Mister Arkadin

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OUBLIÉS ET MÉCONNUS DE LA CRITIQUE (2), (3) et (4)

20 Novembre 2016, 20:58pm

Publié par Mister Arkadin

Alors que paraît le quatrième volet de ma série "Oubliés de la critique", dans le n°49 de la Lettre du Syndicat français de la critique, je me rends compte qu'autant j'avais déjà annoncé le premier, autant je ne l'avais pas fait pour les deuxième et troisième.

Voici un récapitulatif d'ensemble :

- « Histoire de la critique : Oubliés et méconnus (1) » (Marc Allégret, Roger Blin, André Cayatte, Maurice Cloche, André Daven, Henri Decoin, Henri Diamant-Berger, Maurice Diamant-Berger, Carlo Rim, Charles Spaak, Charles Trenet), Lettre du SFCC (Syndicat de la critique de cinéma), n°46, mai 2015, p.22-23.

- « Histoire de la critique : Oubliés et méconnus (2) : "Dynasties" » ("pères et oncles de" : Miguel Almereyda, Louis Aurenche, Henri Clouzot, Albert Pigasse, René Tavernier, Jean des Vallières, Pierre-Gilles Veber, Pierre Vitoux), Lettre du SFCC (Syndicat de la critique de cinéma), n°47, novembre 2015, p.12-13.

- « Histoire de la critique : Oubliés et méconnus (3) : "L’entre-deux-guerres" » (André Beucler, Albert Bonneau, Benjamin Crémieux, Francis de Croisset, Daniel-Rops, Joseph Delteil, Jean Dorsenne, Michel Georges-Michel, Philippe Hériat, Gérard d’Houville, Francis de Miomandre, Jean Paulhan, René Thevenin, Jean Variot, Léon Werth), Lettre du SFCC (Syndicat de la critique de cinéma), n°48, mai 2016, p.22-23.

- « Histoire de la critique : Oubliés et méconnus (4) : "Figures féminines" » (Céline Arnauld, Germaine Decaris, Germaine Dulac, Eva Élie, Eve Francis, Françoise Giroud et Françoise Holbane, Musidora, Odette Pannetier, France Roche, Robert Spa), Lettre du SFCC (Syndicat de la critique de cinéma), n°49, novembre 2016, p.12-13.

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ALEXANDRE, DE ROBERT A LUCIEN

26 Août 2016, 12:23pm

Publié par Mister Arkadin

Cela décoiffe, de voir ainsi un "facho délirant" affiché en vedette et bien exposé par un kiosque du centre de Paris.

En vedette aussi, car en Une du dernier numéro du "mensuel de l'actualité littéraire" Service littéraire.

L'auteur du compte rendu sur le "Dossier Rebatet" paru en "Bouquins" à la fin de l'année dernière n'est autre que l'écrivain et cinéaste Alexandre Astruc, dont il constitue le dernier article. 

Le dernier publié, en tout cas, car l'ultime aurait dû être une préface à une histoire du cinéma dont Philippe d'Hugues et moi préparons la réédition. Il y travaillait, mais n'a pu l'achever.

Vu que l'un de ses premiers titres de gloire est d'avoir publié l'un des plus honnêtes compte rendu du procès Brasillach dans Combat, cela aurait constitué une manière de boucler la boucle en beauté !

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Sur Astruc, on pourra réécouter l'hommage que lui a rendu Philippe d'Hugues dans son "Libre journal du cinéma" du 9 juin 2016.

("Service Littéraire", 97, juillet-août 2016, en kiosque)

("Service Littéraire", 97, juillet-août 2016, en kiosque)

("Service Littéraire", 97, juillet-août 2016, en kiosque - bis)

("Service Littéraire", 97, juillet-août 2016, en kiosque - bis)

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MOUSSINAC, "LA VICTOIRE", LE BOLCHÉVISME ET L'AEAR

14 Avril 2015, 14:27pm

Publié par Mister Arkadin

Avec quelques semaines de retard sur le cinquantième anniversaire de la disparition de Léon Moussinac, journaliste et écrivain, pionnier de la critique cinématographique et intellectuel communiste, il n'est que temps de signaler que celle-ci a donné lieu à des publications d'importance.

Pas la peine d'attirer l'attention sur les plus "grosses", que tout cinéphile aura aisément repérées. Mentionnons plutôt le très riche opuscule du chercheur et éditeur Jean-Paul Morel Léon Moussinac à la tête de la "section Cinéma" de l’A.E.A.R. : écartelé entre le militant et le critique (Paris, Éditions Ex Nihilo, 4ème trimestre 2014, 56 p.). On y appréciera, entre autres, la reproduction d'une publication tombée dans l'oubli, les Feuillets du cinéma.

(Jean-Paul Morel)

J'apporte ma modeste contribution à cet hommage en reproduisant deux documents supplémentaires :

- un amusant compte rendu d'une soirée au Vieux-Colombier (Paris-Soir, 7 janvier 1932, p.2), où l'on voit que Léon Moussinac était aussi courtois qu'un Michel Onfray (pour prendre un exemple tiré de l'actualité)

- une critique parue dans le quotidien de Gustave Hervé, La Victoire (25 avril 1921, p.2), qui peut paraître surprenante vu que ce fut l'occasion de voir le nom de Moussinac, bientôt critique de Clarté et de L'Humanité, associé au slogan choc "Le bolchévisme intoxique la classe ouvrière"

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L'ANTI-CRITIQUE ?

3 Février 2015, 09:59am

Publié par Mister Arkadin

Afin de ne pas paraître me désolidariser de mes petits camarades du LJC, j'ai publié une ébauche de liste de mes films préférés de 2014 le 24 janvier, au sein du script de la dernière émission de Philippe d'Hugues. C'était déjà plus tardif que l'année dernière. Pour autant, une autre liste suivra, plus détaillée et, sinon définitive, plus complète, le temps que je "rattrape" quelques films présents sur les listes d'amis ou de revues.

Je me disais par exemple que Leviathan ne manquerait pas de figurer dans ma propre liste une fois ce film vu. Que nenni : comme "arnaque de l'année", peut-être...

Me reste à voir (idéalement environ 500 films, mais passons) : Sils Maria, Mateo Falcone et Eau argentée, Syrie autoportrait. Me restait à voir, plutôt, car, surprise, je me suis laissé convaincre de tenter une nouvelle fois ma chance avec Dumont, en regardant son P'tit Quinquin. Ce n'est pas le souvenir d'un gros dossier des Cahiers qui me pousse à essayer de me dépendre de mon aversion ordinaire pour son cinéma, mais la dernière chronique de Ludovic Maubreuil dans la revue Éléments (n°154, janvier-mars 2015, p.13, « P'tit Quinqui, l'anti-Deschiens »), à propos de ce qu'il qualifie d' « alternative aux fictions françaises lisses et vertueuses comme aux productions américaines riches d'énigmes mais dénuées de mystère ». 

http://fr.web.img1.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/14/05/02/14/25/350435.jpgC'est à cela que l'on reconnait, je suppose, les critiques qui comptent pour vous : ceux dont la lecture peut, d'un côté, vous forcer à réviser votre jugement, à voir d'un autre œil les films ou les cinéastes pour lesquels vous n'avez guère d'estime, de l'autre vous fortifier dans votre opinion sur tel ou tel, au point que l'ingratitude vous pousserait presque à reprocher au critique en question de s'être montré bien plus apte que vous à traduire ce que vous ressentiez confusément (en ce qui concerne Maubreuil, je pourrais citer ses textes sur WiNY,  Confessions d'un dragueur ou encore les rapports entre médecine et cinéma).

Ajoutons que si Maubreuil s'est rapidement constitué un petit cercle d'admirateurs pour la finesse et la profondeur de ses analyses, elles ne furent pas dépourvues, les premières années, d'une recherche stylistique un peu trop prononcée - je forcerais énormément le trait en écrivant que ceci les rendait quelques fois à la limite de l'amphigourique, mais la lecture en était malaisée et cela risquait de rebuter. Ces derniers mois, ce critique hors pair a entrepris de dépouiller son écriture sans pour autant simplifier sa pensée. Dorénavant l'un des trois ou quatre critiques à suivre de plus près, assurément !

Je ne saurais trop encourager à lire tout aussi attentivement tout ce qui se publie, plus généralement, dans Éléments, dont le dernier numéro est passionnant de bout en bout. On n'y négligera pas toutes les si précieuses notes de lectures rédigées pour la plupart par Alain de Benoist, dans la rubrique "Cartouches". Cerise sur le gâteau, dans ce numéro, on relève une petite notation cinématographique (page 20, à propos du livre de Pierre Durand fourmillant d'informations, le Guide dissident de l'Allemagne et de l'Autriche) : « l'actrice Sybille Schmitz, grande figure du cinéma des années 1930, surtout connue pour son rôle dans Vampyr de Dreyer et le Titanic de 1943, "est enterrée dans l'Ostfriedhof de Munich, où sa tombe porte le n° 166-B-32" ! »

http://scontent-a-ams.xx.fbcdn.net/hphotos-xpa1/t31.0-8/s960x960/10861044_822592411130129_1267418795745690730_o.jpg

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KLÉBER HAEDENS, CRITIQUE DE CINÉMA ET DIRECTEUR DE REVUE

31 Décembre 2014, 23:20pm

Publié par Mister Arkadin

J’ai publié en octobre dernier, au sein d’un dossier de la revue littéraire Livr’Arbitres (n°15, automne 2014, p.17-19), deux textes sur le cinéma de ce dernier, précédé par une introduction, sous le titre « 1941-1944 : décadence et résurrection du cinéma, vues par Kléber Haedens ». Je reproduis le tout ci-dessous.

http://livr-arbitres.com/images/stories/couverture_pdf.jpg

Au sein du même dossier, devait paraître un article de Francis Bergeron sur la revue Le Magasin du spectacle, auquel je me réfère dans mon intro. Il a malencontreusement été omis. Je le reproduis par conséquent aussi ici.


 

KLÉBER AU SPECTACLE

 

par Francis Bergeron (1)

 

Le libraire Eric Fosse proposait à la vente, dans l’un de ses derniers catalogues, un lot de revues décrit comme suit :

(Haedens Kléber) Ensemble complet de la revue « Le Magasin du spectacle » fondée et dirigée par Kléber Haedens. R. Laffont Marseille 1946. 7 numéros parus comprenant les contributions de nombreux écrivains (Mohrt, des Forêts, Maulnier, Barjavel…). 7 volumes brochés In-8, très bel état. 140 € 

 

C’est une revue plutôt difficile à trouver, rarement citée, pas étudiée, et l’annonce était alléchante.  Dans son Salut à Kléber Haedens (Grasset, 1996),  Etienne de Montéty nous livre quelques informations sur ce Magasin du spectacle. Il rappelle que l’immédiat après-guerre avait été le temps béni des revues. On pense bien évidemment à La Table ronde ou Accent grave, côté « hussards », et aux Temps modernes, du côté opposé.  Montéty cite pour sa part, Idées et Fusées.

Pour attirer des écrivains, explique-t-il, Robert Laffont avait créé Le Magasin du spectacle.  La direction en fut confiée au jeune journaliste Kléber Haedens. Michel Mohrt y tenait une rubrique intitulée Lettre du Canada, Hugues Panassié traitait du jazz (sa spécialité) et de l’actualité phonographique, Kléber Haedens se réservait plutôt  la littérature, et le théâtre, aussi, car la revue avait une forte identité théâtrale. Chaque livraison s’ouvrait d’ailleurs sur la publication d’une pièce : Garcia Lorca dans le numéro 1 de la collection, la pièce de John Steinbeck, Des souris et des hommes, dans le numéro 2, une pièce d’Audiberti, Le Mal court, dans le numéro 4, Les Taureaux, opéra-bouffe d’Alexandre Arnoux, dans le numéro 5, une comédie-farce de Souhovo-Kobiline dans le numéro 6, et la pièce inédite d’Armand Salacrou, Les Nuits de la colère , dans le numéro 7.  Jean Vilar donne pour sa part une fort amusante et intéressante  « lettre familière au Directeur » dans le numéro 6 de la revue.

Robert Laffont publiait des amis tels Guillain de Bénouville (et son best-seller Le Sacrifice du matin),  Gilbert Cesbron (Chiens perdus sans colliers, un best-seller, lui aussi), Michel Déon, Jean Dutourd, Willy de Spens (auteur à relire, en particulier pour ses souvenirs, parus ultérieurement à la Table ronde), et Kléber Haedens se trouvait en terrain de connivence intellectuelle.

Sept numéros d’une revue, c’est insuffisant pour avoir une idée de ce qu’elle aurait pu être. C’est dommage, mais il semble qu’Haedens se soit rapidement lassé des vicissitudes de cette épuisante périodicité mensuelle, même si la maison Robert Laffont assurait l’intendance.  Dans la Nouvelle Revue de Paris, Willy de Spens a raconté que la collaboration d’Haedens aux éditions Robert Laffont et donc à la revue Le Magasin du spectacle cessa le jour où Haedens mit dans la boite à idées  installée dans les locaux de la maison d’édition un mot sur lequel il avait écrit simplement : « Laffont au poteau ! ». La facétie n’aurait pas été appréciée par l’éditeur. Anecdote peut-être inventée, et non vérifiable, en tout état de cause. Mais la pirouette est plausible de la part de ce « clochard du journalisme et de la littérature » des années cinquante, tel que le décrit Etienne de Montéty. Un moyen aussi de mettre un terme à l’épreuve que devait constituer pour lui la sortie mensuelle d’une revue de 160 pages, aux ambitions rédactionnelles fortes. A la discipline d’une direction de revue, Haedens préférait sans doute les stades de rugby, les bistros de la rue Vavin, et les diners d’amis, orchestrés par Caroline, son épouse.

Il n’empêche qu’au rayon somme toute assez réduit « Kléber Haedens » de sa bibliothèque (onze titres seulement !), il convient donc d’ajouter les sept volumes de ce Magasin du spectacle pour lesquels il sera conseillé de faire réaliser un bel emboitage vert et roses, de la couleur de l’élégant liseré de cette éphémère mais non négligeable revue.

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Note :

(1) Journaliste, essayiste, dernier ouvrage paru : Paul Chack, Editions Pardès, 2013.

http://mla-s2-p.mlstatic.com/le-magasin-du-spectacle-teatro-cine--5474-MLA4967907908_092013-F.jpg

 


 

1941-1944 : DÉCADENCE ET RÉSURRECTION DU CINÉMA, VUES PAR KLÉBER HAEDENS

 

Introduction de Pascal Manuel Heu


« Kléber Haedens était un géant, une force de la nature. Il aimait l'opéra, le rugby, le cassoulet que sa femme Caroline préparait à merveille et la littérature. Il a écrit une merveilleuse Histoire de la littérature française et des romans inoubliables » ; « un anar de droite qui croyait avant tout au rugby, à la tauromachie, aux amis, au vin et surtout à la littérature ». Jean d’Ormesson et Pierre Assouline oublièrent, quand il s’est agi de le défendre face aux Vigilantes de la Mémoire – tout indignés qu’un maire, celui de La Garenne-Colombes, s’ingéra à croire, voici six ans, qu’il fût possible de baptiser un collège du nom d’un grand écrivain français sans que celui-ci fût adoubé par les Ligues de Vertu – au moins l’une des dilections auxquelles Kléber Haedens s’adonna goulument : le cinéma.

 

Ô, certes, cet oubli n’a rien de pendable si l’on ne prenait en compte que ses articles parus de la Libération, dans le quotidien gaulliste L’Époque, aux années 1950, dans Paris-Presse L’Intransigeant, en passant par ceux qu’il donna à Samedi-Soir. Haedens y accomplissait sa besogne sans démériter, mais sans sembler faire preuve d’une passion démesurée pour le septième art. Pourtant, dès 1936, à vingt-trois ans, il avait rendu compte, dans Les Cahiers du Sud, de L’Histoire du cinéma de Bardèche et Brasillach. C’est toutefois pendant l’Occupation, sous le pseudonyme d’Henri Gérard, que son alacrité coutumière s’exerça le mieux en la matière, dans l’hebdomadaire Présent, dirigé à Lyon par Jean Mistler, ancien député et membre du Conseil national instauré par Vichy. Son dézingage d’une bonne partie de la production lui valut d’être rangé par les journaux corporatifs de cinéma comme l’un de ses jeunes critiques à surveiller de près, tant ils remettaient en cause les valeurs établies et bousculaient le conformisme ambiant dans la profession (1).

C’est sous son nom qu’il publia en Une du Figaro, le 23 avril 1941, la virulente admonestation du cinéma français qu’on lira plus loin. Le titre de cet article, « La décadence du cinéma », annonçait la couleur. C’est une mémorable volée de bois vert qui s’abattait sur les premiers films produits après l’Armistice. Cet article peut être considéré, a posteriori, comme le cri de révolte des jeunes cinéphiles contre la première cuvée vichyste. Que nous soyons nous-mêmes aujourd’hui non seulement plus indulgents pour La Fille du puisatier que pour le Chapeau de paille d’Italie de Maurice Cammage et Les Petits Riens d’Yves Mirande, mais que nous puissions même apprécier le film de Marcel Pagnol beaucoup plus que ne le fit Kléber Haedens ne change rien à l’affaire : ce n’est pas ce type de cinéma qu’appelait de ses vœux une nouvelle génération de critiques qui émergeait alors et qui rejoignit les toujours jeunes, mais expérimentés Georges Blond, Robert Brasillach, Georges Champeaux et autres François Vinneuil. Aussi exprimèrent-ils leur déception, leur « honte » écrit même Haedens, de façon autrement agressive que ne le faisaient leurs anciens, ces Nino Frank, Marcel Lapierre, Roger Régent, Carlo Rim ou Émile Vuillermoz qu’ils respectaient tout de même.

L’impertinent Kléber Haedens n’hésitait pas à donner en exemple des cinéastes partis exercer leurs talents à Hollywood, Jean Renoir et Julien Duvivier, et un cinéaste juif, Pierre Chenal, qui ne pouvait plus travailler et qui fut contraint de partir en Argentine l’année suivante. Si, dans le second texte que nous reproduisons ci-dessous, paru trois ans plus tard, Haedens omit ou ne put plus se permettre de mentionner Chenal (à moins que ce ne fût la direction du magazine qui mania les ciseaux), il récidivait à propos de Renoir et de Duvivier (en y ajoutant Clair), noms beaucoup moins en odeur de sainteté sous Vichy en avril 1944 qu’en 1941. Il persistait surtout, comme si de rien n’était, à donner en exemple le cinéma américain. Entretemps cependant, le cinéma français avait relevé la tête et nombre de films rompaient avec la moraline vichyste qui indisposait au plus haut point Haedens et ses camarades. Derrière les chefs de file Marcel Carné et Jean Cocteau s’affirmaient les surdoués Jacques Becker, Louis Daquin et Claude Autant-Lara, dont les révélations permettaient à Haedens de prédire un glorieux avenir au cinéma français.

Aussi est-ce sans surprise que l’on retrouve de nombreux articles sur le cinéma dans Le Magasin du spectacle, la revue présentée plus haut dans ce dossier (2). Y parurent à la fois une remarquable chronique de Jean Rougeul (se distinguent deux beaux textes sur les films de Renoir Partie de campagne et La Grande Illusion) et de fort riches études (3), sur des problèmes de technique (le premier article qui suit la présentation de la revue par Haedens dans le numéro 1 est une compilation de textes de Vsevolod Poudovkinefil sur le montage et le son ; suivra le relief vu par Louis Chevances, qui publie aussi un bilan sur la télévision dans le numéro 5), sur l’exploitation (le doublage, « Une Hérésie du Film Parlant » selon Charles Ford), sur des genres (le cinéma burlesque, par Jean Fayard), sur des acteurs et réalisateurs (Buster Keaton par Henriette Nizan, Max Linder par Ford et René Jeanne), sur des cinématographies (Henri Vignes sur le cinéma tamoul), sur la théorie du cinéma (extrait de l’ouvrage de Jean Epstein Le Cinéma du diable), sur l’enseignement du cinéma, enfin – c’est René Barjavel qui sent qu’ « un certain public ne se contente plus de voir, mais demande à savoir ». « Il serait bon d’aller au-devant de sa faim » et « il serait bon de donner faim à un public infiniment plus étendu », ajoute l’auteur de Cinéma total. Au sein d’une œuvre aussi protéiforme que celle de Kléber Haedens, ce petit aperçu montre que, même au sujet d’un art auquel il n’est pas spontanément identifié, il sut « donner faim » et satisfaire les gourmets !

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Notes :

(1) Je me permets sur ce point de renvoyer à l’entretien que j’ai donné à Livr’Arbitres sur un autre de ces "jeunes Turcs" de la critique sous l’Occupation : « Lucien Rebatet, critique de cinéma sous l’Occupation », Livr’Arbitres, n°3 (nouvelle série), juin 2010, p.39-44. Version longue en ligne : http://mister-arkadin.over-blog.fr/article-entretien-livr-arbitre-53341566.html.

(2) L’abondance des matières dans cette revue était telle (près de 1.200 pages pour 7 numéros !) que Francis Bergeron et moi ne pouvons tout mentionner. Je m’en voudrais toutefois que soit omise la chronique « Les Lettres » d’un des meilleurs critiques du siècle dernier, Jean-José Marchand.

(3) Kléber Haedens lui-même n’écrivit pas d’article sur le cinéma pour Le Magasin du spectacle. En revanche, il en avait publié au moins deux dans Le Livre des lettres, « revue littéraire paraissant six fois l’an » qui peut être considérée comme la préfiguration du Magasin, puisque le même duo l’avait fondée à Marseille en octobre 1943 (le catalogue en ligne de la BnF l’associe à la revue Fusées, il faudrait vérifier leur rapport exact) : Haedens en tant que directeur, Laffont en tant qu’administrateur.

 


 

La décadence du cinéma

 

par Kléber HAEDENS (Le Figaro, 23 avril 1941, p.1/2)

 

On a dit beaucoup de mal du cinéma français. Il flattait, nous a-t-on dit, les passions dégradantes, il proposait à la foule l’admiration des déserteurs et des mauvais garçons, l’éclair du coup de feu et du poignard lui donnaient ses principales lumières, il était peuplé de visages sans regards et de corps sans âme, apparitions amères dans la brume des ports, tristes fleurs d’une organisation financière qui était une invitation permanente à l’escroquerie et aux scandales. C’est alors que nous arrivaient les délicieux mirages d’Hollywood. À côté de nos vaudevilles militaires, qui accordaient tous leurs soins à l’adultère demi-bourgeois et à la stupidité des adjudants, nous voyions se dessiner sur la toile blanche les brillants et joyeux exploits de l’armée britannique dont les uniformes rutilaient sous le soleil des Indes. M. Gary Cooper nous apparaissait, tantôt sous les traits d’un cow-boy flegmatique et sentimental, tantôt sous le costume d’un gentleman ahuri et légèrement cinglé. L’Ouest américain entrait dans nos mémoires avec ses chemins de fer héroïques, ses diligences baladeuses et ses constructeurs de cités. M. William Powell, l’œil clair, le cœur amoureux, gardait dans les plus noires aventures policières un sens imperturbable de la discrétion et le long James Stewart promenait sur les mystères du monde un regard doux et transparent. L’Amérique nous envoyait, chaque semaine, des leçons de désinvolture et, dans cette correspondance imagée entre les continents, nous étions loin d’avoir l’avantage. Ah ! nous pouvions nous frapper la poitrine : « le peuple le plus spirituel de la terre » trouvait sa joie dans les plaisanteries de corps de garde, les amours suspectes et les jeux de mots séculaires.

Il y avait une grande part de vérité dans ces critiques. Le cinéma français ne donnait pas l’exemple de la qualité et de l’esprit. Et, cependant, nous nous trouvons contraints aujourd’hui de saluer avec respect notre cinéma d’avant-guerre. Il comptait, après tout, ses hommes de talent. Nous devons à René Clair des films remarquables où Charlie Chaplin lui-même a puisé quelques-unes de ses bonnes idées. Jacques Feyder, Jean Renoir, Julien Duvivier, Pierre Chenal, Marcel Carné, Maurice Cloche ont signé des œuvres dont nous n’avons pas à rougir. De temps en temps, parmi le désordre et la médiocrité, surgissait un film soigneusement construit, où les préoccupations commerciales ne l’emportaient pas, où l’effort vers le bien et le beau était visible. Ces films, les Américains les découvrent en ce moment avec une jubilation sincère puisqu’ils s’y précipitent et qu’ils leur donnent les premières places dans ces classements et ces referendums qui les enchantent. Le cinéma français, en dépit des tares les plus graves, tenait une place honorable dans le monde.

Cette place, il s’occupe actuellement de la perdre. Après la défaite, les producteurs de cinéma nous avaient promis de renoncer à leurs mauvaises habitudes. Ils nous avaient promis de ne plus s’obstiner à lancer des films uniquement composés pour exploiter l’inquiétante naïveté du dimanche soir. Or, nous n’avons encore découvert aucun témoignage concret de ces intentions valeureuses. Nous avons vu les trois principaux films parus depuis l’armistice. Ils nous accablent, ils nous affaiblissent et nous pouvons le dire franchement, nous en avons honte.

La fille du Puisatier de M. Pagnol, où le bavardage vaguement teinté de soleil méridional s’unit à la fausse poésie populaire, nous conduit de l’emphase à la vulgarité. Ce n’est pas un bon film, mais nous ne pouvons pas lui jeter la pierre, car notre mauvaise étoile nous a conduits devant le Chapeau de paille d’Italie de Maurice Cammage, et Les Petits Riens de Yves Mirande. Il est impossible d’imaginer bandes plus laides et plus sottes, où le mauvais goût, la lourdeur s’expriment avec autant d’impudence et d’agressivité. Nous ne voulons pas parler ici des défaillances techniques : photographies maladroites et brouillées, insuffisance du son, etc… Il est possible que les réalisateurs de ces films se soient heurtés à des difficultés techniques que nous n’imaginons pas. Mais la rareté de la pellicule ne saurait en aucun cas servir d’excuse à la vulgarité des intentions. René Clair avait tiré du Chapeau de paille d’Italie un film cocasse et plein d’humour où une noce de daguerréotype se trouvait poursuivie par un dieu moqueur. M. Cammage nous présente une noce grasse et visqueuse, luisante de sauce, prisonnière de la plus méchante aventure qu’on puisse inventer. La décadence éclate. Et je ne sais pas si M. Mirande a jamais été spirituel, mais je suis sûr qu’il ne l’est plus. Ses acteurs eux-mêmes ont l’air découragé. Raimu est las et le pauvre Fernandel n’arrive plus à faire sourire un public dont la docilité est pourtant exemplaire. Fuyons vite les salles obscures.

Le cinéma possède une valeur de propagande qui est reconnue par tout le monde. Nos films peuvent être vus à l’étranger. Il nous est impossible de laisser passer ceux que nous venons de voir sans dire que nous n’en sommes pas solidaires et que nous n’y trouvons aucune trace de l’esprit français.


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Où va le cinéma français ?

 

Réponse de Kléber HAEDENS à une enquête
(
Filmagazine, Lyon, n°125-126, 13 avril 1944, p.8-9)

 

L’avenir du cinéma français sera très exactement celui que quelques réalisateurs de talent voudront bien lui donner. Après l’armistice, Marcel Carné ayant eu l’idée de tourner un film sur un thème de légende, nous avons vu naître une série de films plus ou moins rêveurs ou fantastiques auxquels la publicité donna généreusement le sens de la poésie. Après Carné, nous avons eu Cocteau et l’influence de ces deux hommes peut déterminer une grande part de l’avenir de notre cinéma. Les Visiteurs du Soir sont l’œuvre la plus inattendue des années d’armistice. Ils ont ouvert un chemin qui s’est déjà fleuri de bandes remarquables comme L’Eternel Retour. Le cinéma français me semble tout à fait capable de donner des films aussi beaux que les anciens mythes.

Dans le réalisme, l’aventure, le comique, nous réussissons assez mal. De même que Zola est bien inférieur à Hemingway, de même nos films réalistes sont bien inférieurs à ceux des Américains ou aux classiques allemands. Pourtant, deux réalisateurs se sont révélés capables, depuis la guerre, d’observer la vie quotidienne et de la traduire en images : Louis Daquin, avec Nous les gosses, et Jacques Becker avec Goupi Main Rouges. Grâce à Daquin et Becker, nous pouvons espérer des réussites exceptionnelles et toutes neuves dans notre cinéma.

Dans le film d’aventures, nous échouons complètement et nous ne sommes pas près de réaliser L’Ile au Trésor ou La Chevauchée fantastique. De même, dans le film comique. Nous pouvons compter deux comiques dans l’histoire du cinéma français : Max Linder et Noël-Noël. Or, Max Linder est mort depuis longtemps, et Noël-Noël est de plus en plus mal utilisé. De ce côté, les espoirs sont minces.

Depuis la guerre, les faits marquants sont, d’une part, le magnifique épanouissement du talent de Marcel Carné et le retour de Jean Cocteau à l’écran ; d’autre part, la révélation de Jacques Becker, de Louis Daquin et de Claude Autant-Lara. Si, à ces noms, vous ajoutez ceux de René Clair, de Jean Renoir et de Julien Duvivier, cela suffit à indiquer que l’avenir du cinéma est plus brillant qu’il ne l’a jamais été.


Nota Bene :

- La revue Le Magasin du Spectacle a fait l'objet d'une substantielle étude dans   La Revue des revues (par Gérard-Denis Farcy, n°32, 2002, p.70-77).

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- Un épisode des "Carnets filmés" de Gérard Courant intitulé Octobre 2014 à Paris : soirée "Livr'arbitres" du 17 octobre 2014.

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DANEY À TOUTES LES SAUCES

29 Mai 2013, 23:02pm

Publié par Mister Arkadin

« où que l'on ouvre cet ouvrage, nulle trace d'une ligne mal écrite, d'un poncif critique, d'un paragraphe de remplissage. Daney était un cerveau en érection permanente, un bon et beau parleur, une fontaine jaillissante d'où coulaient en jets abondants concets et théories, humour et gravité, jeux langagiers et fluidité du verbe »
Serge Kaganski sur La Maison cinéma et le monde, tome 3,
« Les années Libé 1986-1991 » (P.O.L., 880 pages), dans Les Inrockuptibles, 20 juin 2012, page 76.

Retrouvant, au hasard d'une opération de désherbage dans mes archives, la dernière liasse de papiers dithyrambiques suscités par tel ou tel événement commémoratif créé périodiquement autour de l'icône de la cinéphilie parisienne qu'est devenu Serge Daney, j'avoue être un peu surpris par la saillie, forcément géniale, jaillie de ce cerveau en ébullion qu'a choisie de mettre en exergue Libération dans la coupure ci-dessous. 30 % de cinéma en moins mis en rapport à 30 % d'idées lepénistes en plus, cela pouvait paraître bien vu en 1992 (cela pouvait aussi paraître déjà bien couillon...), mais deux décennies plus tard, alors qu'on célèbre la recrudescence des spectateurs dans les salles, sans pour autant que Libération se réjouisse franchement que les idées lepénistes aient décru d'autant, cela ressemble furieusement à un propos de comptoir, pouvant à la rigueur alimenter un papier vite torché, mais assurément pas un volume de pensées vouées à l'adoration des thuriféraires... Faut-il vraiment que Le Pen soit une obsession chez ces gens-là pour que soit conférée à cet aphorisme débile une allure de sentence testamentaire !

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(Libération, 2-3 juin 2012 ; cliquer sur l'illustration pour l'agrandir)

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MICHEL MOHRT (28 AVRIL 1924 - 17 AOUT 2011), CRITIQUE DE CINÉMA

22 Mai 2012, 23:10pm

Publié par Mister Arkadin

J'avais indiqué n'avoir pas eu le temps d'écrire une nécrologie de Michel Mohrt, qui fut critique de cinéma à Carrefour et au Figaro, ce qui l'amena même à faire partie de la Commission de l'Avance sur recettes en 1974, pendant quelques mois, sur proposition de Philippe d'Hugues. Guère plus de temps en ce moment, suffisamment tout de même pour publier les deux échantillons suivant, parus dans Carrefour, respectivement les 26 février et 10 juin 1964 (double-cliquer sur chacune des illustrations pour les agrandir) :

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Complément (13 juillet 2012) : Michel Mohrt a aussi participé au "Masque et la Plume", aussi bien à des émissions littéraires que cinématographiques ; quelques-unes sont disponibles sur le site de l'INA.

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FRANÇOIS BRIGNEAU (1919-2012), CRITIQUE DE CINÉMA

23 Avril 2012, 21:10pm

Publié par Mister Arkadin

http://referentiel.nouvelobs.com/file/3426461.jpgIl a été rappelé jeudi dernier, au "Libre journal du cinéma" de Philippe d’Hugues, que François Brigneau, parmi ses multiples activités journalistiques, fut l’un des premiers, sinon le premier critique de cinéma de l’hebdomadaire Rivarol, en 1951-1952, et qu’il collabora également à Cinémonde. Grâce à l’obligeance de Jean-Paul Angelelli, un texte de FB a pu être lu à l’antenne par Philippe Ariotti. Voici l’extrait en question, tiré d’un compte rendu du film de Sacha Guitry La Poison (« Sacha Guitry : Le meurtre serait-il la forme de divorce la plus répandue dans nos campagnes ? », Rivarol, n°71, 30 mai 1952, p. 5) :

« […] si ce diable d’homme n’a jamais servi le cinéma, il sait se servir de lui, je veux dire qu’il a réussi à y trouver son langage. Celui-ci, j’en suis convaincu, n’a rien à voir avec le vrai langage cinématographique, et c’est pourquoi j’ai employé, au départ de cette chronique, l’expression "divertissement filmé", M. Guitry, pour raconter une histoire, préférera toujours les mots aux images. C’est un homme de théâtre. Ce  n’est pas un cinéaste. La chose est une fois pour toutes entendue. Mais cet homme de théâtre ne manque pas d’idées cinématographiques. Il fut l’un des premiers, sinon le premier, à employer le récitant dans Le Roman d’un tricheur (1936). Ici, il invente une nouvelle présentation : à la place du générique, l’auteur vient présenter ses interprètes. L’idée est amusante, encore que mal réussie. En effet, les petits côtés de M. Guitry, ses tics, ses manies, sa superbe – qu’il force comme au catch le lutter désigné pour jouer méchants outre son rôle – ne vont pas sans gêner. Mais l’invention est amusante et le public, qui adore être dans le coup, suit avec intérêt cette promenade à travers les coulisses du studio, à la recherche des artistes et techniciens qui ont travaillé à la réalisation de La Poison.

http://www.bifi.fr/upload/bibliotheque/Image/espace%20patrimonial/ARTICLES/2007/REVUE_PRESSE_GUITRY/img234.jpg

» A la tête des premiers, il faut naturellement mettre Michel Simon. Puissant, lent, épais, il joue de son visage boursouflé avec un art et une intelligence remarquables. On dirait Wallace Berry et Raimu ; toutes les bonnes brutes américaines mâtinées de paysans français, rusés compères et naïfs matois. C’est prodigieux.

» Disons encore qu’en présentant La Poison M. Sacha Guitry fait voir le décor d’une prison et laisse tomber :

» – Je vous assure que la vérité a été respectée. Je l’ai vérifiée moi-même.

» La foule rit, d’un gros rire de gorge, satisfait. La même foule qui, au mois d’août 44, essayait de rompre les barrages d’agents pour venir lui cracher au visage. »

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"PASSEURS" ET MÉDIATEURS

28 Mars 2012, 23:10pm

Publié par Mister Arkadin

Pas d’année sans que quelques grandes figures de "médiateurs" du cinéma (critiques, professeurs, animateurs de ciné-clubs, etc.) ne disparaissent. 2011 n’aura pas fait exception à la règle, ce dont j’ai témoigné dans ce blog en publiant des hommages à Jean Dutourd, Jean-José Marchand et Michel Boujut – encore n'ai-je finalement pas eu le temps de le faire pour Jean-Louis Leutrat (1941 – 29 avril 2011) et Michel Mohrt (28 avril 1914 – 17 août 2011 ; critique à Carrefour, puis au Figaro, dans les années 1960 et 1970) [deux textes finalement reproduits dans le billet mentionné ci-dessous], entre autres.

http://www.galerie-creation.com/jean-louis-leutrat-vie-des-fantomes-le-fantastique-au-cinema-o-2866421582-0.jpg

Avant de publier des billets à propos de trois éditeurs morts récemment et qui avaient accordé une place importante au cinéma dans leur catalogue, voici un récapitulatif (sorte d’index que j’essaierai de tenir à jour) des nécros et hommages à des critiques publiés sur "Mister Arkadin" :

Agel (Henri)

Baignères (Claude)

Baldizzone (José)

Boujut (Michel)

Boutang (Pierre-André)

Brigneau (François)

Demeure (Jacques)

Deloux (Jean-Pierre)

Dutourd (Jean)

Gillois (André)

Icart (Roger)

Lacassin (Francis)

Le Baut (Geneviève)

Lo Duca (Joseph-Marie)

Marchand (Jean-José)

Mohrt (Michel)

Prévost (Jean)

Troyat (Henri)

Vandromme (Pol)

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