Mister Arkadin

"LA REVUE FONDÉE PAR ANDRÉ BAZIN"

30 Septembre 2008, 10:33am

Publié par Mister Arkadin


"On ne prête qu'aux riches", d'après le dicton. Est-il vraiment besoin d'attribuer à un personnage dont l'importance pour la critique cinématographique française est constamment rappelée par la tribu (tous les mois dans les "Cahiers" cette année) des mérites qui reviennent à d'autres, contribuant ainsi à rejeter ces derniers dans les oubliettes de l'histoire ? Essayez donc de trouver sur Internet des photos de Lo Duca, Jacques Doniol-Valcroz et Léonide Keigel, les fondateurs des "Cahiers du cinéma". Après une demi-heure de vaine recherche, vous vous rabattrez comme je viens le faire sur la couverture d'une revue confidentielle consacrée au premier, dont j'ai parlé ici, et sur une affiche d'un film du second.
Soyons honnête : j'aurais pu scanner la photo des cinq rédacteurs des Cahiers du cinéma publiés aujourd'hui en page 39 de Libération. "Les rédacteurs des Cahiers en 1987", légende approximativement le journal, alors qu'il s'agissait d'une réunion, autour de son directeur, d'anciens de la revue (Toubiana et Daney, Doniol-Valcroze, Rohmer, Narboni). Tout est d'ailleurs approximatif, écrit plus rapidement encore qu'un blog et d'intérêt on ne peut plus limité dans cette double page de "Gros plan sur les Cahiers du cinéma", "la revue fondée par André Bazin". Article à l'image de ce canard moribond.

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DES GOÛTS ET DES COUVERTURES DE "POSITIF"

29 Septembre 2008, 14:09pm

Publié par Mister Arkadin

Be Happy en couverture. Positif demeure la meilleure revue française de cinéma. Mais Dieu qu'elle a des choix de couverture étranges ! Qui donc a décidé de mettre en vedette un film aussi faiblard ? Comme c'est loin d'être la première fois que je tombe des nues en découvrant le nouveau numéro de Positif, je commence une liste de ses couvertures qui me semblent incompréhensibles tant est important le décalage entre la qualité de cette revue et la médiocrité des films qui sont fréquemment choisis pour illustrer la devanture - ne sont "poingtés du doigt" que les films d'une grande médiocrité, et pas seulement les films passablement médiocres :
- n°663, mai 2016 : Les Habitants
- n°656, octobre 2015 : Belles Familles
- n°652, juin 2015 : L'Ombre des femmes
- n°650, avril 2015 : A trois, on y va
- n°649, mars 2015 : Inherent Vice
- n°647, janvier 2015 : The Foxcatcher
- n°646, décembre 2014 : Timbuktu
- n°638, avril 2014 : Aimer, boire et chanter
http://calindex.eu/COUVERTURES/POS/POS638.JPG
- n°636, février 2014 : Ida
- n°633, novembre 2013 : La Vénus à la fourrure
- n°632, octobre 2013 : La Vie d'Adèle, Chapitres 1 et 2
-n°628, juin 2013 : Before Midnight [classé ici de façon parfaitement arbitraire, puisque aller voir un film de ou avec Julie Delpy est devenu au-dessus de mes forces]
- n°626, mai 2013 :The Grandmaster
- n°625, mars 2013 : A la merveille
- n°623, décembre 2012 : The Master
- n°622, décembre 2012 : Les Bêtes du Sud sauvage
- n°619, septembre 2012 : A perdre la raison
- n°615, mai 2012 : Vous n'avez encore rien vu
- n°614, avril 2012 : Two Days in New-York
- n°613, mars 2012 : Les Adieux à la reine
- n°610, décembre 2011 : Shame
- n°608, octobre 2011 : We need to talk about Kevin (avec en petit bonus, ci-dessous, une autre jolie photo de Tilda Swinton)
http://www.palestineposterproject.org/sites/aod/files/imagecache/poster_images_full/vogue_swinton_pppa.jpghttp://calindex.eu/COUVERTURES/POS/POS608.JPG
- n°605-606, juillet-août 2011 : Claude Chabrol
- n°599, janvier 2011 : Au-delà
- n°596, octobre 2010 : Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu
- n°590, avril 2010 : Green Zone
- n°589, mars 2010 : Le Guerrier silencieux
- n°586, décembre 2009 : Les Chats persansPOS586.JPG
- n°585, novembre 2009 : Les Herbes folles
n°579, mai 2009 : Étreintes brisées
- n°575, janvier 2009 : Che
- 571, septembre 2008 : Be Happy

- 568, juin 2008 : Diary of the Dead
- 564, février 2008 : Sweeny Todd
- 562, décembre 2007 : La Graine et le mulet
- 556, juin 2007 : Une vieille maîtresse


- H.S., mai 2007 : Elephant
- 555, mai 2007 : Still Life
- 553, mars 2007 : Angel
- 549, novembre 2006 : Coeur
- 548, octobre 2006 : Bamako
- 539, janvier 2006 : Madame Henderson présente

- 535, septembre 2005 : Gabrielle
- 530, avril 2005 : Million Dollar Baby
- 520, juin 2004 : Ladykillers
- 515, janvier 2004 : Uzak
- 514, décembre 2003 : In the Cut
- 512, octobre 2003 : Mystic River
- 511, septembre 2003 : Twentynine Palms
- 507, mai 2003 : Bon voyage
- 496, juin 2002 : Hollywood Ending
- 488, octobre 2001 : La Chambre des officiers
- 470, avril 2000 : A tombeau ouvert
- 451, septembre 1998 : A vendre
- 433, mars 1997 : Larry Flint
- 428, octobre 1996 : Breaking the Waves
- 420, février 1996 : Par-delà les nuages
- 411, mai 1995 : Rangoon
- 399, mai 1994 : Le Grand saut
- 381, novembre 1992 : La Chasse aux papillons
- 375-376, mai 1992 : The Party
- 370, décembre 1991 : The Adjuster
- 362, avril 1991 : Un ange à ma table
- 351, mai 1990 : Chasseur blanc, coeur noir
- 349, mars 1990 : Oublier Palerme
- 285, novembre 1984 : Amadeus
- 84, mai 1967 : Blow-up
- 42, novembre 1961 : Viridiana

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L'UNIVERS DE RESNAIS

27 Septembre 2008, 23:07pm

Publié par Mister Arkadin

En début d'année, plusieurs institutions du cinéma se sont passé le mot pour rendre hommage à Alain Resnais. Ne partageant pas l'admiration sans bornes que suscite dans les milieux cinéphiles français ce bon cinéaste (auteur d'excellents films comme Smoking / No Smoking, mais aussi de quelques cornichoneries), je n'en ai guère profité pour revoir mon jugement sur son œuvre. Il m'a cependant semblé que le meilleur hommage à Resnais était Mon univers impitoyable, le film de Léa Fazer sorti en salles le 13 février et en DVD aujourd'hui. Le procédé consistant à montrer les conséquences diverses de tel ou tel choix professionnel dans la vie d'un couple fait irrésistiblement penser à Mon oncle d'Amérique. Les démonstrations du professeur Laborit ont été remplacées par les leçons de Julie Ferrier, cela a plus de charme et cela permet que la dissertation sur déterminisme et liberté soit un peu moins agaçante. Du coup, le film se hisse au rang d'un honnête Resnais : moyen, mais pas déplaisant.



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LOUELLA INTERIM

26 Septembre 2008, 23:12pm

Publié par Mister Arkadin

Nombre de cinéphiles ont sans doute longtemps pensé que Louella Interim était un pseudonyme collectif, utilisé par les rédacteurs du service « Cinéma » de Libération, à l’instar de l’Albert Bolduc de Positif. C’est hélas la mort, survenue il y une dizaine de jours, de Marc Raynal qui, pour ma part, m’a détrompé. C’est dire si je connaissais peu ce critique, que j’avais souvent lu avec plaisir et auquel deux de ses collègues ont consacré le bel article que je reproduis ci-dessous.


« Louella n’est plus là, mort d’un journaliste artiste », par Gérard Lefort et Olivier Séguret, Libération, jeudi 18 septembre 2008 :

«Elle était en vie d’une façon très spéciale, ça ne relève pas du sens commun». C’est ainsi qu’une amie de longue date de Marc Raynal commente sa mort, survenue hier matin à son domicile parisien. Marc Raynal ? C’est un nom qui aujourd’hui ne dit quelque chose qu’à sa famille ou ses intimes. Par contre les plus anciens lecteurs de Libération se souviennent des articles signés Louella Intérim (pour le cinéma), Maud Molyneux (pour la mode), Dora Forbes (pour la littérature). Or, Maud, Louella, Dora, c’était elle, c’était lui. Sous ces différents pseudonymes, Marc R. a vécu plusieurs vies.

Né en 1947 dans une famille de haute bourgeoisie, il mène des études de bon élève à l’Ecole alsacienne. Après il suit un cursus de lettres à la Sorbonne jusqu’à l’agrégation, qu’il rate, recalé par la question : «Qu’est-ce que le décadentisme ?» Un comble, le jeune homme développant une extravagance morale et vestimentaire qui cite aussi bien Des Esseintes que les excentriques anglais. Une condisciple se souvient : «Nous nous promenions de la fac à la Cinémathèque. Sinon, c’était le séminaire de Lacan ou celui de Barthes.» Une sorte de situation de jeune rentier sans rentes. En faisant très attention de ne pas travailler.

Les années gauchistes battent le pavé parisien, et Marc en sera au sein du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR), créé en 1971, entre autres par Guy Hocquenghem. Il s’y radicalise dans le groupe dissident des Gazolines, qui prône que «le maquillage est une manière de vivre». Une ambiance folle, matérialisée par quelques actions publiques «outrageantes» (attaques au sac à main, attentats au talon aiguille). Le FHAR explose, les Gazolines aussi. Marc lorgne alors vers la mode. En compagnie de la jeune Adeline André, devenue depuis fameuse créatrice de haute couture. Adeline s’étonne de «ce jeune érudit timide» qui s’intéresse à des futilités : «Ça l’amusait…»

C’est l’époque où les Halles sont encore un trou, hanté par des tribus interlopes de marginaux envapés. Parmi les lieux de ralliement, la boutique Kiruna Melba où Adeline André place ses premiers modèles. Suite aux chaleurs exceptionnelles de l’été 1976, elle conçoit une ligne Canicule dont Marc devient un des emblèmes, arborant un costume en tissu madras qu’il étrenne lors d’un entretien avec Bernard-Henri Lévy, paru dans le magazine Façade. Le début du papier ressemblait à quelque chose comme : «Au petit matin je rentrais en Solex du mariage de Loulou de La Falaise et Thadée Klossowski pour interviewer le "nouveau" philosophe Bernard-Henri Lévy…»Maggie Moon, évocation de Marilyn Monroe par Jean-Louis Jorge, ou acteur de cinéma dans Tam Tam (1976) d’Adolfo Arrieta. Voilà Marc journaliste pour une journée. Mais il est aussi, en 1975, sur la scène du cinéma Olympic (période Frédéric Mitterrand) dans Maggie Moon, évocation de Marilyn Monroe par Jean-Louis Jorge, ou acteur de cinéma dans Tam Tam (1976) d’Adolfo Arrieta.

C’est dans les pages de Libération qu’il va bientôt exercer le meilleur de lui-même. Introduit par quelques amis (Michel Cressole, Jean-François Briane…), Marc devient un pilier des pages Télé : Louella Intérim est née. Louella comme Louella Parson, fameuse commère d’Hollywood, Intérim car le débutant n’imaginait pas que sa collaboration excéderait quelques piges. Pour de nombreux cinéphiles elle devient la référence, fiable et impertinente, sur l’âge d’or du cinéma hollywoodien et ses monstres sacrés. «Le jour où Marlène Dietrich disparaîtra, disait-elle, il ne faudrait pas écrire de nécrologie, mais distribuer Libé enroulé dans un morceau de voile en crêpe noir». Spécialiste des trésors de cinémathèques, elle fut aussi le défenseur ardent du cinéma moderne, qu’elle s’y impliquât physiquement (comme chez Arrieta ou Virginie Thévenet) ou intellectuellement (mémorables passes d’armes contre Télérama qui avait eu l’affront de démolir le Francisca de Manoel de Oliveira : «Aux lions les chrétiens!», écrivit Louella). A Cannes en 1983, à propos de l’Homme blesséLibération ne peuvent pas aller dans les soirées mondaines sans un châle jeté sur les épaules. L’idée cette fois fut retenue… de Patrice Chéreau, Louella propose d’interviewer un gigolo ; l’idée hélas n’est pas retenue. Elle estime que les journalistes de Libération ne peuvent pas aller dans les soirées mondaines sans un châle jeté sur les épaules. L’idée cette fois fut retenue…

Cette rédactrice férue d’imparfait du subjonctif, crack en orthographe et passionnelle du point-virgule, allait endosser d’autres pseudonymes, toujours à tiroirs. Dora Forbes pour parler des écrivains avec une prédilection affirmée pour Evelyn Waugh, dont l’humour au vitriol ne lui était pas étranger. Maud Molyneux, enfin, lorsqu’elle écrivait sur la mode, dans Libé, Harper’s Bazaar ou Joyce, lorsqu’elle signait les costumes des films de Pascal Thomas ou lorsqu’elle rédigeait l’intégralité du seul fanzine radical chic que la couture ait connu, les Carnets d’Angeline de Monturban von Schnupp und Taxis. Là aussi, de «pétro-brocards» en «forte envie de plisser», le style flambe.

Le dernier article de Louella dans Libération fut une nécrologie de Bette Davis, écrite au crayon à papier et dictée à un secrétaire de rédaction car Louella, adepte des vieilles Remington, ne voulait pas entendre parler d’ordinateur. Un personnage sorti de la Recherche du temps perdu, un aristocrate proustien merveilleusement bien élevé, né pour l’art des salons et dont les articles eux-mêmes, tout en longues périodes («J’ai fait une phrase d’un feuillet et demi !» l’entendit-on s’amuser un jour), faisaient écho au narrateur de la Recherche, dont elle était évidemment une grande amatrice.

Son trouble des identités parachevait idéalement un trouble identitaire. Un jour très garçon, barbu, portant jean serré, catogan et chemise imprimée, sosie troublant de John Lennon. Le lendemain en minijupe noire, cuissardes et chignon. Et toujours la Gauloise sans filtre au coin des lèvres. Il parlait de lui au masculin et se faisait appeler au féminin, quelques fois l’inverse. Louella, La Maud, Marc, Dora, comme on voudra. Un être féroce et raffiné qui, à l’instar d’un Brummel, avait fait de sa vie une œuvre d’art.

 

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RENÉ CLEMENT BIENTÔT A LA CINÉMATHÈQUE ?

25 Septembre 2008, 23:07pm

Publié par Mister Arkadin

J’ai trop souvent moqué le dogmatisme de Jean-François Rauger (par exemple ici) pour ne pas saluer, un fois n’est pas coutume, des jugements un peu moins prévisibles que d’habitude, dans sa chronique « Les Films de la semaine » du supplément TV du Monde, baromètre quasi infaillible du "cinéphiliquement correct" parisien. Le week-end dernier, il a fortement conseillé Plein soleil (trois carrés), de René Clément, cinéaste mineur aux yeux des cinéphiles nouvelle-vaguiens, et déconseillé Les Incorruptibles (un carré), de Brian De Palma, enfant chéri du « Triangle des Bermudes » critique. À quand un grande rétrospective Clément à la Cinémathèque ?!

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CINÉMA ET RADIO : SEMAINE DU 27 SEPTEMBRE 2008

25 Septembre 2008, 11:10am

Publié par Mister Arkadin

Rattrapage :

« C’est arrivé demain » (Dominique Souchier), Europe 1, dimanche 14 septembre 2008, de 09h00 à 10h00 : Agnès Jaoui (actrice et réalisatrice), pour son film Parlez-moi de la pluie

« Le fou du roi » (Stéphane Bern), France Inter, lundi 15 septembre 2008, de 11h05 à 12h30 : Agnès Jaoui (actrice et réalisatrice) et Pascale Arbillot (actrice), pour leur film Parlez-moi de la pluie

« Le fou du roi » (Stéphane Bern), France Inter, vendredi 19 septembre 2008, de 11h05 à 12h30 : Anthony Delon (acteur), pour son livre Le premier maillon (Éditions Michel Lafon)

« Le fou du roi » (Stéphane Bern), France Inter, lundi 22 septembre 2008, de 11h05 à 12h30 : Gérard Jugnot et Nora Arnezeder, pour le film Faubourg 36

« Un jour sur la toile » (Hélène Chevallier), France Inter, lundi 22 septembre 2008, de 18h45 à 18h50 : « Le film de Michael Moore sur le Net », que j’ai déjà rapidement évoqué hier

« Le débat du jour » (Jean-François Cadet), RFI, mercredi 24 septembre 2008 : « Entre les murs, un film dangereux ? », avec Véronique Bouzou (auteur de L'école dans les griffes du 7ème art et du blog L'école dans les griffes du 7ème art) et Claude Lelievre (historien de l'éducation, professeur à l’université Paris V, auteur de Politiques scolaires mises en examen, ESF éditions)

« Minuit-Dix » (Aude Lavigne), France Culture, mercredi 24 septembre 2008, de 00h10 à 01h00 : « Films d’animation japonais », avec Jean Pierre Pagliano (commissaire de l’exposition Mondes et Merveilles du dessin animé, Grimault, Takahata, Miyazaki à l’Abbaye de Fontevraud)

« Les Matins » (Ali Badou), France Culture, mercredi 24 septembre 2008, de 7h00 à 9h05 : Laurent Cantet (cinéaste) et Robin Camillo (scénariste) pour leur film Entre les murs

« Esprit critique » (Vincent Josse), France Inter, mercredi 24 septembre 2008, de 9h10 à 9h35 : Laurent Cantet (cinéaste) pour son film Entre les murs

« Médialogues » (Alain Maillard et Martine Galland), Radio Suisse Romande (RSR), mercredi 24 septembre 2008, de 9h30 à 10h00 : « Paroles de lycées », à l’occasion de la sortie du film Entre les murs (chronique « Le Buzz », « Bourdonnement autour d'une information qui repose principalement sur le bouche à oreille »)

« La tête dans les étoiles » (Laurent Boyer), RTL, mercredi 24 septembre 2008, de 14h30 à 16h00 : Gérard Jugnot (acteur), pour le film Faubourg 36

« Rendez-vous » (Laurent Goumarre), France Culture, mercredi 24 septembre 2008, de 19h15 à 20h00 : Entre les murs, avec les deux productrices du film Caroline Benjo, Carole Scotta et l'écrivain comédien François Bégaudeau ; chronique de Jean-Marc Lalanne sur le film Faubourg 36

« Minuit-Dix » (Aude Lavigne), France Culture, jeudi 25 septembre 2008, de 00h10 à 01h00 : Retour sur le film California Dreamin’ (chronique Home cinéma)

« Médiagora » (Claude Carrez), RCF, vendredi 26 septembre 2008, de 21h00 à 21h55 – Rediffusion le dimanche à 3h00 : Laurent Cantet (cinéaste) pour son film Entre les murs

 


Émissions radiophoniques sur le cinéma de la semaine à venir :

« Vos plus belles années » (Patrick Sébastien), RTL, samedi 27 septembre 2008, de 11h30 à 12h30 : Clovis Cornillac

« 42ème rue » (Laurent Valière), France Musique, dimanche 28 septembre 2008, de 12h00 à 13h00 : Hommage à Cyd Charisse

« La tête dans les étoiles » (Laurent Boyer), RTL, mardi 30 septembre 2008, de 14h30 à 16h00 : Josiane Balasko (actrice et réalisatrice), pour son film Cliente

« La tête dans les étoiles » (Laurent Boyer), RTL, vendredi 2 octobre 2008, de 14h30 à 16h00 : Anthony Delon (acteur), pour son livre Le premier maillon (Éditions Michel Lafon)

« Nonobstant » (Yves Calvi), France Inter, vendredi 2 octobre septembre 2008, de 17h05 à 18h00 : Serge Toubiana (directeur de la Cinémathèque française)

 


Rediffusions :

« Mardis du cinéma » (Jean Daive, 3 novembre 1987), France Culture (« Nuits »), nuit du samedi 27 au dimanche 28 septembre 2008, de 3h00 à 4h35 : Dashiell Hammet

« Mardis du cinéma » (Thierry Grillet, 3 janvier 1989), France Culture (« Nuits »), nuit du dimanche 28 au lundi 29 septembre 2008, de 1h00 à 2h35 : Lino Ventura

 


Rappels :

- Grille des émissions de radio spécifiquement consacrées au cinéma (la grille de la saison 2008-2009 est en cours de préparation)

- Liste des invités des émissions de radio d’information sur le site "Zapping du paf".

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MM

24 Septembre 2008, 09:45am

Publié par Mister Arkadin

Pas de Marilyn Monroe dans ce billet, bien qu'on ait annoncé récemment la découverte de rushs inédits sur le tournage de je ne sais plus lequel de ses films. MM pour l'aussi gracieux Michael Moore, dont le dernier documentaire, Slacker Uprising, est disponible gratuitement sur le site blip.tv depuis hier (pour les personnes déclarant résider aux U.S.A. ou au Canada). L'homme a le chic de susciter bien des inimitiés et aversions. Il a un génie de la communication (dont il témoigne de nouveau par cette annonce !) qui en agace plus d'un, mais il demeure, quoi qu'on en dise, l'un des cinéastes les plus talentueux de sa génération. A voir, donc.
(rendons aux Inrockuptibles le peu qu'on leur doit : c'est dans leur n°667, p.11, du 9 septembre 2008, que j'ai trouvé cette info).

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LES FEMMES DE L’OMBRE

22 Septembre 2008, 23:10pm

Publié par Mister Arkadin

Les Femmes de l’ombre, grosse production d’Éric Névé réalisée par Jean-Paul Salomé sur des françaises employées dans la Résistance par les services secrets anglais, est sorti en DVD au début du mois. Le film avait bénéficié d’une grosse campagne médiatique au moment de sa sortie en salles, à la hauteur de son sujet et de son casting (Sophie Marceau, Marie Gillain, Julie Depardieu), et d’un coup de pouce de TF1, qui, en invitant Sophie Marceau dans le même journal que Jean-Marie Le Pen, provoqua le courroux de la première, si scandalisée qu’on n’ait pas songé qu’elle ne pourrait respirer le même air que le second qu’elle quitta les loges sans passer par le plateau. Incarnant la Résistance, elle ne pouvait figurer dans le même JT que celui qui incarne probablement à ses yeux la Collaboration. Ce n’est pas le lieu d’examiner si Jean-Marie Le Pen aurait plus de titres que Sophie Marceau pour se réclamer de la Résistance (son engagement effectif à la fin de la guerre semblant n’avoir consisté qu’en une impulsion de très jeune homme désireux de rejoindre un maquis pour bouter le boche hors de France, sans grande conséquence) ; il pourrait toutefois difficilement en avoir moins que l’actrice, qui n’en a rigoureusement aucun. Quand bien même Jean-Marie Le Pen serait assimilé au régime collaborateur honni de Vichy et même si Sophie Marceau était adepte de la méthode Stanislavski, elle devrait savoir que jouer un rôle peut nécessiter de s’identifier à son personnage, d’essayer de se mettre dans le même état psychologique (et parfois physique) que lui, en aucun cas de s’imaginer a posteriori avoir réellement vécu les mêmes choses ! A-t-elle demandé à ce que toute chaîne recevant Jean-Marie Le Pen ne diffuse plus les films où elle apparaît, de peur d’être compromise par une telle proximité, que tout organe de presse où il est question du FN cesse illico de parler d’elle, etc. ? Cette façon de se la jouer, alors qu’on ne risque strictement rien et qu’il y a au contraire tout à gagner à se poser en courageux combattant de "la-bête-immonde-qui-revient", cette manière de sembler ne célébrer la Résistance que pour suggérer qu’on en aurait forcément fait partie soi-même (tel le complice sinon collabo au col Mao Sollers) est si indécente que cela m’aurait plutôt incité à boycotter le film, de même que l’affiche, qui fait craindre le pire.

Une chose m’a finalement convaincu d’aller voir le film. La présence au scénario de Laurent Vachaud, l’un des rédacteurs de Positif que j’aimais le plus (il y a écrit régulièrement de 1987 à 1999, plus épisodiquement depuis ; voir la liste de ses articles dans l’index Calenge). Il y aurait à ce propos un relevé statistique à faire pour vérifier que les rédacteurs des Cahiers du cinéma sont plutôt devenus des cinéastes et ceux de Positif des écrivains ou des scénaristes (Vitoux, Vassé, etc.), ce qui est l’idée que l’on se fait à vue de nez, malgré quelques exceptions (par exemple Benayoun et Carrère, ce dernier étant finalement devenu cinéaste après avoir été longuement écrivain et scénariste, activités qu’il exerce toujours). C’est en tout cas peu dire que Laurent Vachaud me paraît être un meilleur critique que scénariste. Car si le film se suit plutôt agréablement, il n’arrive pas à la cheville de Black Book, chef d’œuvre de Paul Verhoeven sur la même période, sorti quelques mois auparavant. Je n’ai guère plus envie de me procurer le DVD que je ne l’aie pour La Graine et le mulet, dont j’ai parlé hier. Je me contenterai donc de deux remarques supplémentaires.

La première, à la faveur du film, est que le méchant, un officier nazi, est particulièrement réussi et bien interprété par Moritz Bleibtreu. Cela ne saurait suffire à sauver le film, malgré le théorème d’Hitchcock, mais lui permet de ne pas être complètement raté. La deuxième, en sa défaveur cette fois, est l’image des femmes que véhicule ce film. Je sens que les adeptes des "gender studies", une Geneviève Sellier par exemple, vont s’en donner à cœur joie, à juste titre en l’occurrence, pour vitupérer un film où, paradoxalement vu qu’il est censé célébrer le courage des femmes, leur mérite au moins égal à celui des hommes, elles sont constamment passives (l’une d’elle ne s’engage d’ailleurs que contrainte), aux ordres d’hommes qui les manipulent éhontément, n’ayant jamais aucune décision personnelle à prendre, découvrant leurs missions au fur et à mesure, quand on ne leur a pas menti sur les tenants et aboutissants de celles-ci et sur les suites qui en seraient données. Peut-être était-ce le cas dans la réalité. Le film ne semble cependant pas avoir été conçu pour dénoncer, sinon très très implicitement, le machisme d’alors. Et il contient suffisamment d’invraisemblances, comme ont dû en convenir d’authentiques résistantes interrogées à la sortie du film (par exemple Lise Graf dans Le Figaro du 5 mars 2008, page 28), pour en inventer quelques-unes de plus qui permettraient à nos vaillantes "femmes de l’ombre" d’en sortir sans être constamment chaperonnées par un mâle. Une seule fait, in extremis, preuve d’initiative, le personnage de Sophie Marceau allant toute pimpette exécuter un officier allemand sur un quai de gare peu après s’être fait torturée et s’être pris moult coups de pompes dans le ventre alors qu’elle était enceinte. Assurément, nous avions sous-évalué les capacités de Résistance de la môme Marceau !

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KÉCHICHE, ROI DU NATURALISME POISSEUX À LA FRANÇAISE

21 Septembre 2008, 23:03pm

Publié par Mister Arkadin

J’avais annoncé, dans mon billet du 16 mai 2008, que je reviendrais sur La Graine et le mulet. La sortie du film en DVD pourrait me permettre de tenir parole. Sauf que je ne me vois pas sortir le moindre euro de ma poche pour l’acquérir, d’autant que je ne suis pas sûr que je serais plus capable chez moi qu’en salle d’en regarder plus d’une demi-heure. Je me contenterai donc de deux remarques, jusqu’au jour où j’aurai le courage de m’imposer la vision du Kéchiche jusqu’à la fameuse danse du ventre finale (mes rubriques « Érotisme et cinéma » et « Tous les prétextes sont bons » montrent qu’il faut vraiment que le film m’ait gravement barbé pour que je ne sois pas resté jusqu’à un tel dénouement – cela m’était déjà arrivé pour Basic Instinct 2, que j’ai quitté avant même que Sharon Stone dévoile un bout de sa poitrine admirablement ferme).

Quelques critiques ont été rebutés par une conversation de groupe qui tourne, pendant une dizaine de minutes qui en paraissent cinquante, autour des couches culottes (et de leur prix, si mes souvenirs sont bons). Pourquoi pas, après tout ? Pourquoi l’art s’interdirait-il de prendre pour objet les sujets les plus triviaux ? Ce qui m’avait épaté, c’est l’absence totale d’humour de la séquence (et de toutes les autres du reste). Dix minutes de discussion entre quatre ou cinq personnes au sujet de couches culottes sans une seule blague, sans qu’un seul des protagonistes ne disent quoi que soit pour dérider un peu les autres, sans que Kéchiche arrive à se déprendre de l’esprit de sérieux qui semble désormais constamment l’habiter.

Quelques procédés stylistiques procèdent du même naturalisme poisseux teinté de misérabilisme. N’en décrivons rapidement qu’un seul. Au début du film, peu après s’être embrouillé avec son patron, le personnage principal du film, un vieil ouvrier maghrébin, va voir une femme. Si je me souviens bien (cette précaution devrait être prise après chaque mot que j’écris sur ce film, tant il n’a laissé que des traces évanescentes dans mon esprit), il n’a pas la tête à la bagatelle. Un dialogue s’instaure plus ou moins entre eux. Champ contre champ classique. Sauf que, cela me paraît si gros que je l’écris sous réserve (bien que j’en sois presque sûr), les plans de la femme ne sont pas filmés de la même façon que ceux du bonhomme. La perception de l’accablement de celui-ci, déjà largement signifié par le jeu de l’acteur, son dos voûté, ses mines atterrées, son mutisme ostentatoire, est rendue plus évidente encore par le changement de manière de filmer entre les plans de l’homme et ceux de la femme. Je ne saurais dire quel procédé technique a été employé, mais je mettrais ma main à couper que l’image a été trafiquée pour que les premiers soient très moches, granuleux, et les seconds plus claires, plus "propres".

Peu de temps auparavant, ou juste après, j’avais vu Je suis une légende, film en bien des points remarquables, mais dont m’avaient gêné quelques procédés de mise en scène un peu lourdauds, en particulier les effets sonores assourdissants qui accompagnent la fermeture de toutes les portes et fenêtres de son appartement par Will Smith à la tombée de la nuit. Je me suis dit qu’il était dommage de gâcher ce qui aurait pu être un grand film par ce genre de facilité. Dans le cas de Kéchiche, le procédé est un peu plus discret, mais il a été employé avec une intention similaire, forcer la perception du spectateur, induire en lui une émotion que les metteurs en scène ont pensé ne pas être capables de susciter seulement grâce à la force de la situation, de sa mise en place et du jeu des acteurs. Un effet supplémentaire leur a semblé nécessaire. Dès lors, si la morale est affaire de travelling, Kéchiche nous a appris qu’elle pouvait aussi être affaire de grain de l’image.

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MASOCHISME SCÉNARISTIQUE

20 Septembre 2008, 23:07pm

Publié par Mister Arkadin

« […] les scénaristes et comédiens ne se sont pas écrits les personnages les plus reluisants. », écrit Christophe Carrère à propos de Parle-moi avec la pluie et de leurs auteurs, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri (L’Express, 18 septembre 2008, supplément « Styles », p.55). C’est le moins qu’on puisse dire ! Cela se remarque plus particulièrement en ce qui concerne le rôle de looser complet que s’est attribué Jean-Pierre Bacri, par contraste avec le rôle en or qu’ils ont écrit pour Jamel Debbouze. Il n’est pas une séquence du film où leur confrontation ne tourne à l’avantage du second, qui a toujours le mot juste, qui fait preuve de tous les talents, de toutes les audaces, qui est lucide et délicat, alors que Bacri joue un lourdaud gaffeur, stupide, pleutre et incapable. « Deux godelureaux veulent consacrer un reportage à l’héroïne. Il faut voir le travail. Ils sont en retard, ils oublient la pellicule, leur voiture tombe en panne » (Éric Neuhoff, Le Figaro, « Le cinéma et vous », 17 septembre 2009, p.28). Pourquoi ce pluriel ? « Il » oublie la pellicule, « il » se gare mal et retrouve sa voiture dans le fossé, « il » pose des questions égocentrées, « il » oublie de filmer alors que son comparse pose les questions les plus pertinentes et percutantes, « il » fait perdre son temps à tout le monde, « il » prétend avoir un contrat alors qu’il n’en est rien, « il » prétend rendre service à des amis en filmant le baptême de leur fille alors qu’ « il » cachetonne misérablement à cause de sa nullité, « il » filme le mauvais bébé, etc., etc. Bacri s’est écrit un rôle de tocard absolu, qui permet en comparaison à Jamel Debbouze de se la couler douce dans le rôle du mec brillant et impeccable, qui ne souffre que de ne pas être reconnu comme il le devrait et de la discrimination pépère dont sa mère et lui sont les victimes quasi consentantes. Bizarre masochisme scénaristique, que je ne me souviens pas avoir rencontré à ce point dans un autre film.

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