Mister Arkadin

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LIBRE JOURNAL DU CINÉMA : ACTUALITÉS, AVEC RICHARD DE SEZE ET ARTHUR DE WATRIGANT

31 Juillet 2020, 16:56pm

Publié par Mister Arkadin

Actualité des films, avec Richard de Sèze (critique cinématographique à Monde & Vie) et Arthur de Watrigant (critique cinématographique du magazine L’Incorrect)

Ont été évoqués, parmi les films en salles :

- Le Sel des larmes, de Philippe Garrel
- Land of Murders, de Christian Alvart
- Irrésistible, de Jon Stewart
- Les Parfums, de Gregory Magne
- The Light of my Life, de Casey Affleck
- De Gaulle, de Gabriel Le Bomin
- Effacer l’historique, de Gustave Kervern et Benoît Delépine
- The King of Staten Island, de Judd Appatow.

Reprise en salles :

- Pluie noire, de Shohei Imamura

En DVD :

- L'Homme d'à côté, de Mariano Cohn
- El Chino, de Sebastián Borensztein
- Medianeras, de Gustavo Taretto

Séries :

- Destination Dangers
- La Quatrième dimension
- The Mandalorian.

Film ancien :

- Belle Starr, de Irving Cummings (cf. chronique "Travelling arrière" d'Aristide Leucate, dans Politique Magazine, juillet-août 2020).

Nécrologies :
- Ennio Morricone.

Publications :

- une nouvelle revue de cinéma, Apaches, dont le n°1 comporte deux dossiers, l’un sur les mac-mahoniens, l’autre sur Fritz Lang ;
- Paris Berry nouvelle vague, récit de Thomas Morales (Éditions La Thébaïde, juin 2020).

Illustration musicale :
- Et pour quelques dollars de plus (Sergio Leone / Ennio Morricone).

 

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UN AVANT ET UN APRÈS (LA RÉOUVERTURE DES SALLES) ?

8 Juillet 2020, 15:39pm

Publié par Mister Arkadin

J’ai cru que l’abstinence contrainte que nous avons connue allait raviver mon désir de cinéma.

De manière similaire à Ted (Ben Stiller) dans Mary à tout prix, j’avais d’ailleurs anticipé la réouverture des salles (le 22 juin dernier) en demandant un service de presse afin de découvrir à l’avance un film nouveau la semaine précédente. Ainsi ai-je visionné sur petit écran Bluebird, disponible uniquement en vod depuis le 10 juin 2020. Le film avait été choisi quasiment au hasard, seulement au vu de l’affiche, sans me renseigner plus sur son contenu, son réalisateur, sa distribution (au deux sens du terme), dont l’affolante Lola Le Lann, etc.

Puis, le jour J, je me suis précipité voir Vivarium, choisi également sans trop réfléchir parmi les films proposés par le cinéma le plus pratique pour moi.

Le personnage principal du premier est un homme qui vient de sortir de prison et qui tente de refaire sa vie depuis une chambre d’hôtel dont il ne doit pas trop s’éloigner et qu’il doit rejoindre le soir, contrôlé qu’il est via un bracelet électronique. Le second se concentre presque exclusivement sur un couple qui n’arrive pas à s’extraire d’un lotissement aux maisons toutes semblables à celle qu’ils étaient venus visiter dans le cadre de la recherche d’un nouveau logement.

Soit deux films de confinement. «  Quelle sacrée coïncidence ! », s’est dit le benêt que je suis.

Réflexion faite, la probabilité de voir au sortir de la période de confinement un, voire plusieurs films présentant des situations de ce type était élevée, leur nombre, quelle que soit l’époque, étant important. Maints journalistes n’ont guère eu de mal à en dresser une liste, loin d’être exhaustive, tel Nicolas Ungemuth dans sa chronique « Nous vivons une époque formidable » (Le Figaro Magazine, 17 avril 2020, p.20, « Restez chez vous ! »). Il y mentionne Le Chat, Fenêtre sur cour, Le Locataire, Le Limier et Shining.

Ai-je repris depuis plus fréquemment qu’avant le chemin des salles ? Que nenni. Au contraire, même. Je n’ai pas non plus redemandé un service de presse pour recevoir un lien permettant de disposer à domicile d’un autre film nouveau. Retour à l’anormale normale, donc, pour le cinéphile et critique que je suis censé être.

Dans le même ordre d’idées, L’Express, qui ne rendait plus du tout compte des films nouveaux dans sa nouvelle maquette, amincie et sortie avant le confinement (exemple de numéro dénué de page Cinéma : le 3580 du 13 février 2020), ne s’est pas remis à en parler régulièrement depuis fin juin. Idem pour Marianne (dont le n°1196 du 14 février 2020 ne comportait pas non plus de page sur les films nouveaux) ? Ce serait à vérifier.

Le cinéma déserterait-il autant les hebdomadaires que ce blog ? Peut-être y déserte-t-il aussi les salles, qu’on y projette ou non des suites d’images numériques.

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LIBRE JOURNAL DU CINÉMA DU 24 OCTOBRE 2019 : « LA PROMESSE D’UN CINÉMA CHRÉTIEN ET INDÉPENDANT » ; ACTUALITÉ

17 Novembre 2019, 21:39pm

Publié par Mister Arkadin

Le principal invité du "Libre journal du cinéma" du 24 octobre 2019, que j’ai animé sur Radio Courtoisie, était Daniel Rabourdin (cinéaste, réalisateur de La Rébellion cachée), pour son film Promesse. La légende des cimes, en pré-production.

 

A ensuite été évoqué l’actualité, avec Jean-Max Méjean (critique à Jeune cinéma et à "iletaitunefoislecinema.com").

 

Il a été question de quelques films sortis en salles récemment à Paris :

- L’Acre parfum des immortelles (Jean-Pierre Thorn)

- Alice et le maire (Nicolas Pariser)

- Ceux qui travaillent (Antoine Russbach)

- Joker (Todd Phillips)

- Martin Eden (Pietro Marcello)

- Mathias et Maxime (Xavier Dolan)

- Sorry We Missed You (Ken Loach)

de la publication suivante : Jeune cinéma, n°396-397, octobre 2019.

 

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LIBRE JOURNAL DU CINÉMA DU 3 JUILLET 2019 : ACTUALITÉ

16 Juillet 2019, 20:55pm

Publié par Mister Arkadin

Le "Libre journal du cinéma" du 3 juillet 2019 a été consacré à l’actualité (films cannois à Paris, films de l’été, exposition « Quand Fellini rêvait de Picasso » à la Cinémathèque française), avec Jean-Max Méjean (critique de cinéma à la revue Jeune Cinéma et au site Internet "Il était une fois le cinéma") et Arthur de Watrigant (critique de cinéma au mensuel L’Incorrect).

 

Ils ont commencé par évoquer leur rapport au festival de Cannes (cf. tribune de JMM ; palmarès des palmarès de AdW).

 

 

Puis ont parlé d’un grand nombre de films, dont voici les titres et les dates de sortie à Paris :

- The Dead don’t Die (Jim Jarmusch) [cf. Version en ligne du CR d’Anne Vignaux-Laurent dans la revue Jeune cinéma, n°395, été 2019, p.20-23], sortie le 15/05/2019

- Douleur et gloire (Pedro Almodovar) – 17/05/2019

- Le Jeune Ahmed (Luc et Jean-Pierre Dardenne) – 22/05/2019

- Sybil (Justine Triet) – 24/05/2019

- Parasite (Bong Jong-Ho) – 05/06/2019

- Le Daim (Quentin Dupieux) – 19/06/2019

- Noureev (Ralph Fiennes) – 19/06/2019

- Conséquences (Darko Stante) – 26/06/2019

- Rojo (Benjamin Naishtat) – 26/06/2019

- The Mountain, une odyssée américaine (Rick Alverson) – 26/06/2019

- Toy Story 4 (Josh Cooley) – 26/06/2019

- So Long, My Son (Wang Xiaoshuai) – 03/07/2019

- Yesterday (Dany Boyle) – 03/07/2019

- L'Œuvre sans auteur (Florian Henckel von Donnersmarck) – 17/07/2019

- Halte (Lav Diaz) – 31/07/2019

- Pour les soldats tombés (Peter Jackson) – 03/07/2019

- Attaque à Mumbai (Anthony Maras), en vod le 04/07/2019

- Roubaix, une lumière (Arnaud Desplechin) – 21/08/2019

- Sorry We Missed You (Ken Loach) – 23/10/2019

- Jeanne (Bruno Dumont) – 11/09/2019

 

Ainsi que de reprises :

- Rabbi Jacob (Gérard Oury ; version restaurée 4K)

- La messe est finie (Nanni Moretti)

- Rétrospective Jim Jarmush, avec notamment son film Dead Man

 

 

d’une exposition :

- « Quand Fellini rêvait de Picasso », jusqu’au 30 juillet 2019 à la Cinémathèque française

Signature du soir à la librairie du Panthéon le jeudi 4 juillet 2019 du catalogue de l’exposition, ainsi que d’un livre coécrit par Jean-Max Méjean sur Giulietta Masina

 

et des publications suivante :

- Jeune Cinéma, n°395, été 2019, avec notamment un dossier d’hommage à Freddy Buache

- Cinématique des muses, de Ludovic Maubreuil, Éditions Pierre-Guillaume de Roux, en librairie le 04/07/2019

- Un été chez Max Pécas, de Thomas Morales, Éditions Pierre-Guillaume de Roux, en librairie le 16/07/2019

- 24 heures de la vie d’une femme, film de Dominique Delouche, en DVD, Éditions Doriane

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LJC DU 14 MARS 2019 : ACTUALITÉ DES FILMS ; MAURICE MARIAUD

14 Mars 2019, 21:38pm

Publié par Mister Arkadin

 

Les invités du "Libre journal du Cinéma" (LJC) du jeudi 14 mars 2019, que j’ai dirigé (émission préenregistrée), étaient Anne Brassié (journaliste et écrivain), pour évoquer l’actualité des films, et Frédéric Monnier (libraire et chercheur en histoire du cinéma), à l’occasion de la sortie de son livre Maurice Mariaud. Itinéraire d’un cinéaste des Buttes-Chaumont au Portugal (1912-1929) (préface de François Albera, Éditions de l’Afrhc) [1].

Parmi les films récents ont été conseillés :

- Le Mystère Harry Pick, de Rémi Besançon ;

- Green Book, de Peter Farrely ;

- La Chute de l’Empire américain, de Denys Arcand.

ainsi que la série Il Miracolo (diffusée début 2019 sur Arte).

Ont été déconseillés les suivants :

- Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ?, de Philippe Chauveron ;

- La Dernière Folie de Claire Darling, de Julie Bertuccelli.

Les participants se sont abstenus de voir et ont invité leurs auditeurs à faire de même :

- Grâce à Dieu, de François Ozon.

Ont été également évoqués le coffret DVD Gaumont Le Cinéma premier (volume II : « L’école des Buttes Chaumont »), le documentaire Syrie. Du chaos à l’espérance (présenté à la Catho de Lyon le 20 mars 2019) et le dernier livre de Philippe d’Hugues Viva Cinecitta ! (préface de Jean Tulard, Éditions de Fallois).

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Note :

[1] Livre disponible à la bibliothèque de la Cinémathèque française (Paris, Bercy) et à la librairie Monnier (rue de Rome, Paris).

 

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CHRÉTIEN-MÉDIAS

5 Mars 2018, 12:55pm

Publié par Mister Arkadin

Il fut un temps, pas si lointain, où les avis d'un organisme catholique ("Chrétiens-Médias", si mes souvenirs sont bons, et antérieurement l'Office de je-ne-sais-plus-trop-quoi) figuraient à la fin des fiches de Télérama sur les films passant à la TV. 

Aujourd'hui, le même titre (ne parlons pas du même magazine) ne daigne pas donner son avis sur Jésus, l'enquête, sorti mercredi dernier, ni dans les pages du canard, ni dans son supplément "Sortir", ni sur son site Internet.

Au demeurant, guère passionnant, ce film, mais pas pire que la plupart des toiles qui encombrent les écrans, sorte de synthèse entre Zodiac et La Résurrection du Christ (où l'on remarque toutefois la présence en guest, pour une scène, de Faye Dunaway, assez ravagée, et de Robert Forster, assez transparent). Mais là n'est pas la question.

Au demeurant (bis), Télérama ne se distingue pas du reste de nos "grands médias", dont aucun ne semble avoir rendu compte du film, si j'en crois la section "Critiques presse" d'Allociné :

 

En revanche, une mobilisation, d'un petit nombre d'internautes mais très laudateurs, a eu lieu pour que la note attribuée par les "Critiques spectateurs" soit très élevée :

 

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« UN DE CES FILMS QUE PERSONNE NE VOIT AU CINÉMA »

28 Mars 2017, 10:59am

Publié par Mister Arkadin

Et si, somme toute, il y avait plus de cinéma dans Le Bloc (Gallimard, « Série noire »), le roman de Jérôme Leroy dont Lucas Belvaux s’est inspiré pour son film Chez nous :

p.25 : Tu n’auras rien choisi, en fait. As-tu le souvenir d’avoir pris une décision par toi-même ? D’avoir une seule fois vraiment dit oui ou vraiment dit non. D’avoir été autre chose que l’Ulysse de ta propre vie ? Et encore, un Ulysse sans Ithaque, seulement fasciné par les aléas du voyage. Pour un facho, toi qui aurais dû t’identifier au Triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl, tu as plutôt l’impression de ressembler au Petit Soldat de Godard. D’ailleurs, le cinéma allemand, nazi ou pas, t’a toujours profondément ennuyé. Tu as toujours préféré la nouvelle vague et la comédie italienne.

p.44 : Tu as peut-être perdu conscience cinq ou six minutes, mais pas davantage, si tu en crois ta montre. Tu es toujours dans la même position, assis sur un canapé club devant le grand écran plat qui a renoncé un instant à diffuser ses images anxiogènes d’émeutes raciales pour les remplacer par des flashs de sport. Et c’est un match qui oppose entre elles des basketteuses sud-coréennes sur lequel tu tombes. Elles ont des moues concentrées dans l’effort et les cheveux graphiques asiatiques, vaguement sado-maso-bondage, que tu as appréciés, sois honnête, à une certaine période de ta vie.

p.47 : Tu tombais de surcroît à une bien mauvaise époque. C’était la mode de Rosemary’s Baby, de L’Exorciste et autres fantaisies cinématographiques satanistes qui remplissaient les salles obscures. Polanski et Friedkin furent sans doute pour beaucoup dans la façon dont votre vieille bonne t’interdisait de toucher aux tiroirs de la cuisine renfermant des couteaux et te préparait elle-même, d’un air craintif, ton goûter quand tu rentrais de l’école, puis du collège.

p.56 : Don’t Play that Song d’Adriano Celentano passait sur le juke-box. Septembre, comme souvent à Rouen, était très chaud. La Roumaine avait mis ses lunettes de soleil. Elles changèrent son visage mobile de musaraigne surdouée en celui d’une créature qui rappelait davantage les femmes fatales des films noirs que tu consommais sans modération à l’Ariel, le cinéma d’art et d’essai de la fac, à Mont-Saint-Aignan.

- Tu veux coucher avec moi ? J’ai une chambre, rue des Minimes. A deux pas.
Tu fus un peu surpris. Un peu mais en même temps tu savais que ce genre de chose allait bien finir par arriver. Tu étais encore puceau à vrai dire. Tu fus tenté d’en rajouter, de faire le malin, l’affranchi, de lui demander si ce n’était pas son côté maso, genre Portier de nuit, qui la rendait si rapide avec toi. Mais la perspective de passer enfin cette étape indispensable avec cette petite brune aux cheveux longs te fit sagement te taire.

p.117 : […] tu veux la voir en contre-plongée, tu veux le mouvement de ses cheveux noirs, chignon noir défait lui rendant un visage encore plus jeune, dans le clair-obscur de la chambre, ses cuisses enserrant ton bassin et se reflétant dans les miroirs de la chambre qui a l’ameublement d’un baisodrome pour call-girl de l’époque pompidolienne, genre Creezy de Félicien Marceau, avec une moquette épaisse, en laine vierge, des poufs orange et ces fauteuils poire où vous aimez baiser parce qu’ils prennent la forme de vos étreintes.

p.128-130 : Tu zappes, machinalement. L’alcool te chauffe les tempes. On passe Masculin-Féminin de Godard sur une chaîne cinéma du câble. Tu vas revoir Catherine-Isabelle Duport. Tu prends cela comme un heureux présage, en cette nuit pleine d’incertitudes.
Tu te souviens d’avoir emmené Stanko voir ce film dans un cinéma de Rennes, pendant que vous étiez à Coëtquidan. Il était autant intimidé par les potes avec lesquels tu allais voir cette rétrospective que par le cinéaste et sa réputation "intello". Stanko ne s’avalait que des blockbusters ou des séries Z gore. D’ailleurs, dans la salle à côté, cette année-là, on devait jouer un Romero, peut-être bien La Nuit des morts-vivants 2 et tu as deviné chez ce gamin, qui avait quelques années et beaucoup de diplômes en moins que vous, qu’il avait comme un regret à rentrer dans la salle obscure sous les regards de Chantal Goya, de Jean-Pierre Léaud et surtout de cette actrice disparue des écrans depuis, Catherine-Isabelle Duport.
Catherine-Isabelle Duport, c’était pour elle que tu avais vu ce film de Godard une bonne demi-douzaine de fois. […]

p.161-162 : […] n’importe quel Chinois de Belleville, qu’on avait connu rasant les murs et baissant les yeux pendant des années, maintenant, il se promenait en prenant des poses à la Chow Yun-fat dans les John Woo de la bonne période, la première.
Le nombre de fois, avec Antoine, qu’on a pu se faire des après-midis, chez lui rue La Boétie ou chez moi rue Brézin, portables fermés, à se regarder à la chaîne des VSH pourries de The Killer, d’Une balle dans la tête ou du Syndicat du crime I et II. Dans les rares bons moments de ma vie, dans ce top ten des meilleurs passages de notre vie sur terre que Dieu, s’il existe, doit te laisser te repasser en boucle pour l’éternité, et c’est ce qu’à mon avis on appelle le Paradis, il y a aura ces grandes heures de glande avec Antoine, ces moments volés, à vider des bières et à regarder Tequila sortir un bébé d’un hôpital investi par la maffia en tenant le chiard d’une main et le flingue de l’autre.
- Cette violence-là, elle est tellement stylisée, elle est tellement chorégraphique, disait Antoine, on n’arrive pas à y croire.
Je lui aurais bien dit que c’était quand même de la violence, que nous-mêmes nous étions des hommes violents et que cela ne changeait rien à l’affaire que le spectateur y croie ou pas. Mais je n’étais pas certain d’avoir raison ou même de pouvoir lui expliquer clairement ce que j’aurais voulu dire alors je préférais gardes mes réflexions pour moi.

p.170-174 : Masculin-Féminin défile devant tes yeux. Au moins tu n’as plus le compteur de morts sur l’écran. (…)

P.188-189 : Charles Versini te serra la main. Il était chaleureux et respirait une certaine bonne santé, ce qui n’était pas fréquent chez les fachos. Cette soirée te le prouvait encore. Beaucoup des invités avaient un défaut physique ou un handicap. La gueule brûlée de Brou, mais aussi tel type qui louchait, tel autre qui boitait, un autre encore avec une main atrophiée. Ce n’était pas Freaks mais la proportion était tout de même plus élevée dans une soirée normale.

p.202-204 : Ils n’ont pas fait de difficulté, après que j’ai fait basculer un stadier par-dessus une rambarde, pour m’emmener dans leurs bagnoles pourries, direction un squat de Liévin.
- Tu seras bien avec nous, ont-ils dit pendant le retour alors que la bière coulait à flots. Tu vas défendre la race blanche et tu vas même faire du cinéma !
Sur le coup je n’ai pas compris. Jusqu’à ce que je rencontre le Docteur.
J’ai raconté le Docteur à Antoine. Les snuff au bord de la Lys ou dans des villas vides du Touquet, l’hiver. On ne tuait pas, sauf la fois où Paslovski a pété les plombs. […]

p.218-219 : Brou t’accueillait. Étranger Brou, te disais-tu. Tu te souvenais de son appartement au petit matin et tu avais vaguement pensé, surtout avec l’affiche de recrutement pour la LVF qui participait de l’atmosphère, à cette scène des Damnés de Visconti quand les SA, après une nuit d’orgie, vont se faire massacrer par les SS au petit matin.

p.219 : « Toi qui aimes tant les bistrots, cette espèce en voie de disparition, aujourd’hui remplacée par des bars à thèmes pour bobos et par des brasseries franchisées pour cadres moyens, tu sais que même ceux qui survivent n’ont plus les mêmes bruits ni les mêmes odeurs. On n’entend plus les flippers, on ne sent plus la cigarette, il n’y a plus d’œufs durs sur le comptoir. Tu trouves même, parfois, que les voix, toutes les voix, n’ont plus la même tonalité, le même grain, et tu te demandes si tu ne vas pas te mettre un film de Sautet sur le lecteur de DVD pour vérifier cette impression. Les meilleures scènes de bistrot du cinéma français…

p.220 : Masculin-Féminin, se termine, Jean-Pierre Léaud est mort stupidement, les filles vont continuer à vivre et la chaîne câblée annonce qu’elle va passer une comédie pour trentenaires, jouée par des trentenaires pour des trentenaires, se passant exclusivement entre deux appartements de trentenaires dans un arrondissement de trentenaires. Un de ces films comme on en ait cinquante ou soixante par an, un de ces films que personne ne voit au cinéma. Tu te dis : comme de toute façon le monde de la culture hurlera à la mort quand vous entrerez au gouvernement, autant vous faire plaisir, épurer la commission d’avance sur recettes et en finir avec des merdes.

p.230 : Peu à peu, sous l’égide de Versini, tu te retrouvas à donner des conférences pour les membres du Bloc-Jeunesse, qui parfois étaient plus vieux que toi, sur des sujets aussi divers que l’autorité, les racines grecques de l’Occident, la pensée de la Tradition chez René Guénon, la lutte des classes chez Marx, mais aussi des choses plus amusantes : les romanciers hussards, Nimier, Laurent, Déon, Blondin, et la droite littéraire en général. Mieux encore, tu te livrais à des lectures politiques des films de Michel Audiard que tu visionnais grâce à ces engins, énormes et fascinants, qui venaient d’arriver sur le marché, les magnétoscopes.

p.234 : Maitron fut surpris : il regardait un porno sur un de ces fameux magnétoscopes. On aurait dit que la machine occupait la moitié du studio qui sentait une odeur sui generis plus abjecte que ce tu pourrais sentir plus tard à l’armée.
Maitron se branlait, le pantalon au bas des jambes. Elles étaient belles, les forces nouvelles !
Maitron se leva et évidemment tomba.
On ne frappe pas un homme à terre sauf quand il s’appelle Maitron.

 

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"WHICH (BASTILLE) DAY ?"

19 Juillet 2016, 23:31pm

Publié par Mister Arkadin

Comme annoncé par plusieurs journaux, notamment Le Figaro et Le Parisien, Bastille Day, contrairement à Moi, Olga, a été retiré de l'affiche, « à la demande du distributeur », ainsi qu'on peut le constater en ce mercredi 20 juillet au matin :

 

Cependant, si la décision aurait été prise dès la fin de la semaine dernière, ce film sur une attaque terroriste visant Paris était bel et bien encore visible le mardi 19 juin dans quelques-unes des 237 salles qui l'avaient intialement programmé :

Ce sera donc l'occasion de revenir sur la manière dont les États-Unis, et leurs affidés frenchis, entendent modeler les représentations en la matière.

 

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