Mister Arkadin

DEAD MAN'S THEME

6 Février 2008, 22:33pm

Publié par Mister Arkadin

undefinedEst diffusé en ce moment sur TPS Star, par exemple ce jeudi soir à 20h57 (!?!) l'un des quatre ou cinq films les plus sublimes de ces vingt dernières années, Dead Man de Jim Jarmush. Neil Young est le compositeur de son prodigiundefinedeux thème musical, que l'on peut écouter .

(Ajoût du 12 décembre 2008, suite au partenariat Over-blog / Deezer) Désormais directement ci-dessous !




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CINÉMA ET RADIO : SEMAINE DU 2 FÉVRIER 2008 - AJOUT

5 Février 2008, 22:55pm

Publié par Mister Arkadin

Dans mon annonce des émissions sur le cinéma à la radio de cette semaine, j'ai oublié celle-ci, que l'on peut réécouter sur le Net : mardi 5 février, 09h05 à 10h00, France Culture Le-Secret-derri-re-la-porte.jpg- "La Fabrique de l'histoire", "Hollywood, la vallée des divans" (dans une série "La psychanalyse et l'histoire"), par Perrine Kervran et Pascale Rayet.
Par ailleurs, le programme de "2000 ans d'histoire" a changé, l'émission sur "Film et Histoire" ayant été remplacé par une émission sur la Saint-Barthélémy.
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Informations complémentaires :
- le programme musical de "BO à Gogo"

04:00
Miklos Rozsa
Le poison : thème de l'addiction à l'alcool (Extrait du DVD du film de Billy Wilder "The Los Week-end" - Le poison, 1945)
réf : DVD UNIVERSAL 823 158 0
04:01
Miklos Rozsa
Spellbound Concerto (Concerto tiré par Rózsa de sa B.O. pour le film d'Alfred Hitchcock "Spellbound" - La maison du Docteur Edwardes, 1945 - Enregistré le 19 août 1965 à Londres)
Earl Wild, Piano
London Promenade Orchestra
Charles Gerhardt, direction
réf : IVORY CLASSICS 70801
04:09
Miklos Rozsa
Quand la ville dort : thème principal (Extrait de la B.O. du film de John Huston "The Asphalt Jungle" - Quand la ville dort, 1950)
réf : RHINO R2 72913/DRC1 1622
04:12
Miklos Rozsa
Espions sur la Tamise (ou Le ministère de la peur) : Thème principal (Extrait de la B.O. du film de Fritz Lang "Ministry of Fear" - Espions sur la Tamise, 1944)
réf : DVD CARLOTTA FILMS 748 913
04:13
Miklos Rozsa
Le secret derrière la porte : thème principal (Extrait de la B.O. du film de Fritz Lang "Secret Beyond The Door" - Le secret derrière la porte, 1948)
réf : DVD WILD SIDE VIDEO 301 321-2
04:15
Miklos Rozsa
Les démons de la liberté : thème principal (Extrait de la B.O. du film de Jules Dassin "Brute Force" - Les démons de la liberté, 1947)
réf : DVD WILD SIDE VIDEO 010 100-6
04:17
Miklos Rozsa
Les tueurs : thème principal (Extrait de la B.O. du film de Robert Siodmak "The Killers" - Les tueurs, 1946)
réf : DVD CARLOTTA FILMS GCT 609
04:19
Miklos Rozsa
Pour toi j'ai tué : thème principal (Extrait de la B.O. du film de Robert Siodmak "Criss Cross" - Pour toi j'ai tué, 1949)
réf : DVD CARLOTTA FILMS 748 912
04:21
Miklos Rozsa
La vie passionnée de Vincent Van Gogh, suite pour orchestre (extrait)
Orchestre des Studios de la M.G.M
Miklos Rozsa, direction
réf : TCM / RHINO MOVIE MUSIC R2 75723
04:23
Miklos Rozsa
Ben Hur, suite pour orchestre (extrait) (Extrait de la B.O. du film de William Wyler "Ben-Hur", 1959 - Enregistré en septembre 1998 au Concert Hall de Miskolc)
Orchestre Symphonique de la Hongrie du Nord, Miskolc
László Kovács, direction
réf : VALOIS V 4841
04:32
Miklos Rozsa
Sahara, thème principal (Extrait de la B.O. du film de Zoltan Korda "Sahara", 1943 - Enregistré les 6 et 7 septembre 1973)
National Philharmonic Orchestra
Charles Gerhardt, direction
réf : RCA VICTOR GD80422
04:35
Miklos Rozsa
Ivanhoé, suite pour orchestre (extrait) [Orchestration d'Eugene Zador] (Extrait de la B.O. du film de Richard Thorpe "Ivanhoé", 1952 - Enregistré les 6, 8 décembre 1951 et 21 janvier 1952 aux studios de la M.G.M., Culver City, Californie)
Orchestre des Studios de la M.G.M.
Miklos Rozsa, direction
réf : TCM / RHINO MOVIE MUSIC R2 75723
04:38
Miklos Rozsa
Les chevaliers de la table ronde, suite pour orchestre (Orchestration d'Eugene Zador]
Choeur et Orchestre des Studios de la M.G.M.
Miklos Rozsa, direction
réf : TCM / RHINO MOVIE MUSIC R2 75723
04:50
Erich Wolfgang Korngold
Capitaine Blood : Suite d'orchestre (Extrait de la B.O. du film de Michael Curtiz "Captain Blood", 1935)
Orchestre Symphonique de Londres
André Prévin, direction
réf : DG 471 347-2
05:04
Max Steiner - Adolf Deutsch
Les conquérants, extraits de la B.O. du film (Orchestration originale de Hugo Friedhofer] (Extrait de la B.O. du film de Michael Curtiz "Dodge City" - Les conquérants, 1939)
Orchestre
Max Steiner, direction
réf : ORIGINAL SOUNDTRACKS 221820-207
05:11
Erich Wolfgang Korngold
Les Aventures de Robin des Bois, extraits de la B.O. du film (Extrait de la B.O. du film de Michael Curtiz "The Adventures of Robin Hood", 1938)
Orchestre Symphonique de Moscou
William Stromberg, direction
réf : MARCO POLO 8.225268
05:18
Erich Wolfgang Korngold
L'aigle des mers : Suite d'orchestre (Extrait de la B.O. du film de Michael Curtiz "The Sea Hawk", 1940)
Orchestre Symphonique de Londres
André Prévin, direction
réf : DG 471 347-2
05:31
Franz Waxman
Boulevard du crépuscule : thème principal (Extrait de la B.O. du film de Billy Wilder "Sunset Boulevard" - Boulevard du crépuscule, 1950)
William Holden, Voix
Gloria Swanson, Voix
réf : NOCTURNE BDF1242
05:34
Clarence Gaskill - Jimmy McHugh
Détour : "I Can't Believe You Are In Love With Me" (Extrait de la B.O. du film de Edgar G. Ulmer "Detour", 1945)
Claudia Drake, Chant
réf : NOCTURNE BDF1242
05:35
Ford Dabney - Lew Brown / Cecil Mack
Feux croisés : "Shine" (Extrait de la B.O. du film d'Edward Dmytryk "Crossfire" - Feux croisés, 1947)
George Cooper, Voix
Gloria Grahame, Voix
réf : TCM / RHINO R2 72466
05:36
Frank De Vol
En quatrième vitesse : "I'd Rather Have The Blues Than What I've Got" (Enregistré le 25 mars 1955 - extrait de la B.O. du film de Robert Aldrich "Kiss Me Deadly" - En quatrième vitesse, 1955)
Nat king Cole, Chant
Orchestre
Nelson Riddle, direction
réf : NOCTURNE BDF1242
05:39
Philippe-Gérard
Du rififi chez les hommes : Le rififi (Extrait de la B.O. du film de Jules Dassin "Du rififi chez les hommes", 1955)
Larry Adler, Harmonica
Philippe-Gérard, Piano
réf : NOCTURNE BDF1242
05:42
Adolf Deutsch
Le faucon maltais : thème principal [Orchestration d'Arthur Lange] (Extrait de la B.O. du film de John Huston "The Maltese Falcon" - Le faucon maltais, 1941)
Humphrey Bogart, Voix
Sydney Greenstreet, Voix
Orchestre de la Warner Brothers
Leo F. Forbstein, direction
réf : NOCTURNE BDF1242
05:46
Miklos Rozsa
Assurance sur la mort : thème principal (Orchestration d'Eugene Zador] (Extrait de la B.O. du film de Billy Wilder "Double Indemnity" - Assurance sur la mort, 1944)
Fred MacMurray, Voix
Barbara Stanwyck, Voix
Orchestre de la Paramount
réf : NOCTURNE BDF1242
05:49
Doris Fisher - Allan Roberts
Gilda : Put the Blame on Mame (Extrait de la B.O. du film de King Vidor "Gilda", 1946)
Anita Ellis, Chant
Orchestre
Morris Stoloff, direction
réf : NOCTURNE BDF1242
05:51
Russell - Lee
L'affaire de Trinidad : "I've Been Kissed Before" (Extrait de la B.O. du film de Vincent Sherman "Affair in Trinidad" - L'affaire de Trinidad, 1952)
Jo Ann Greer, Chant
réf : NOCTURNE BDF1242
05:54
Harry Akst - Grant Clarke
Am I Blue? (Extrait de la B.O. du film de Howard Hawks "To Have and Have Not" - Le port de l'angoisse, 1944)
Lauren Bacall, Chant
Hoagy Carmichael, Piano
Hoagy Carmichael, Chant
réf : DVD WARNER BROS 65843
05:57
Franz Waxman
Le port de l'angoisse : Thème principal "Martinique" (Extrait de la B.O. du film de Howard Hawks "To Have and Have Not" - Le port de l'angoisse, 1944)
National Philharmonic Orchestra
Charles Gerhardt, direction
réf : RCA VICTOR GD80422
05:58
Max Steiner
Le grand sommeil : thème principal (Extrait de la B.O. du film de Howard Hawks "The Big Sleep" - Le grand sommeil, 1946)
Humphrey Bogart, Voix
Lauren Bacall, Voix
réf : NOCTURNE BDF1242
06:01
Richard A. Whiting - Johnny Mercer
Les passagers de la nuit : "Too Marvellous For Words" (Extrait de la B.O. du film de Delmer Daves "Dark Passage" - Les passagers de la nuit, 1947)
Jo Stafford, Chant
Orchestre
Paul Weston, direction
réf : NOCTURNE BDF1242
06:04
Roy Webb
Adieu ma jolie : thème principal (Extrait de la B.O. du film de Edward Dmytryk "Murder My Sweet" - Adieu ma jolie, 1944)
Dick Powell, Voix
Orchestre de la RKO
Constantin Bakaleinikoff, direction
réf : TCM / RHINO MOVIE MUSIC R2 72466
06:06
David Raksin
Laura : thème (Enregistré le 18 juillet 1952 - thème de David Raksin pour la B.O. du film d'Otto Preminger "Laura", 1944)
Nat king Cole, Piano
John Collins, Guitare
Charles Harris, Basse
Bunny Shawker, Batterie
réf : NOCTURNE BDF1242
06:09
Walter Schumann
La nuit du chasseur : thème (Extrait de la B.O. du film de Charles Laughton "The Night of the Hunter" - La nuit du chasseur, 1955)
Charles Laughton, narrateur
Robert Mitchum, Voix
réf : BEAR FAMILY RECORDS BCD 16263
06:16
Herman Hupfeld
Casablanca : "As Time Goes By" (Extrait de la B.O. du film de Michael Curtiz "Casablanca", 1947)
Dooley "Sam" Wilson, Chant
Elliot Carpenter, Piano
Ingrid Bergman, Voix
réf : NOCTURNE BDF1242
06:19
Anton Karas
Le troisième homme : thème principal (Extrait de la B.O. du film de Carol Reed "The Third Man" - Le troisième homme, 1949)
Anton Karas, Cithare
Joseph Cotten, Voix
réf : NOCTURNE BDF1242
06:23
Henri Mancini
La soif du mal : "The Boss" (Extrait de la B.O. du film d'Orson Welles "Touch of Evil" - La soif du mal, 1958)
Universal-International Orchestra
Joseph Gershenson, direction
réf : RHINO R2 72913/DRC1 1622

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BARDÈCHE / BRASILLACH / BIFI

4 Février 2008, 18:03pm

Publié par Mister Arkadin

La Bibliothèque du film, dite "BiFi", qui a rouvert ses portes récemment à Bercy (au sein de la Cinémathèque française, Paris, XIIe ; http://www.bifi.fr) a mis en ligne en septembre 2005 un « répertoire des auteurs - critiques, historiens et théoriciens du cinéma ». Sont reproduites ci-dessous les fiches sur Maurice Bardèche et sur Robert Brasillach.

 

Cin-ma---I---poche0001.jpgL’importance de leur Histoire du cinéma y est assez honnêtement soulignée. Il est du reste déjà remarquable que Bardèche et Brasillach figurent parmi les soixante-huit auteurs retenus, ce répertoire comportant par ailleurs de grosses lacunes (aucune fiche sur Émile Vuillermoz et Louis Delluc, fondateurs de la critique de cinéma en France, ou sur François Vinneuil et René Barjavel, deux critiques de cinéma ayant écrit, comme Bardèche et Brasillach, dans Je suis partout). Il est également précieux que soient indiquées les cotes des livres disponibles à la BiFi. D’ailleurs, celle-ci ne rend pas ici entièrement justice à la richesse de ses collections puisque est oubliée l'édition américaine de l'Histoire du cinéma de Bardèche / Brasillach (traduction de l’alter ego américaine de Henri Langlois, la fameuse Iris Barry (1)), absente du catalogue en ligne, mais présente en libre accès dans les rayons de la bibliothèque*.

 

En revanche, quelques œillères amènent les rédacteurs (anonymes) de ce « répertoire » à regretter l’absence de dimension théorique du B/B, tout en ignorant sa dimension éminemment littéraire. Un jugement d’ordre idéologique est évidemment de rigueur, la traque des idées "conservatrices" étant encore plus marquée dans la notice consacrée à Charles Ford. Il y a quelque ironie à constater une nouvelle fois que l’ouverture d’esprit de personnages douteux ne peut qu’être suspecte aux yeux des Vigilants : « Certains commentateurs ont noté avec étonnement l'éloge des films soviétiques contenu dans l'ouvrage [de Bardèche/Brasillach], mais il s'agit en fait de l'admiration pour un art asservi à une finalité de propagande qui resta sans doute l'ambition véritable que les deux auteurs destinaient au cinéma. » On appréciera le « sans doute » ! A contrario, si « une certaine rigidité idéologique » est reprochée à Georges Sadoul dans la notice consacrée au grand historien et critique officielle du PCF, c’est pour le féliciter d’avoir fait preuve d’une « certaine lucidité qui lui fit réviser, à des années d’intervalles, quelques-uns de ses jugements ». Ce n’est certes pas à Brasillach que l’on pourrait reconnaître la capacité d’avoir eu beaucoup de temps pour réviser ses jugements…

 

On remarquera encore la qualification d’ « antisémite sans nuance » à propos de Brasillach. Un antisémitisme avec nuances serait-il de meilleure aloi ? Et si Brasillach était « sans nuance » à ce sujet, comment devrait-on qualifier l’antisémitisme d’un Rebatet ou d’un Céline ? Assurément, il fallait charger celui que la BiFi pense être « le seul écrivain fusillé à la Libération »…

 

 
Maurice Bardèche
 

Identité :
Date de naissance : 10 octobre 1908
Lieu de naissance : Dun-sur-Auron (Cher, France)
Date de décès : 30 juillet 1998
Lieu de décès : Canet Plage (Pyrénées orientales, France)
Formation et carrière :
Moins investi que Brasillach dans la collaboration, Maurice Bardèche prit néanmoins en charge la défense de son beau-frère après la guerre et œuvra à sa réhabilitation en dirigeant l'édition de ses œuvres complètes. Historien de la littérature reconnu, il fut également un propagateur des thèses révisionnistes et l'un des principaux idéologues de l'extrême droite française et européenne après-guerre.
Trajectoire scientifique :
Maurice Bardèche et Robert Brasillach sont les auteurs d'une vaste Histoire du cinéma universelle dont l'édition initiale fut publiée en 1935 et plusieurs fois rééditée depuis. Cette première grande synthèse du genre en français se distingue par le grand éclectisme de goûts de ses auteurs qui déclarent leur enthousiasme pour Méliès, les mélodrames muets italiens ou les westerns, Griffith, Buster Keaton ou Cocteau. Suivant une présentation chronologique, les deux auteurs proposent une succession de jugements de valeur plutôt qu'une Histoire au sens scientifique du terme. Le passage du muet au parlant, décrit comme une perte de l'essence visuelle du cinéma, constitue la seule véritable prise de position théorique de cette Histoire du cinéma. La première réédition de l'ouvrage, effectuée pendant l'Occupation, comporte de nombreux passages antisémites et un éloge de la politique culturelle de Goebbels qui furent supprimés par Bardèche lorsqu'il prit en charge les corrections et les différentes mises à jour après le second conflit mondial. Certains commentateurs ont noté avec étonnement l'éloge des films soviétiques contenu dans l'ouvrage, mais il s'agit en fait de l'admiration pour un art asservi à une finalité de propagande qui resta sans doute l'ambition véritable que les deux auteurs destinaient au cinéma.
Autres activités :
Dans ses travaux d'Histoire littéraire, Maurice Bardèche se spécialisa dans de vastes monographies consacrées à de grands écrivains (Balzac, Proust, Céline, etc.).
Bibliographie :
-
Ouvrages (cinéma) :
Histoire-du-cin-ma---1948.jpgHistoire du cinéma, Paris, Denoël et Steele, 1935, 416 p. - cote bifi : RES 314
Histoire du cinéma, Paris, Denoël, 1943, 419 p. - cote bifi : 10 BAR h
Histoire du cinéma, Paris, A. Martel, 1948, 572 p. - cote bifi : 10 BAR h
Histoire du cinéma, T. 1 Le Cinéma muet, Paris, A. Martel, 1953, 2 vol. - cote bifi : RES 740
Histoire du cinéma, T. 2 Le Cinéma parlant, Paris, A. Martel, 1954, 442 p. cote bifi : RES 741
Histoire du cinéma, Paris, Le Livre de Poche, 1964-1965, 2 vol.
- Autres ouvrages (2) :
Balzac romancier, Paris, Pion, 1950, 391 p.
Marcel Proust romancier, Paris, Les Sept Couleurs, 1971, 440 p.
L'Œuvre de Flaubert, Paris, Les Sept Couleurs, 1974, 424 p.
Stendhal romancier, Paris,
La Table ronde, 1977, 473 p.
Louis-Ferdinand Céline , Paris,
La Table ronde, 1986, 367 p.
Léon Bloy, Paris,
La Table ronde, 1989, 411 p.


 

 
Robert Brasillach
 

Identité :
Date de naissance : 31 mars 1909
Lieu de naissance : Perpignan (Pyrénées-Orientales, France)
Date de décès : 16 février 1945 [sic]
Lieu de décès : Montrouge (Hauts-de-Seine, France)
Formation et carrière :
Robert Brasillach, normalien, romancier, journaliste d'extrême droite (L'Action française, Je suis partout), puis collaborateur et antisémite sans nuances pendant l'Occupation, il fut le seul écrivain fusillé à la Libération.
Trajectoire scientifique : même texte que pour Maurice Bardèche.
Autres activités :
Outre ses activités de critique littéraire et polémiste, Brasillach
Como-O-Tempo-Passa.gif écrivit des essais (sur Virgile, Corneille) et plusieurs romans (L'Enfant de la nuit, Comme le temps passe, etc.).
Bibliographie :
-
Ouvrages (cinéma) : mêmes six volumes de L’Histoire du cinéma signés avec Maurice Bardèche.
- Autre ouvrage :
Œuvres complètes, éditées par M. Bardèche, Paris, Club de l'honnête homme, 1963-1966, 12 vol.

 

 
Notes, liens et informations complémentaires :
 
 
* Depuis, le catalogue a été actualisé sur ce point. Il s'agit de l'édition anglaise, parue à Londres en 1945 (G. Allen & Unwin, 412 p. et 12 p. de planches d'illustration) - 10 BAR h.

(1) Lire à ce sujet : Hugues (Philippe d’), « Brasillach et le cinéma », Cahiers des Amis de Robert Brasillach, n°44/45, 1999-2000, p.168-172. Lire également : Bandy (Mary Lea), « Iris Barry et le MOMA », Cinémathèque, n°2, décembre 1992, p.105-111.

 

Lettre---Fran-ois-Mauriac.jpg(2) Bizarrement, bien que la notice sur Bardèche le désigne comme « un propagateur des thèses révisionnistes », figurent dans la bibliographie ses monographies littéraires, mais aucun de ses essais politiques, dont certains lui valurent de la prison.

 

- Le site des ARB, Association des amis de Robert Brasillach : http://www.brasillach.org/

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STALLONE ET JOHN RAMBO

4 Février 2008, 17:23pm

Publié par Mister Arkadin

poster-rambo.jpgJohn Rambo sort en France le mercredi 6 février 2008. Jamais je n’aurais crû attendre un jour avec une relative fébrilité le dernier film de Sylvester Stallone, cet acteur et réalisateur pour lequel je n’ai eu pendant longtemps que mépris, en bon cinéphile parisien, aussi bardé de préjugés qu’il se doit. J’ai quelque peu révisé mon point de vue à son sujet, comme le montre l’article que j’ai consacré à son précédent film, Rocky Balboa (page actualisée ce jour). Certes, je n’irais pas jusqu’à dire que je suis impatient de voir John Rambo. J’avouerais même – reste de surmoi cinéphile ! – que je ne me fais guère d’illusion sur la possibilité que ce film soit une aussi bonne surprise que le précédent. Cela explique que mon attente soit mêlée de crainte. En tout état de cause, je me garderai de trop spéculer sur la signification qu’il convient de donner à ce nouveau retour de Stallone à l’une des deux séries qui ont établi sa réputation. D’aucuns ne s’en privent pas, qui s’empressent d’y voir (sans avoir (encore) vu le film, nous serions prêt à le parier…) le signe que l’Amérique, « après la défaite », « ose à nouveau affirmer sa force », Rambo « jou[ant] du muscle pour faire croire à la puissance américaine reconquise » (Antoine de Baecque, L’Histoire, n°328, février 2008, p.23). L’explication du choix de Stallone n’est-elle pas à rechercher dans le contexte du cinéma hollywoodien, où les suites sont les meilleurs garants du succès, plutôt que dans un contexte idéologique ? Lui-même a beau jeu de dire que c’est avant tout un choix personnel, résultant de l’envie de revenir aux sources de son inspiration (notons la simplicité des deux titres originaux, qui reprennent tous deux le nom du personnage principal, Rocky Balboa et John Rambo) et de « tirer sa révérence avec dignité » (Journal du dimanche, 3 février 2008). Mais, une fois de plus, mieux vaut aller y voir par soi-même, évidence que nous autres cinéphiles sommes trop souvent enclins à négliger !Stallone---Rambo.jpg

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CLAUDE LELOUCH, RÉAC ET FACHÔ

2 Février 2008, 12:53pm

Publié par Mister Arkadin

L-Aventure--c-est-l-aventure.jpg« Le film le plus réac et fachô de tous les temps », promet Claude Lelouch pour la suite de L'Aventure c'est l'aventure, qu'il prépare actuellement. Cette auto-dénonciation provocatrice mérite d'être entendue sur la longueur pour en comprendre le sens, quelque chose me disant que les dix mots que j’ai prélevés de son entretien avec Yves Calvi (1) risquent d’être mal interprétés… Mais je n’ai pu résister à l’envie de la livrer à la sagacité des internautes, dans le prolongement de mes récentes notes sur le marketing du cinéma. Voilà au moins une manière pour le moins originale de renouveler la promotion d’un film !

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Notes, informations et liens complémentaires :

(1) France Inter, "Nonobstant" du 24 jaClaude-Lelouch-mode-d-emploi.jpgnvier 2008 ; émission pouvant être écoutée quelques jours encore ici ou être récupérée .

- Un beau livre sur Claude Lelouch : Claude Lelouch mode d’emploi

- Un petit extrait de L’Aventure c’est l’aventure

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LE COURRIER DE LA CRITIQUE ?

31 Janvier 2008, 13:32pm

Publié par Mister Arkadin

Le gratuit Métro innove aujourd’hui en matière de couverture de l’actualité cinématographique. C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un journal publie le lendemain de la sortie d’un film, qui plus est en une, le nombre de spectateurs l’ayant vu à la première séance du mercredi après-midi. Cette dernière est réputée donner de précieuses indications aux "professionnels de la profession" sur la carrière à venir d’un film. Comme, en l’occurrence, la seule chose qui semble importer dans l’appréhension du film en question (qui, soit dit en passant, occupe trois salles de plusieurs multiplexes, quatre à Marne-la-Vallée – là aussi, je crois qu’on innove…) est le chiffre d’entrées qu’il va faire, en France et à l’étranger (voir notre petit papier d’hier), on comprend l’angoisse de ses producteurs à la lecture du chiffre fatidique du mercredi. On comprend moins pourquoi les médias se font leur relais avec une telle servilité et pourquoi ils pensent que cela importe à leurs lecteurs.

 
Promets-moi.jpg
 

La réaction de l’un d’eux à l’entretien de Clovis Cornillac publié la veille par Métro est reproduite en page 17 (« L’avis des metronautes ») : « Pas envie de payer pour sauver le cinéma français ». "Sylvie" refuse à juste titre le chantage exercé mezza voce par les promoteurs d’Astérix, selon lesquels un échec de ce film si coûteux et sur lequel on compte tant pour faire remonter la cote du cinéma français mettrait en danger l’ensemble du secteur, y compris les "petits films" "d’auteur".

 

Je parierais que les journalistes de Métro ont obtenu la publication de l’avis de "Sylvie", qui rejoint celui de son critique de cinéma (selon lequel deux millions de plus auraient pu être dépensé pour acheter un scénario), par mesure de compensation. Un peu comme le courrier des lecteurs du Figaro a la réputation de servir aux dirigeants du journal à faire passer leurs opinions bien plus réactionnaires que celles de leur rédaction (dont Éric Brunet s’est plaint qu’elle soit bien plus à gauche qu’on ne croit), le courrier des journaux pourrait servir à exprimer les réserves de leurs rédactions sur des films que leurs patrons se croient l’obligation de promouvoir éhontément, en une, plusieurs jours de suite.

 

Trois innovations d’un coup en matière d’exploitation et de réception cinématographiques : cela valait la peine d’être noté.


Complément (22 février 2008) :

Le Figaroscope a procédé un peu de la même manière que Métro. Il a consacré une pleine page à Astérix dans son numéro du 30 janvier (p.14), alors que la critique d’Emmanuelle Frois est assez mitigée, voire froide (si j’ose dire…) : « Mais, par Toutatis, que le temps paraît long ! » (un seul cœur attribué en guise d’appréciation). Alors même que d’autres films (Promets-moi, Battle for Haditha) ne se voient consacrés qu’un quart de page (p.15), bien qu’ils aient été plus appréciés (deux cœurs). La semaine suivante (6 février, p.18, rubrique « Votre avis sur lefigaro.fr »), les sept avis d’internautes reproduits sur le film sont unanimement négatifs (« film médiocre » ; « pas la peine de gâcher tant d’argent » ; « ne gaspillez pas votre argent pour de telles stupidités » ; « mes petits-enfants […] ont voulu partir avant la fin ! »).

 

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CINÉMA ET RADIO : SEMAINE DU 2 FÉVRIER 2008

31 Janvier 2008, 11:55am

Publié par Mister Arkadin

De même que j’ai une prédilection pour ce qui s’écrit sur le cinéma en dehors de la presse proprement cinématographique, je suis particulièrement friand d’émissions radiophoniques dont le cinéma n’est généralement pas le thème, mais qui s’y consacrent une fois de temps en temps. J’espère trouver le temps de les recenser, pour accompagner la page d’inventaire, sous forme de tableau, des émissions radiophoniques consacrées au cinéma.

 

Les producteurs et animateurs de radio nous gâtent la semaine prochaine, puisque j’ai déjà noté sur mon agenda les rendez-vous suivants :

 

Dimanche 3 février, à partir de 19h00, TSF Jazz : « Jazz Fan » (rediffusion le jeudi 7 février à 23h00) avec Alice Taglioni (d’après Télérama ; le site de la chaîne annonce un autre invité)

 
Alice-Taglioni.jpg
 

Mardi 5 février, de 10h00 à 11h00, France Culture : « Mardis littéraires » sur « Un film et des prépositions », avec Claude Royet-Journoud et Jean-Marie Gleize

 

Mercredi 6 février, de 11h00 à 12h00, France Culture : « Le Bien commun » sur « La justice dans le documentaire », avec Christian Delage et Cédric de Bragança

 

Nuit du mercredi 6 février au jeudi 7, de 4h00 à 7h00, France Musique (« Vivace ») : « BO à gogo ! », avec « Miklos Rosza, un Hongrois à Hollywood », « Le trio Flynn/Havilland/Curtiz » et « Le film noir classique »

 

Nuit de mercredi 6 février au jeudi 7, de 00h10 à 01h00, France Culture : « Minuit/Dix » reçoit Olivier Assayas en direct de la cinémathèque de Toulouse, dans le cadre du festival « Zoom arrière »

 
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Jeudi 7 février, de 13h30 à 14h00, France Inter : « 2000 ans d’histoire » sur le thème « Film et Histoire »

 

Vendredi 8 février, de 18h15 à 19h00, France Inter : « Et pourtant elle tourne » (qui, malgré son titre, n’est pas une émission sur le cinéma, ni même sur Jane Birkin), avec Fabien Boully pour la parution du livre James Bond (2)007 : anatomie d’un mythe populaire

 
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À noter également des rediffusions d’anciennes émissions sur le cinéma :

 

Nuit du samedi 2 février au dimanche 3, de 03h15 à 04h50, France Culture (« Nuits ») : « Mardis du cinéma » du 22 février 1992 sur Werner Herzog

 
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Nuit du vendredi 8 février au samedi 9, de 01h56 à 02h37, France Culture (« Nuits ») : « Projection privée » du 8 février 2004 avec Marco Bellochio, à l’occasion de la sortie en France de son film Buongiorno notte

 
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LONGUE VIE À "JEUNE CINÉMA" !

30 Janvier 2008, 15:20pm

Publié par Mister Arkadin

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Avertissement (16 mai 2009) : suite à la réclamation d'une personne mentionnée dans ce billet, son nom a été retiré.


Réception hier de ma revue de cinéma préférée, l’une des plus anciennes encore en activité (elle a fêté récemment ses quarante ans), celle que je dévore avec le plus d’avidité dès que je la reçois : Jeune cinéma. Je rendrai sans doute compte régulièrement des huit numéros annuels de cette publication à laquelle il m’arrive de collaborer (plusieurs de mes textes publiés dans JC sont déjà disponibles sur ce site : à propos de Rocky Balboa, de Lo Duca, de Max Pécas). Je conseille le n°314 (décembre 2007) d’autant plus volontiers que je n’y ai pas participé. J’y ai en revanche retrouvé les plumes les plus habituelles de JC : son irréductible capitaine, Lucien Logette, aux éditoriaux toujours aussi stimulants ; Heike Hurst, qui continue de parcourir les festivals du monde entier en quête d’inédits (à Namur ce mois-ci) ; Philippe Roger et X, qui savent dénicher les perles, parmi la surabondante production de DVD (14 pages sur 76 pour ce numéro !) ; Vincent Dupré, le petit dernier (mais pas le moins suivi), l’un des rares critiques dont je lis systématiquement les comptes rendus même à propos de films que je n’ai pas (encore) vus ; Alain Virmaux, dont la connaissance de l’histoire du cinéma est si étourdissante qu’il parvient de nouveau à nous concocter du neuf sur des sujets qu’il a déjà parcourus en tous sens (cette fois-ci : Une partie de campagne, le groupe Octobre et Prévert, Jean Vigo, le cinéma expérimental) (1) ; le toujours si prolifique René Prédal ; sans oublier les fidèles Andrée Tournès (directrice de publication), Jacques Chevallier, Jean-Max Méjean, Bernard Nave, Philippe Rousseau, etc. Ne manque quasiment à l’appel que le trop parcimonieux Jean-Paul Combe.

Jeune cinéma est l’exact inverse de Première, dont j’ai fait hier un éloge mesuré. L’un est un magazine très professionnel (au bon et au mauvais sens du terme) que l’on trouve dans tous les kiosques, grand format et luxueusement illustré, parsemé de publicité et plus ou moins soumis aux diktats de l’actualité comme au soutien à l’industrie cinématographique française. L’autre est une petite revue en noir et blanc, confectionnée amoureusement par des bénévoles, sans la moindre publicité (pas un centimètre carré à jeter dans cette revue) ni le moindre tapage, que l’on trouve surtout dans les librairies spécialisées et en bibliothèques (nous conseillons donc l’abonnement). JC se caractérise surtout, on l’aura compris, par des sommaires délibérément à contre-courant des sentiers battus. Cela se remarque dès la couverture, qui affiche, au dos de son dernier numéro, Pierre Blanchar dans un film de Jean Delannoy (pour le centenaire de ce dernier), en une Hélène Noguera et François Marthouret dans une pièce de Daniel Benoin (pour annoncer un dossier sur les rapports entre le Théâtre et le Cinéma, sujet classique, plus particulièrement les adaptations théâtrales d’œuvres cinématographiques, sujet moins courant (2)). Peu de revues de cinéma pourraient proposer à ses lecteurs des ensembles aussi informés sur des sujets aussi variés que l’histoire du cinéma d’animation en France, Luigi Comencini, Jean Benoit-Lévy, etc. Et quand JC traite de sujets que l’actualité rend moins originaux ou ésotériques (Bod Dylan et le cinéma, à l’occasion de la sortie d’I’m not There), il le fait à sa manière, précise, érudite, décalée, constamment éclairante, à tel point que nombre de ses dossiers pourraient aisément être développés pour une publication en volume. Ainsi, quand Lucien Logette signale qu’il n’existe qu’un unique livre anglo-saxon sur Bod Dylan et le cinéma, datant qui plus est de 2000, sommes-nous enclins à attendre, voire à exiger de lui qu'il publie l’équivalent en français !I-am-not-There.jpg

À l’originalité et à l’érudition, cette revue a le bon goût d’ajouter le style, ce qui devient l’exception dans la presse cinématographique. J’ai parlé à dessein de "plumes" pour présenter les collaborateurs de JC. Chacun a la sienne. Mais tous sont "lisibles" (c’est bien le moins, me dira-t-on, mais cela devient hélas pas si fréquent…) et même agréables à lire ; aucun ne recourt au moindre jargon ou formules alambiquées et les bonheurs d’expression abondent. On chicanera bien telle ou telle formule un peu facile, la mort comme "épuisement vital" chez Lubitsch par exemple (p.40). Mais l’auteur, Philippe Roger en l’occurrence, s’empresse d’en inventer d’autres très pertinentes, comme son opposition entre la « manipulation active » du documentariste Ophuls et la « manipulation passive » de Philibert et Mordillat (p.44 ; sur le modèle de Pierre Dumayet dans "Lecture pour tous" - voyez par exemple ce qu’il réussit à "extorquer" de Céline sans le "cuisiner" le moins du monde). De même, si d’aucuns hausseront les sourcils à la lecture d’une affirmation de formalisme absolu délibérément cavalière (« le discours, notre règle est d’ailleurs de s’en foutre royalement », page 51), dans laquelle la critique se complait parfois, X est immédiatement pardonné puisqu’elle s’accompagne à la fois de propos favorables sur Mel Gibson, une fois n’est pas coutume, la comparaison Apocalypto---Mel-Gibson.gifd’Apocalypto avec Le Nouveau Monde me paraissant notamment bienvenue, sur le génial Black Book, et de propos impertinents sur Kubrick (2001 étant dit « lourdingue thématiquement ») et Visconti (pour ses « pâtisseries indigestes »).

En résumé, nous n’échangerions aucun numéro de Jeune cinéma contre l’année complète des Cahiers du cinéma ou de Première. Et s’il est une revue qui ne risque pas de pâtir de la comparaison avec les ressources d’Internet, pourtant prodigieuses, c’est assurément Jeune cinéma !Le-Nouveau-Monde.jpg

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Notes, liens et informations complémentaires :

(1) Le samedi 9 février, au Studio des Ursulines, est présenté en première partie d’un Ciné-concert la Coquille et le clergyman (film de Germaine Dulac, sur un scénario d'antonin Artaud, mis en musique par François Hadji-Lazaro) Tumultes aux Ursulines, vidéo-récit d'Alain Virmaux (conception et entretien de Prosper Hillairet ; réalisation de Alexandre Deschamps, Nicolas Droin, Laurent Navarri). Réservation recommandée à partir du 6 février (01 56 81 15 20).

(2) Le sujet aurait pu être traité sous un autre angle, évoqué par René Prédal en introduction de son étude, en examinant les nombreux rôles de théâtre interprétés en ce moment par des comédiens plus connus comme acteurs de cinéma. Cela nous vaut quelques perles cinéphobiques, dont je livre la plus culottée. La rédactrice en chef de Télérama, Fabienne Pascaud, conclut sa chronique théâtrale de cette semaine (n°3029, 30 janvier 2008, p.59), consacrée à l’École des femmes mise en scène par Jean-Pierre Vincent, avec Daniel Auteuil, par un éloge de Lyn Thibault, « une Agnès exceptionnelle » : « Plus belle à mesure que la pièce avance… Heureusement, elle n’a pas encore fait trop de cinéma. »

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Y A-T-IL ENCORE DU CINÉMA DANS LES SALLES ?

30 Janvier 2008, 10:11am

Publié par Mister Arkadin

Pas plus que dans les entretiens donnés par Thomas Langman (voir notre article « "Première", les "cinéphiles sérieux" et le marketing du cinéma »), il n’est guère question de cinéma à la une des journaux aujourd’hui. « Mission box-offix » pour l’un (Métro), « Astérix à l’attaque du box-offix » pour l’autre (20 Minutes), même photo dans les deux canards gratuits : l’imagination des journalistes semble aussi limitée que celle des scénaristes et promoteurs du film. Hélas, la curiosité du public sera à l’avenant (nous aurions aimé utilisé le conditionnel, mais il ne rendrait pas justice au conditionnement)… Une phrase faisait fureur au début du siècle dernier : « Le public a la presse qu’il mérite. » La relation triangulaire cinéma/médias/public permet de l’actualiser : « Le public a le cinéma que les médias qu’il mérite lui servent. »

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PELLICULES, OPUS, PROPOSITIONS ET AUTRES OBJETS DE CINÉMA... : LES DROITS DU NÉOLOGISME DANS LA CINÉMATOGRAPHIE

29 Janvier 2008, 15:10pm

Publié par Mister Arkadin

Dans mon pastiche critique sur Max Pécas "auteur de films", j’ai quelque peu ironisé sur la tendance d’une certaine partie des journalistes de cinéma à user de moult périphrases, creuses ou pompeuses, pour désigner un film. En quoi parler d’"objets de cinéma" permet-il de mieux rendre compte de films ? Les cinéastes en vogue ne sont bien sûr pas en reste. On conçoit fort bien qu’après avoir fait l’Idhec et après avoir été promue grande prêtresse, meilleure oratrice et protectrice du cinéma français "d’auteur", la si sérieuse Pascale Ferran ne pourrait plus condescendre à parler d’un "film". Elle se doit désormais d’être, par exemple, « impressionnée devant "la puissance de cette proposition de cinéma" » (à propos de California Dreamin’, 20 MinutePascal-Ferran---aux-C--sars.jpgs, 7 janvier 2008, p.21). Ce recours à la périphrase vise à souligner le caractère novateur, voire expérimental, de certains films. Mais ne camoufle-t-il pas tout autant l’impuissance à décrire, à expliquer ce que ces films ont justement de novateur, d’expérimental ou de "puissant"? N’est-il pas dès lors plus aisé d’utiliser un jargon intimidant que d’analyser ce que l’on croit déceler d’important ? Et l’avis de Pascal Ferran aurait-il été pieusement consigné si elle l’avait exprimé de façon simple et explicite ? D'une certaine façon, cette utilisation de périphrase pour désigner un film, qui s'inspire peut-être des milieux d'avant-garde artistiques de l'"art contemporain", rejoint la novlangue publicitaire : "Préservez votre capital santé !", nous enjoint une campagne contre le  tabagisme. Parler d'"objet de cinéma" et de "proposition de film", n'est-ce pas une façon de "préserver son capital santé" pour le petit milieu qui se prétend l'avant-garde cinématographique en France ?

 

Loin de moi l’idée de nier « les droits du néologisme dans la cinématographie », comme l’affirma dans Le Temps du 26 mai 1923 le critique Émile Vuillermoz. J’ai d’ailleurs consacré un chapitre entier de mon livre sur ce dernier à la langue du cinéma, qu’il contribua à forger dans les années 1910-1920. Comment parler d’un art appelé à émerger ? Comment rendre compte d’un moyen d’expression artistique naissant ? Avec des mots nouveaux, des périphrases, des analogies et des métaphores, assurément. Il est parfaitement légitime que le discours critique n’emprunte pas seulement au discours technique (dont il enrichit d’ailleurs le vocabulaire) ou aux discours sur les arts préexistants. Aussi bien, s’il m’était donné le loisir de diriger des études cinématographiques, j’inciterais très certainement l’un de mes étudiants à reprendre le travail de Jean Giraud sur « Le lexique français du cinéma ». Jamais renouvelée (à ma connaissance), cette étude pionnière (elle date de 1956 et a été éditée par le CNRS en 1958), gagnerait à être actualisée, d’autant que l’investigation s’arrêtait à 1930. De nombreuses manières de parler du cinéma ont été inventées depuis. Un dictionnaire historique du vocabulaire critique du cinéma, un peu à la manière du Dictionnaire historique de la langue française des éditions Robert, serait donc bienvenu, le Dictionnaire théorique et critique du cinéma de Jacques Aumont et Michel Marie n’en tenant que partiellement lieu.Dictionnaire-Aumont-Marie.jpg

 

Qui sait si nous ne sommes pas dans une période de mutation du cinéma, qui mériterait donc que sa langue évolue de concert ? Je suis tout prêt à le croire, mais encore faudrait-il que les commentateurs et acteurs du cinéma fassent preuve d’un peu plus d’invention ! S’il s’agit juste de varier les façons de désigner un film, pour éviter les redites – tel Jean-Louis Coy qui, dans sa courte chronique « Cinéma » publiée dans L’Ours (mensuel socialiste) en janvier 2008, parle successivement d’"œuvre", de "long métrage", d’"opus", de "pellicule", puis de "moment de cinéma"… –, cela n’en vaut franchement pas la peine !

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