Mister Arkadin

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"LIBRE JOURNAL DU CINÉMA", 2 JUILLET 2020 : "LA BERGÈRE ET LE RAMONEUR"

6 Juillet 2020, 15:52pm

Publié par Mister Arkadin

Au "Libre journal du cinéma" du 2 juillet 2020 a été présenté par Sébastien Roffat (historien du cinéma d’animation, directeur de collection chez L’Harmattan ; déjà venu présenter ses travaux au "Libre journal du cinéma" du 8 juin 2017), son livre La Bergère et le ramoneur. Chronique d’un désastre annoncé (Éditions L’Harmattan, juin 2020).

 

Sébastien Roffat a brièvement évoqué en fin d’émission le Festival du film d’animation d’Annecy, en particulier le film Physique de la tristesse (du réalisateur bulgare Theodore Ushev).

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Illustrations sonores, choisies par Sébastien Roffat :

- musique de Joseph Kosma pour le générique de La Bergère et le ramoneur (disparu du Roi et l'Oiseau) ;

- chanson L'Âne le roi et moi, de Jacques Prévert et Joseph Kosma, conservée dans le Roi et l'oiseau

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Une séance de dédicace de La Bergère et le ramoneur. Chronique d’un désastre annoncé aura lieu au SKB (Social Kitchen Bar, 6 place Jacques Froment, 75018 Paris - Métro ligne 13 Guy Môquet ou ligne 12 Lamarck Caulaincourt / Bus 95 arrêt place Jacques Froment) le lundi 6 juillet 2020 à 18h, l’ouvrage pouvant être acquis à un prix exceptionnel uniquement valable à cette occasion.

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LJC DU 14 MARS 2019 : ACTUALITÉ DES FILMS ; MAURICE MARIAUD

14 Mars 2019, 21:38pm

Publié par Mister Arkadin

 

Les invités du "Libre journal du Cinéma" (LJC) du jeudi 14 mars 2019, que j’ai dirigé (émission préenregistrée), étaient Anne Brassié (journaliste et écrivain), pour évoquer l’actualité des films, et Frédéric Monnier (libraire et chercheur en histoire du cinéma), à l’occasion de la sortie de son livre Maurice Mariaud. Itinéraire d’un cinéaste des Buttes-Chaumont au Portugal (1912-1929) (préface de François Albera, Éditions de l’Afrhc) [1].

Parmi les films récents ont été conseillés :

- Le Mystère Harry Pick, de Rémi Besançon ;

- Green Book, de Peter Farrely ;

- La Chute de l’Empire américain, de Denys Arcand.

ainsi que la série Il Miracolo (diffusée début 2019 sur Arte).

Ont été déconseillés les suivants :

- Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ?, de Philippe Chauveron ;

- La Dernière Folie de Claire Darling, de Julie Bertuccelli.

Les participants se sont abstenus de voir et ont invité leurs auditeurs à faire de même :

- Grâce à Dieu, de François Ozon.

Ont été également évoqués le coffret DVD Gaumont Le Cinéma premier (volume II : « L’école des Buttes Chaumont »), le documentaire Syrie. Du chaos à l’espérance (présenté à la Catho de Lyon le 20 mars 2019) et le dernier livre de Philippe d’Hugues Viva Cinecitta ! (préface de Jean Tulard, Éditions de Fallois).

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Note :

[1] Livre disponible à la bibliothèque de la Cinémathèque française (Paris, Bercy) et à la librairie Monnier (rue de Rome, Paris).

 

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À QUI LE TOUR ? S’IL SUFFIT DE "FORCES SUR LE STADE" !

1 Avril 2015, 23:27pm

Publié par Mister Arkadin

Quoique rétif aux pétitions, il m’arrive d’en signer, tous les deux ou trois ans.

Bien qu’alerté très rapidement par la dynamique association des Amis de Maurice Ravel et bien que la cause m’ait d’emblée paru bonne, c’est avec deux semaines de retard que je me suis décidé à signer la pétition « Non à la calomnie sur le compositeur Henri Dutilleux ! Pour l'apposition d'une plaque commémorative à l'endroit de son ancienne résidence sur l'Ile Saint-Louis ».

Je renvoie au volumineux dossier constitué sur le blog de l’association susmentionnée mes lecteurs qui n’auraient pas entendu parler des poux que la très érudite municipalité du IV° arrondissement est allé chercher dans la chevelure du grand compositeur.

Le point le plus notable à ce propos, sur un blog de cinéma, est que l’unique reproche fait à Dutilleux quant à ses activités pendant l’Occupation est d’avoir composé la musique de Forces sur le stade, un court métrage réalisé en 1942 sur commande du Commissariat Général à l’Éducation Générale et aux Sports (dépendant de l’État français, plus communément appelé Vichy, ou le régime de Pétain).

Un journaliste du Monde s’est fendu d’une analyse de ce film.

S’il n’y a que ça, on n’a pas fini de débaptiser des rues, des théâtres, de cesser de jouer des pièces, tant tant d’autres ont fait bien pire, à commencer par Guitry, Sartre, Beauvoir, Cocteau, etc., pour s’en tenir à des personnalités s’en étant extrêmement bien sortis à la Libération et d’autres pas trop mal.

Pourrions-nous encore célébrer comme figure titulaire de la critique cinématographique le fondateur de La Revue du cinéma, Jean George Auriol, qui se trouve avoir aussi été le scénariste de Forces sur le stade (ainsi que d’avoir, plus compromettant, pas mal écrit dans Ciné-Mondial, journal contrôlé par les Nazis) ?

Cette affaire confirme en tout cas que plus on s’éloigne de l’Occupation, moins la pulsion épuratrice se refroidit et plus elle doit trouver de nouveaux objets sur lesquels s’exercer.

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Parallèlement, notons :

- qu’après Alexis Carrel, c’est un autre de nos prix Nobel de médecine qui doit être éjecté de la mémoire nationale, Charles Richet (cf. « Charles Richet, jugé "raciste", ne donnera plus son nom à un hôpital du Val-d'Oise »). Va-t-on vider de leurs postes tous les petits copains de sa promotion que notre cher Président a placés un peu partout sous prétexte qu’elle prit le nom de Voltaire (qui n’était pas le dernier à s’y connaître en matière de racisme, d’islamophobie et d’antisémitisme) ?

- que l’inauguration d’une rue Commandant Denoix de Saint Marc, par Robert Ménard (discours du 14 mars 2015), en lieu et place d’une rue du 19 mars 1962, a fait pousser de hauts cris.

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Compléments :

- Le lendemain de la rédaction de ce billet, je recevais deux courriels annonçant que la Mairie de Paris avait finalement décidé, le 2 avril en fin d'après-midi, qu'une plaque en l'honneur de Dutilleux serait bien installée. Comme quoi, je mésestime mon influence, indéniable, n'est-ce pas ? (j'en entends qui seraient capables de prétendre que ce revirement est plutôt dû aux dizaines de protestations que la décision initiale a provoquées : pfff...)

- Dutilleux et le petit remplacement : « Je suis de ceux qui ne se sont pas encore remis de l’attitude du ministre de la Culture de l’époque, Aurélie Filippetti, assistant en grande pompe aux funérailles de Georges Moustaki, en 2013, tandis que se déroulaient sans aucune présence officielle, au même moment, celles d’Henri Dutilleux. C’est une date essentielle de l’histoire de la culture dans notre pays, donc de l’histoire de France : celle où la musiquette a remplacé la musique comme référence officielle ; celle où l’industrie culturelle s’est substituée à la culture, le show-bizness à la magique étude, le divertissement (et je n’ai strictement rien contre Georges Moustaki) au grand art » (Renaud Camus, « La gloire d'Henri Dutilleux », "Boulevard Voltaire") ; point de vue que la programmation musicale sur France Culture durant la grand grêve de mars-avril 2015 rendent on ne peut plus pertinents.

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"ANNALES DU CINÉMA FRANÇAIS. LES VOIES DU SILENCE 1895-1959"

22 Décembre 2013, 00:39am

Publié par Mister Arkadin

Le 13 mai dernier, j'annonçais que serait bientôt publiée, dans Livr'Arbitres (n°11, printemps 2013, p.8-9), une note de lecture sur le prodigieux ouvrage que Pierre Lherminier a publié il y a un an. Elle l'a été en juin dernier ; la voici ci-dessous.

Pour des étrennes, il s'agit assurément du suprême cadeau à faire à un ami cinéphile !


Pierre Lherminier, Annales du cinéma français. Les voies du silence 1895-1929, Paris, Nouveau Monde Éditions, 2012.

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À moins d’être adepte du sadomasochisme, il n’est guère d’occasion d’être saisi simultanément par une intense jubilation et par une légère sensation d’humiliation. C’est pourtant le délicieux alliage de sentiments qu’ont probablement connu tous les chercheurs en histoire en découvrant le monument érigé en l’honneur du cinéma français par Pierre Lherminier. Encore n’a-t-il pour l’instant paru que le premier tome, consacré à la période du Muet : 1136 pages bien tassées, merveilleusement illustrées et éditées (mention spéciale pour l’index thématique, denrée aussi rare que stimulante), dont on ne peut écrire qu’elles frôleraient la perfection, car elles y parviennent ! Aucun soupçon de remplissage, comme dans tant de "beaux livres", domaine dans lequel le cinéma n’est pas avare, hélas plus souvent pour le pire que pour le meilleur, y compris quand ils sont signés de noms réputés, dont on devine assez vite que la préoccupation principale est de faire fructifier leur entregent médiatique (par exemple Olivier Barrot dans son récent Tout feu tout flamme. Une traversée du cinéma français, hors de prix vu qu’il ne coûte que deux fois moins cher, pour cent fois moins de matière, et de bien moindre qualité). Pas de paresseuse compilation non plus, à la manière d’un Jean-Luc Douin (pour une série de dictionnaires : de la censure, du désir au cinéma, etc.). Non, de la jubilation pour des années de lecture et de contemplation, vous dis-je ! Mais pourquoi ai-je ajouté que l’ouvrage serait aussi quelque peu humiliant ? Qu’un homme seul, certes le plus grand éditeur de cinéma qu’ait jamais compté la France, ait pu réaliser un tel tour de force, une somme qui, à n’en point douter, fera encore date dans cinquante ans, sans qu’aucun spécialiste de toutes les abondantes questions dont il traite n’y trouve quasiment la moindre scorie, ne peut que vous faire vous sentir ignorant et velléitaire en comparaison… Vivement la suite !


PS : Le 28 mars 2009, j'avais émis quelques petites réserves sur un aspect mineur d'un précédent livre de Pierre Lherminier, au sujet de Delluc, Vuillermoz et des débuts de la critique de cinéma en France. Les Annales du cinéma français n'entretiennent plus aucune ambiguïté sur la question, puisque y est reproduite, sous le titre « Naissance de la critique cinématographique » (pages, 572-573), la chronique d'Émile Vuillermoz parue dans Le Temps du 23 novembre 1916, avec, dans le chapeau, la présentation suivante : « cette chronique d'Émile Vuillermoz peut être considérée comme le texte fondateur de la critique cinématographique dans la presse française ».

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CONTRE-HISTOIRE DU CINÉMA A LA RADIO

30 Août 2012, 23:05pm

Publié par Mister Arkadin

Je donne le détail, dans ma rubrique « Radio et cinéma », de la programmation d’une émission d’été sur France Inter qui se proposait de traiter de « quarante questions que vous vous êtes toujours posé sur l’histoire du cinéma ». Suivant, d’une certaine manière, le sillon tracé par le regretté Francis Lacassin, il s’agit d’une sorte de "contre-histoire" du cinéma, expression d’autant plus appropriée que la conclusion de l’émission « Comment faire aujourd’hui l’histoire du cinéma ? » fut qu’il n’y aurait plus vraiment d’historien du cinéma (dixit Thierry Jousse ; les responsables de l’AFRHC auront apprécié !)

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Si l’idée de formuler ainsi des questions décalées séduit quand on la découvre, on a tôt fait de se rendre compte en essayant qu’il n’y a rien de plus simple. En voici donc quarante six pour l’année prochaine, les premières qui me sont venues immédiatement à l’esprit (que messieurs Bou et Thoret ne s’offusquent pas si je prends souvent délibérément le contre-pied de leurs propres questions) :

  1. comment peut-on être nolano-finchien ?
  2. y a-t-il un moins bon film d’Orson Welles ? (variantes : d’Hitchcock ? de Chaplin ? de Tarantino ? de Kubrick ? etc.)
  3. le cinéma porno survivra-t-il encore longtemps à l’heure d’Internet ?
  4. pourquoi faut-il aimer les teenage movies ?
  5. François Truffaut est-il bien le digne disciple de François Vinneuil ?
  6. certains cinéastes se conforment-ils aux discours tenus sur eux par la critique pour accroître leur réputation ?
  7. rester dans une salle pour regarder un film qui vous fait mourir d’ennui est-il bien raisonnable ?
  8. de quoi Lévy est-il le nom ? (variante : de quoi M’Bala M’Bala est-il le nom ?)
  9. sommes-nous tous des girls-next-door ?
  10. les films de Manoel de Oliveira doivent-ils toujours aller plus lentement ?
  11. la comédie américaine est-elle de droite ou de gauche ?
  12. après la prostitution, l’ordre moral socialiste interdira-t-il la pornographie ?
  13. regarde-t-on encore un film dans les salles projetant en numérique ?
  14. si Charlot s'était transformé en Stolin (ou en Stalone...) et non en Hynkel, les USA auraient-ils attaqué l'URSS et non l'Allemagne ?
  15. Marilyn Monroe a-t-elle été à l’abri des appareils photographiques un seul instant de sa vie ?
  16. doit-on trouver intriguant que les critiques de Charlie-Hebdo et de Rivarol écrivent souvent à peu près la même chose (exemple : Prometheus) [C1] ?
  17. Hitchcock était-il vraiment méprisé par la critique avant les Cahiers du cinéma ?
  18. les images sont-elles plus coupables au temps de James Holmes qu’elles ne l’étaient au temps de la bande à Bonnot ?
  19. l’histoire du cinéma est-elle un éternel recommencement ?
  20. la 3D sera-t-elle de nouveau un feu de paille ?
  21. le spectateur et le critique revivent-ils, avec le passage à la 3D, ce que vécurent les contemporains du passage au Parlant ?
  22. les critiques de cinéma ont-ils jamais servi ?
  23. que signifie que les critiques de cinéma pourraient "servir" ?
  24. le cinéma de festival est-il un genre comme les autres ?
  25. y a-t-il des cinéastes dont les films gagnent à être entendus à la radio, alors que d’autres y perdent [terribles extraits de L'Effrontée dans une récente émission de RTL !] ?
  26. à quoi reconnaît-on un film indien (à part que ses acteurs sont indiens…) ?
  27. comment le cinéma fabrique-t-il ses succès ?
  28. pourquoi peut-on espérer qu’aucune adaptation du Voyage au bout de la nuit n’aboutira jamais ?
  29. comment s’est produit le miracle du cinéma taïwanais des années 1980-1990 ?
  30. si Jamel Debbouze réalise un film, y fera-t-il jouer celui qu'il désigna comme le meilleur des comiques français ou invitera-t-il plutôt l'ancien partenaire de celui-ci à venir déblatérer contre lui (ou Debbouze n'a-t-il plus besoin de ce genre de petites bassesses pour gravir les échelons, contrairement aux kaïras arrivistes ?)
  31. comment la critique a-t-elle pu passer à côté de Blood and Bones ?
  32. à quoi servent les déportés au cinéma ?
  33. pourquoi certaines bandes annonces dispensent-elles de voir le film qu’elles sont censées encourager à aller voir ?
  34. Tarantino, historien du cinéma ?
  35. Inglorious Basterd est-il un film révisionniste ?
  36. la manière de reconnaître un film porno proposée par Umberto Eco s'applique-t-elle aux films d'Antonioni ?
  37. Van Damm : et si Buster Keaton avait eu la parole ?
  38. Fatty Arbuckle a-t-il été victime d’un complot ourdi par ses rivaux Chaplin et Keaton ?
  39. le QI de Jane Mansfield était-il supérieur à celui de Marilyn Monroe ?
  40. le cinéma peut-il aider à prendre la décision de divorcer ? (variante : le cinéma peut-il aider à prendre la décision d’assassiner ses enfants, ses parents ou ses voisins ?)
  41. et si les coupes effectuées par les producteurs derrière le dos des réalisateurs avaient du bon ? (n’y voir aucune allusion à Ciboulette ou à Laurence Anyways)
  42. pourquoi les sélections et palmarès du festival de Cannes énervent-ils tant les grincheux ?
  43. voit-on mieux le cadre à la télévision ou au cinéma ?
  44. quelqu’un d’autre que les critiques a-t-il le temps de regarder les boni de DVD ?

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45. reste-t-il quelques gogos pour penser que Clint Eastwood serait devenu Démocrate et "Humaniste" ?

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46. Hollywood finira-t-il par réaliser quelques films sur Hiroshima et Nagasaki, ou sur la Nakba ?

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Compléments :

[C1] (30 mars 2013) ou plus récemment sur Cloud Atlas.

[C2] (.................Monde des livres.............)

 

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EXTENSION DU DOMAINE "JUDÉOCENTRIQUE"

17 Juin 2012, 23:02pm

Publié par Mister Arkadin

Le "Passek", qu'il est inutile de présenter aux cinéphiles, a fait l'objet d'une profonde refonte, passant de 758 pages en 1991 à 1120 pages dans la « nouvelle édition entièrement mise à jour » de septembre 2011 (le format des deux éditions étant identique).

http://www.cultura.com/ressources/products/1/3/1/3/7/9/1238954.jpg

Avant d'y revenir un peu plus en détails, en me focalisant sur mon champ de recherche privilégié, notons une extension du "judéocentrisme" dans le domaine du cinéma, pour reprendre le terme utilisé par Éric Conan et Henry Rousso à propos de « la place démesurée prise par la question du souvenir de Vichy et de la Shoah, devenus, notamment auprès de la deuxième et de la troisième générations après la guerre, un élément constitutif de l'identité juive ». Ainsi, en plus de corriger la date de naissance de Bardèche, aurait-il pu être précisé que, lors de la rédaction de leur Histoire du cinéma, Maurice Bardèche et Robert Brasillach étaient respectivement les critiques cinématographiques de 1935 et de La Revue universelle (information plus pertinente que le journal dans lequel le second était critique littéraire) - de la même manière qu'il a été ajouté, dans la notice sur Pierre Bost, que ce dernier a également été critique de cinéma -, ou que l'ouvrage de MB-RB a fait l'objet de deux autres éditions. Il a été plutôt choisi, à son propos, de remplacer le bout de phrase « contestable sur bien des points mais toujours passionné (et passionnant) » par le suivant : « contestable sur bien des points – en particulier par un antisémitisme virulent appliqué au monde du cinéma – ».Pour-vous-I---22.11.28--3---Pierre-Bost.jpg

Qu'il ait été jugé nécessaire de rappeler le caractère antisémite d'une partie de l'ouvrage n' a rien d'extravagant, quoiqu'il aurait pu être précisé que c'est surtout vrai d'ajouts faits à la seconde édition (1), publiée sous l'Occupation. Il est en revanche bien dans le ton d'une époque marquée par la couardise quasi généralisée qu'il ait paru indécent de reconnaître que des auteurs antisémites avaient pu aussi écrire une œuvre toujours passionnée et passionnante.

http://blog.rc.free.fr/blog_divers/cv%20pmh%20-%20histoire%20du%20cinema%20de%20maurice%20bardeche%20et%20robert%20brasillach%20-%20tome%20I%20le%20cinema%20muet.jpg

Je reproduis ci-dessous les deux notices sur Maurice Bardèche et Robert Brasillach, parues l'une dans le Dictionnaire du Cinéma (dir. Jean Loup Passek, assisté de Michel Ciment, Claude Michel Cluny et Jean-Pierre Frouard, Paris, Larousse, octobre 1991, p.49, par Dominique Rabourdin), l'autre dans le Dictionnaire mondial du Cinéma (coord.réd. Christian Viviani [autres membres du comité de rédaction : Michel Baptiste, Jean A. Gili, Lucien Logette, Daniel Sauvaget], Paris, Larousse, septembre 2011, p.87, notice revue, et dépourvue de signature).

- Version de 1991 :

Bardèche (Maurice), écrivain français (Dun-sur-Auron 1909) et Brasillach (Robert), journaliste et romancier français (Perpignan 1909 – Fort de Montrouge 1945). Robert Brasillach est le critique littéraire en titre de l’Action française quand il publie en 1935, avec son beau-frère Maurice Bardèche, une Histoire du cinéma (chez Denoël), rééditée, avec de nombreuses additions et modifications, en 1943, 1948 et 1953. Le plus grand mérite de ce livre, de grande audience à l’époque, contestable sur bien des points mais toujours passionné (et passionnant), est d’être l’un des tout premiers à avoir une ambition aussi universelle. Lors de la première publication de leur ouvrage, les deux auteurs avaient tout juste vingt-six ans. D.R. [Dominique Rabourdin]

http://www.images-chapitre.com/ima1/original/439/25912439_8214336.jpg

- Version de 2011 :

Bardèche (Maurice), écrivain français (Dun-sur-Auron 1908 – Canet-Plage 1998) et Brasillach (Robert), journaliste et romancier français (Perpignan 1909 – Fort de Montrouge 1945). Robert Brasillach est le critique littéraire en titre de l’Action française quand il publie en 1935, avec son beau-frère Maurice Bardèche, une Histoire du cinéma (chez Denoël), rééditée, avec de nombreuses additions et modifications, en 1943, 1948 et 1953. Le plus grand mérite de ce livre, de grande audience à l’époque, contestable sur bien des points – en particulier par un antisémitisme virulent appliqué au monde du cinéma – est d’être l’un des tout premiers à avoir une ambition aussi universelle. Lors de la première publication de leur ouvrage, les deux auteurs avaient tout juste vingt-six ans.


Note :

(1) François Albera, dans un article paru dans la revue CiNéMAS (vol. 21, n°2-3, « Des procédures historiographiques en cinéma », printemps 2011, p.55) parle « du Bardèche et Brasillach de 1935 et de l'infâme réédition de 1943 », ce qui sous-entend que celle de 1935 ne l'est pas ("infâme").


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Complément :

15 août 2012 : dans les "archives" en ligne de Larousse, l'édition 2001 est disponible. Mais c'est la notice de 2011 qui figure sur le site (page 115) en ce qui concerne Bardèche/Brasillach.

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