre 2010) : le pacte tacite entre les deux couples de Happy Few serait conclu lors de la première soirée passée ensemble, après lecture à haute voix d'une dédicace, selon Les Échos du 15 septembre 2010 (p.15) ;

- (19 janvier 2011) : l'accident de l'acteur de Somewhere serait pour sa fille « l'occasion de passer quelque temps auprès de lui », selon Positif de janvier 2011 (n°599, p.28) ;

- (5 octobre et 6 novembre 2011) : "The Driver" ne suit pas un match de football (cf. Critikat.com), ni de baseball (Philippe Rouyer, Positif, n°608, octobre 2011, p.7), et n'enfile donc pas une casquette des Dodgers (cf. Les Inrockuptibles), mais des Clippers ; 

- (17 octobre 2011) : Le psychanalyste joué par Nanni Moretti dans Habemus papam ne fait pas jouer les ecclésiastiques au handball, contrairement à ce qu'écrivent Les Inrockuptibles (7 septembre 2011, p.72), mais au volley ;

- (17 décembre 2011) : « A distance respectable des forces de l'ordre, Marcel assiste à l'ouverture du caisson, occupé par des Africains », dans Le Havre d'Aki Kaurismaki, selon Positif de décembre 2011 (n°610, p.32) ;

- (23 mars 2012) : ce n'est pas un ado qui met le feu à sa ville avec un lance-flammes dans Projet X, comme l'écrit Jacky Golberg dans Les Inrockuptibles du 21 mars 2012, mais un dealer adulte ; 

- (18 avril 2012) Le personnage qui donne son titre au film israëlien Le Policier n' « admire son reflet dans le miroir, avec son bébé dans les bras » (Pierre Murat, Télérama, n°3246, 28 mars 2012, p.69), mais avec le bébé d'un ami, pour se représenter ce à quoi il ressemblera une fois que sa femme, encore enceinte, aura accouché ;

- (31 décembre 2014) Terre battue raconterait l'histoire d' « un chômeur prêt à tout pour faire triompher son fils tennisman », selon Positif de novembre 2014 (n°645, p.32) et plusieurs autres gazettes et canards.

- (2 février 2015) « le tueur de jeunes filles de l'est de Paris  », selon Positif de janvier 2015 (n°647, p.37, à propos de L'Affaire SK1), qui voit donc en Guy Georges un pédophile, en plus d'avoir été un violeur et un assassin en série.

- (14 mars 2015) « Jadis superstar de blockbusters [...], Riggan Thomson cherche à relancer sa carrière [...]. Aux antipodes de l'image qu'il véhiculait naguère, citant désormais Barthes et Flaubert à la moindre occasion, il veut mettre et interpréter à Broadway une pièce de Raymond Carver, Parlez-moi d'amour. But : se racheter une conscience d'artiste véritable, exigeant» Description caricaturale, par Jean-Christophe Buisson (Le Figaro Magazine, 20 février 2015, p.78), du personnage interprété par Michael Keaton, Barthes étant cité par un journaliste qui l'interroge, suscitant la gêne de Riggan Thomson (provoquée aussi une autre journaliste, qui ignore qui est Barthes). 

- (10 août 2016) « Issue d’une famille bourgeoise, Marie a acheté seule leur logement ; d’un milieu modeste, Boris l’a entièrement rénovée et estime lui avoir donné sa valeur. Elle lui concède un quart de son prix. Il en réclame la moitié » (La Croix, 10 août 2016). Ce n'est pas le quart, mais le tiers qu'elle lui concède (plus 20.000 euros au bout d'un moment), dans L'Économie du couple.

- (21 septembre 2016) « [le] mannequin de The Neon Demon interprété par Elle Fanning qui dévore ses collègues anorexiques » (Michel Ciment, Positif, n°665-666, juillet-août 2016, p.81).

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"FRAÎCHE ET BELLE ET NATURELLE"

11 Avril 2010, 23:22pm

Publié par Mister Arkadin

On aurait pu croire que la récente exposition sur Brigitte Bardot, organisée à Boulogne, serait l’occasion pour la presse de lâcher les chiens, comme c’est devenu l’habitude quand il est question de la plus grande vedette du cinéma français.

http://s.plurielles.fr/mmdia/i/97/8/eclair-brigitte-bardot-chez-fauchon-4055978eugwo_1350.jpg?v=1

Rien de tel, finalement. Certes, une personnalité de cette envergure aurait sans doute mérité plus qu’un éclair de chez Fauchon à son effigie. Si l’événement n’a guère suscité qu’un assez long entretien dans Valeurs actuelles, quelques émissions par ci par là (notamment à Radio Courtoisie) et une mise en accusation sur Europe 1, il a, de manière plus étonnante, permis à un journaliste d’un organe d’extrême-gauche de déclarer sa flamme :

« Niveau. Au fait, Brigitte Bardot, me direz-vous ? Notre BB nationale qu’on célèbre à l’envi pour ses 75 ans. Eh bien, regardez-la, cette friponne au corps parfait qui fit fantasmer des millions d’hommes (et sans doute aussi de femmes), voyez comme elle était fraîche et belle et naturelle ; et comparez donc avec les bimbos d’aujourd’hui, ces "velines" siliconées qui peuplent les écrans italiens (pas seulement) et agrémentent les fêtes du "papounet". Comme dit l’autre, le niveau monte ! » (« Bloc-notes » de Bernard Langlois, Politis, 1er octobre 2009, p.34).

Et le Nouvel Observateur s’est lui aussi fendu d’une brève plutôt élogieuse dans son édition du 29 octobre 2009 (p.118, « En hausse : Bardot pour tous », par Sophie Delassein) :

« Née artistiquement en 1956 avec "Et Dieu créa la femme" de Roger Vadim, Brigitte Bardot est aussitôt devenue sulfureuse, mais avec candeur. Cinquante ans après, elle l’est toujours. L’exposition qui la célèbre s’arrête à sa période faste, aux années "insouciance" (Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt, jusqu’au 31 janvier). En ouverture du catalogue très illustré de cette manifestation dont l’auteur n’est autre que le commissaire de l’expo, Henry-Jean Servat, figure une préface de la comédienne. BB résume ces années-là avec lucidité : "Portée par un courant que je n’ai pas maîtrisé, ma vie a basculé, bousculant tout ce qui fut mon enfance et mon éducation." Sur les photographies, qu’elle pose avec Micheline Presle, Michèle Morgan, Michèle Mercier, Claudia Cardinale ou Isabelle Adjani, elle reste de loin la plus époustouflante. »

C’est peu ; mais au moins n’est-ce pas venimeux, ce que l’on aurait pu attendre de la part de ces magazines. Heureusement, Marianne y est allé de son coup de pied de l’âne, dans le cadre d’un dossier sur les faux iconoclastes (14-20 novembre 2009, p.27, « Brigitte Bardot, la Tatie Danielle de Saint-Trop ») :

« L’ermite de "La Madrague" a renoncé à vivre en société. Sous couvert de liberté de ton, Bardot déverse désormais l’aversion qu’elle éprouve pour ses contemporains. L’art est "devenu de la merde", les chômeurs "sont des paresseux planqués", les homosexuels "sont des phénomènes de foire", les sans-papiers, des "gueux qui profanent nos églises"… Le mépris. Théoricienne d’un adage cher aux personnes âgées aigries, selon lequel "il y a des bêtes qui valent bien certains hommes", la Tatie Danielle de Saint-Trop est devenue une figure muséale que seuls les journalistes en mal de scoop visitent encore. »

Ouf, l’honneur de la presse française fut sauf, Marianne s’étant dévoué !

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CINÉMA ET RADIO : SEMAINE DU 10 AVRIL 2010

9 Avril 2010, 23:09pm

Publié par Mister Arkadin

Rubrique rédigée avec la collaboration régulière de l'indispensable Desata,
auquel je renouvelle tous mes chaleureux remerciements.


Rappels et rattrapages :

« Macadam philo » (« Philosophie en situations », François Noudelmann), vendredis 22 janvier et 19 février 2010, de 18h20 à 19h00 : « Pensée de la mort », à l’occasion de la mort d’Éric Rohmer, avec Jean-Michel Salanskis (professeur de philosophie des sciences, logique et épistémologie à l'université de Paris X-Nanterre) ; « Questions de cadrage : les tanks ont-ils une conscience ? », à propos du film Lebanon, avec Thierry Grillet et Jean Salem

« L'horloge de sable » (Claude Ciocca), RSR, samedi 20 mars 2010, de 13h30 à 15h30 : « La déportation dans les médias », avec Florine Quartier-la-Tente (auteur du mémoire La libération des camps de concentration et le transit des déportés par la Suisse, vus par les médias romands au cours des premiers mois de 1945, Université de Lausanne, Faculté des Lettres Section d'histoire contemporaine sous la direction du professeur François Vallotton, août 2009) et François Vallotton

« Culture et médias », France Info, 23 et 31 mars, 6 et 7 avril 2010, à 9h47 : « "White Material" de Claire Denis » ; « "Lignes de front" avec Jalil Lespert » ; « Fred Testot, enfin révélé comme comédien » ; « Julien Doré convainc pour son premier rôle au cinéma »

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« Arts », France Culture (« Chemins de la connaissance »), 5 et 6 avril 2010 : « Le Métier de cinéma de Maggie Cheung » (Cinémathèque de Toulouse, 6 mars 2010) ; « Festival Zoom arrière : Loin d’Hollywood ? Cinématographies nationales et modèle hollywoodien, 1925-1935 (2/4) » (Cinémathèque de Toulouse, 11 et 12 mars 2010)

« Dare-Dare » (« L'actualité culturelle », Martine Béguin et Laurence Froidevaux), RSR, 5 avril 2010, à 12h03 : Portrait de Thierry Michel (cinéaste belge)

« Bibliothèque publique d'information », France Culture (« Chemins de la connaissance »), 5 avril 2010, de 19h00 à 21h00 : « Regards critiques : Courir le monde et apprendre », avec Bernard Eisenschitz (traducteur, historien du cinéma, réalisateur, programmateur, acteur) (11 janvier 2010)

« Laissez-vous tenter » (Vincent Parizot), RTL, vendredi 9 avril 2010, de 9h00 à 9h30 : « Spécial Adèle Blanc-sec »


Émissions radiophoniques sur le cinéma de la semaine en cours :

« Libre journal des Lycéens » (Xavier Delaunay), Radio Courtoisie, samedi 10 avril 2010, de 12h00 à 13h30 : « Chronique culturelle » de Jean Lassalle (professeur d’histoire, conférencier), avec Xavier Delaunay, à propos du DVD Katyn, et présentation, par François Mauclaire et Mathieu Godry, d’une manifestation organisée par l’association "Les Amis de Jehanne", une disputatio sur la civilisation européenne au cinéma, le 22 avril 2010, autour des films Excalibur, Le Seigneur des anneaux, Le Monde de Narnia et Bewulf

« Le grand studio » (Anthony Martin), RTL, samedi 10 avril 2010, de 15h00 à 16h00 : Émission spéciale Adèle Blanc-Sec

« Le fou du roi » (Stéphane Bern), France Inter, lundi 12, jeudi 15 avril 2010, de 11h05 à 12h30 : Luc Besson (réalisateur), pour son film Adèle Blanc-Sec ; en direct et en public d’Athènes pour le Festival du film francophone de Grèce, avec Jean-Paul Gaultier, parrain du festival

« Les passagers de la nuit » (Thomas Baumgartner), France Culture, lundi 12 avril 2010, de 23h00 à 23h50 : « "Les "trésors" de la cinéaste Pauline Horovitz enfermés dans des boîtes »

« Studio Europe 1 » (Michel Drucker et Wendy Bouchard), Europe 1, mardi 13 avril 2010, à 19h00 : Luc Besson (réalisateur) et Gilles Lellouche (acteur)

« Les Matins jazz » (Laure Albernhe), TSF, jeudi 13 avril 2010, de 6h00 à 9h00 : Anne Andreu, pour son documentaire Catherine Deneuve, belle et bien là, programmé sur Arte le 11 avril 2010

« À plus d'un titre » (Tewfik Hakem ; « Littérature et sciences humaines »), France Culture, jeudi 13 avril 2009, de 16h00 à 17h00 : Nicolas Finet et Benjamin Legrand pour Adèle Blanc-Sec. Le roman du film (Éditions Casterman)

« 2000 ans d'histoire » (Patrice Gélinet), France Inter, vendredi 14 avril 2010, de 13h30 à 14h00 : Greta Garbo, avec Jean Ollé-Laprune (journaliste et historien du cinéma)

http://www.evilstyle.net/wp-content/uploads/2009/03/greta-garbo.jpg


Rediffusions :

« Le bon plaisir » (Olivier Assayas, 1999), « Les nuits » de France Culture, nuit du samedi 10 au dimanche 11 avril 2010, de 1h05 à 4h00 : Catherine Deneuve

« Panorama » (Michel Bydlowski, 1980), « Les nuits » de France Culture, nuit du dimanche 11 au lundi 12 avril 2010, de 0h30 à 1h16 : « Anthologie de l’année 1979 » (extraits)

« Culture française » (Maurice Merleau-Ponty, 1948), « Les nuits » de France Culture, nuit du lundi 12 au mardi 13 avril 2010, de 1h56 à 2h12 : « Philosophie de la perception des arts »


Compléments et rappels :

- Grille des émissions de radio spécifiquement consacrées au cinéma

- Liste des émissions récentes de France Info sur le cinéma

- Liste des invités des émissions de radio d’information sur le site "Zapping du paf"

- Le fil d’information relatif au cinéma de l’AFP

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GRATITUDE D'OLIVEIRA

7 Avril 2010, 23:33pm

Publié par Mister Arkadin

Le 3 septembre dernier, dans le billet « Éloge d’un critique », j’ai émis l’hypothèse que la raison pour laquelle Manoel de Oliveira avait omis de mentionner le critique français envers lequel il a, à maintes reprises, exprimé sa reconnaissance était qu’il ne se souvenait probablement pas de son nom. D’abord parce que cela commence à dater sérieusement (près de quatre-vingt ans désormais !) ; ensuite parce que ce critique est aujourd’hui passablement oublié, le dictionnaire que le syndicat français de la critique de cinéma a publié sur les critiques français l’ignorant superbement. J’ai fait erreur, puisque Oliveira a rendu explicitement hommage, plusieurs fois, à Vuillermoz dans un entretien donné à l’occasion de la réception d’un prix à Montréal : « [En 1931, Douro, Faina Fluvial (De l’autre côté du fleuve)] était projeté devant les délégués du 5e Congrès international de la critique à Lisbonne. La réaction de la salle fut terrible. Le cinéaste remue ses pieds sous la table pour donner une idée du bruit qui avait accueilli cette projection, sans parler des huées et des sifflements. Seuls quelques étrangers avaient apprécié son film. Parmi eux, Pirandello et le critique français Émile Vuillermoz. "Si j’ai persisté c’est grâce à lui. Il m’avait encouragé à continuer." » (Luc Perreault, La Presse, 1er septembre 1998, p.B5). Le plus ironique dans l’affaire est qu’Oliveira a raconté avoir alors rencontré Vuillermoz, l’auteur de « la critique la plus longue et la plus juste de Douro », dans Conversations avec Manoel de Oliveira (Éditions du cinéma, 1996), ouvrage retranscrivant un long entretien avec son ami Jacques Parsi et avec un critique parisien, Antoine de Baecque, ce dernier ayant par ailleurs assimilé les goûts d’Émile Vuillermoz au « conformisme du convenable et de la bien-pensance » !Vuillermoz---Couv---Vol-1-copie-1.jpg

La gratitude et la fidélité d’Oliveira envers Vuillermoz me motiveront-elles suffisamment pour achever la thèse que je prépare de longue date sur ce dernier ? Si les mises à jour de ce blog se font encore plus rares dans les mois à venir que dans les précédents, c’est que je me serai enfin attelé avec constance à la rédaction de ce travail universitaire, autrement plus difficile que celle de billets et notes cinéphiliques. Pour concilier les deux, j’essaierai d’en publier périodiquement des extraits sur ce blog, ainsi que des documents sur Vuillermoz. Pour commencer, voici un autre compte rendu du premier film d’Oliveira, après celui reproduit dans « Éloge d’un critique », paru dans Radio Magazine le 11 octobre 1931 (page « Le film sonore », p.7), compte rendu que la réalisatrice Anne Huet mentionnait en mai 2003 dans une étude pour le "Forum des images" sur « le Paris de Manoel de Oliveira » :

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Au cours de la séance de cinéma organisée à Lisbonne à l'occasion du cinquième Congrès international de la Critique, nous avons eu l'occasion de voir, avant le film A Severa, une composition documentaire d'un très haut intérêt. Il s'agit d'une étude cinégraphique sur le Douro au moment de son entrée à Porto.

Cette œuvre, dont les auteurs sont dans toute la fraîcheur de la jeunesse, est un ravissement pour les yeux, pour la sensibilité et pour l'esprit.

J'ai toujours proclamé que l'écran ne trouverait ses véritables poètes que dans la génération des moins de trente ans qui, dès leur jeunesse, ont pu former leur œil au langage optique des images mouvantes. Ceux-là seuls seront affranchis de l'écrasante hérédité théâtrale et picturale qui pèse sur leurs aînés. Seuls, les jeunes gens de cet âge sauront penser en images, examiner les hommes et les choses sous leur angle le plus photogénique et créer dans l'enchaînement des visions des rythmes neufs et des équilibres inédits.

MM. Antonio Mendes et Manoel de Oliveira, qui viennent d « écrire » avec une aisance et une élégance incomparables une page lumineuse sur le fleuve Douro, confirment une fois de plus cette observation de bon sens.

Voilà de véritables jeunes qui ont de l'univers une vision pleine de fraîcheur et d'éclat. Ils sont sensibles à toutes les formes nouvelles de poésie créées par le machinisme moderne.

Ce qu'ils ont pris dans la vie du Douro, ce ne sont pas les motifs faciles de son existence rustique et pastorale, ses aspects de chromos, ses fonctions stéréotypées par la littérature ou par le lyrisme purement verbal. Ils ont abordé résolument un épisode de sa carrière beaucoup plus prenant et beaucoup plus fort : celui où le fleuve, parvenu à l'apogée de sa puissance, se mêle à l'activité des hommes, fait du commerce et de l'industrie, porte de lourds bateaux, travaille et souffre avant d'aller goûter dans l'océan proche un anéantissement bien gagné. Ils ont étudié en particulier cette minute pathétique de la rencontre du fleuve avec les deux splendides ponts métalliques de la ville de Porto.

« Le pont met une bague au doigt de la rivière », a dit le poète. La minute où cette bague se glisse au doigt d'un fleuve aussi vigoureux est toujours émouvante. Mais ici, grâce à l'intelligente vision de deux jeunes hommes de ce temps, qui sont sensibles au pathétique de l'architecture du fer, la présentation de la bague splendide ciselée par l'orfèvre Eiffel prend une valeur émotive exceptionnelle.

Les auteurs ont su obtenir de l'objectif une souplesse et une plasticité indescriptibles. L'œil mécanique se coule entre les croisillons de fer avec une curiosité et une adresse qui provoquent chez les spectateurs un émerveillement sans cesse renouvelé. Il se glisse partout, court après un reflet, rattrape les perspectives les plus fuyantes, happe les angles les plus inattendus, saisit ce que l'œil humain est incapable de voir, opère des analyses minutieuses et des synthèses souveraines, joue et jongle avec ces tonnes de fer, leur enlève toute pesanteur, déplace leur centre de gravité et les oblige à se plier à leur éblouissante prestidigitation. C’est une féerie inoubliable.

Sans doute, ce film n'est pas sans défauts. Il est d'abord trop long, comme la plupart des ouvrages de l'esprit né de la terre portugaise. De plus, ces deux jeunes réalisateurs ne sont pas encore affranchis de certaines petites élégances périmées dont nos médiocres avant-gardes ont épuisé depuis longtemps l'efficacité. Il est bien évident que nous sommes blasés sur le procédé facile et vite fatigant du « montage rapide » lorsqu'il n'est pas exigé par le sujet.

Mais ce sont là des imperfections que l'on pourrait très facilement faire disparaître. La seule chose qui importe, c'est que MM. Mendes et de Oliveira sont de véritables cinégraphes, admirablement doués pour leur métier et dont on peu attendre beaucoup. Je n'ai pas besoin d'être un somnambule extra-lucide pour leur prédire le plus brillant avenir.

Emile VUILLERMOZ. 

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