Mister Arkadin

Articles avec #films - sorties

ÉPIGONE²

17 Septembre 2012, 23:02pm

Publié par Mister Arkadin

La dernière fois que je me suis rendu à la BnF, il y a quelques semaines, voire mois, avaient été érigés en salle H trois présentoirs mettant en valeur des livres, deux pour les prix littéraires, le troisième présentant ceux qui avaient fait l’objet d’une adaptation « à l’affiche au cinéma en ce moment » : Reza, Foakinos, Beigbeder, Despentes, Adam, Igor Gran, Laurent Gaute, Echenoz.

Après avoir vu son film, L’amour dure trois ans, j’ai lu que Frédéric Beigbeder revendiquait Allen et Guitry comme sources d'inspiration. Bizarre, pendant la projection, je n’avais pensé qu'à Rémi Besançon. Beigbeder se voudrait l’épigone du metteur en scène américain, alors qu’il pourrait au mieux prétendre au rang d’épigone de son épigone français.

 


Paris-Manhattan--epignone-allenien-.png

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COUREZ VOIR UN FILM "QU'ON PEUT NE PAS VOIR..."

20 Août 2012, 22:28pm

Publié par Mister Arkadin

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/d/dc/Give_a_girl_a_break.jpg/220px-Give_a_girl_a_break.jpgQue dirait-on d'un critique qui dissuaderait ses lecteurs d'aller voir Give the Girl a Break, malgé des chorégraphies, certaines « franchement acrobatiques, inventives et impressionnantes », parce que l'intrigue serait « des plus guimauves » ? Qu'il doit appartenir à la presse des années 1950, pour dauber un film appartenant à un genre "mineur" parce que le formidable plaisir qu'il procure ne serait pas assez "distingué".  Il y a beau temps que la comédie musicale hollywoodienne classique ne suscite plus le mépris, mais son avatar contemporain, parfaitement représenté par la série Sexy Dance, subit le même traitement. Cette page critique du Canard enchaîné (8.V.2012, p.6) dont je prélève un extrait est d'autant plus frappante que, dans la catégorie au-dessus ("films qu'on peut aller voir", si je ne me trompe, peut-être "à la rigueur"), figure le dernier navet de Frears, Lady Vegas.

Pour en revenir au cinéma, le troisième volet de la série "Sexy Dance" était si réussi que je doutais que le quatrième ne puisse pas me laisser sur ma faim. Courez-y ! Si les chorégraphies sont peut-être légérement en retrait, l'utilisation de la 3D y est encore plus intelligente (notamment dans une scène intime, qui comporte le plus beau plan qu'il m'ait été donné de voir avec cette technologie). N'était une introduction laborieuse et une petite touche putassière à la toute fin, on avoisinerait le chef d'oeuvre. 

http://4.bp.blogspot.com/-s46T4UVLafQ/T7kIMI68AqI/AAAAAAAADmE/IYZAUfo7nbc/s420/Sexy_Dance_-4_pub.jpg

Le-Canard-enchaine--2012-08-08---Sexy-Dance-4.jpg

A ne pas manquer également, Magic Mike, dans lequel Soderbergh retrouve l'inspiration, grâce à un récit mené tambour battant, des dialogues remarquablement écrits et une troupe d'acteurs épatants (une révélation, la superbe Cody Horn). On y appréciera en particulier la façon dont est subrepticement dressé un état de l'Amérique, avec ce jeune homme menant de front deux jobs, dans le bâtiment le jour (comme Costner dans The Company Men), dans une boîte de strip-tease la nuit, gagnant des clopinettes d'un côté et pas mal de fric de l'autre, vivant dans une barraque luxueuse et n'arrivant cependant pas à se voir accorder un misérable prêt par sa banque pour lancer son propre business.

Pas le temps de rendre justice aux deux meilleurs films de l'été en écrivant quelque chose de plus original, mais je m'en serais voulu de ne pas les saluer avant qu'ils quittent l'affiche, alors, voilà qui est fait !

http://www.dramastyle.com/images/3/3/8392/Magic-Mike_8392_24.jpg


Note : parmi la multitude de papiers sur Soderbergh parue à l'occasion de la sortie de Magic Mike, en plus d'une bonne critique de Jean-Marc Lalanne dans Les Inrockuptibles, lire : « Soderbergh filme en tous genres », par Aurélinao Tonet, Le Monde, 18.VIII.2012, supplément "Culture & Idées", p.8.

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Y A-T-IL UN CORNIAUD DANS LA SALLE ?

28 Juillet 2012, 23:04pm

Publié par Mister Arkadin

Pire que les projections éclair, voici les projections en VF only. Ce n'est très certainement pas la première fois, mais cela se remarque plus quand il s'agit d'un film, distribué sous le titre Les Trois corniauds (BA), de réalisateurs connus, les frères Farelly : une salle à Paris (une séance par jour), une en banlieue, quelques-unes en province. Mais que de la VF. A quoi bon dès lors un compte rendu favorable dans les Inrocks

http://desmond.imageshack.us/Himg833/scaled.php?server=833&filename=thethreestoogesposter05.jpg&res=landing


Compléments :

(1er août 2012) : ... apparement non, guère de corniaud dans la salle, puisque le film ne passe déjà plus en région parisienne (encore trois salles en province).

(7 août 2012) : Dommage que cette sortie éclair ne nous ait pas permis d'apprécier les débuts à l'écran du mannequin le plus hot du moment, Kate Upton (son deuxième second rôle, en fait, puisqu'elle apparaît dans Le Casse de Central Park)  :

 

http://idata.over-blog.com/6/01/48/17/cotentin-web-1/Cotentin-web-2/Cotentin-web-3/cotentin-web-4/Cotentin-web-5/cotentin-web-6/cotentin-web-6/Cotentin-web-8/kate-upton-nonne-sexy.jpg

http://www.howtomakeit.com/wp-content/uploads/Kate-Upton-9.jpg


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INVERSION ACCUSATOIRE

25 Juillet 2012, 15:46pm

Publié par Mister Arkadin

De même que, dans l'interminable clip de propagande Contagion, réalisé par Soderbergh, la contestation des autorités états-uniennes était caricaturée dans un personnage de blogueur corrompu répandant, contre espèces sonnantes et trébuchantes, toutes sortes de rumeurs s'avérant farfelues, dans Batman - The Dark Knight Rises, de cet autre "yes-man" qu'est devenu Christopher Nolan, le mouvement des "Indignés" contre Wall-Street et l'oligarchie prend l'allure d'une bande de terroristes sans foi ni loi, sauf celle du plus fort et d'un tribunal révolutionnaire n'ayant rien à envier à ceux de la Terreur. 

http://www.flix66.com/wp-content/uploads/2012/07/Christopher-Nolan-on-set-of-The-Dark-Knight-Rises-1-e1342662205188.jpg

Au malaise succède l'écœurement quand les braves flics américains, aidés par un héros, certes torturé, mais positif (pas très loin, à cet égard, de celui d'Hancock), s'activent pour désamorcer une bombe atomique. Combien de spécialistes du cinéma américain vont répétant que celui-ci, au contraire du cinéma français, saurait regarder en face les taches noires de l'histoire des USA ? On nous a par exemple fait le coup avec Green Zone au sujet de la guerre d'Irak, à retardement (battre sa coulpe sur ses erreurs passées pour faire avaler les actuelles, stratégème courant), alors même que les USA étaient engagés dans d'autres guerres impérialistes qui n'ont guère fait l'objet de films critiques. Combien de films ont-ils traité d'Hiroshima et Nagasaki (moins d'un centième du nombre de ceux qui traitent du crime perpétré par un ennemi, l'Holocauste ?) ? Combien ont-ils représenté une explosion atomique ? Le faire aujourd'hui, en plein climat de suspicion savamment entretenu sur les prétentions nucléraires de l'Iran, pour montrer un héros américain prêt à se sacrifier pour la détourner des populations civiles, frise l'indécence : il est des champignons venimeux, assurément !

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SS CONTAMINÉ PAR LB

13 Juillet 2012, 16:23pm

Publié par Mister Arkadin

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/84/25/12/19735454.jpg

Vu Piégée, la dernière production Besson, plutôt en recul par rapport à Colombiana, qui appliquait une partie des mêmes recettes, la principale étant de placer une fille sexy et aux tenues moulantes au centre d'un imbroglio d'opérations barbouzardes et de courses poursuites, à cheval sur plusieurs continents (ce qui favorise les vues aussi touristiques que cinématographiques) et avec moult coups de feux et de poings (le choix d'une héroïne à la jolie plastique faisant encore mieux ressortir l'égale fonction narrative des scènes de bagarre dans ce genre de films que des scènes de cul dans les films coquins).

http://www.cinemovies.fr/images/data/photos/19284/haywire-2012-19284-1888424906.jpg

Piégée, par rapport à Columbiana, gagne en roublardise ce qu'il perd en punch et cherche à faire passer toutes sortes de situations et d'actes débiles grâce à la coolitude de la musique d'ambiance et la décontraction du filmage. Les publicitaires ont trouvé astucieux d'insister sur le choix d'une pulpeuse championne de sport de combat, Gina Carano, pour donner la réplique à une pléiade de vedettes masculines (Banderas, Channing, Douglas, Fassbender, Mc Gregor). La prestation de la donzelle est loin d'être déshonnorante. Petit problème tout de même, auquel on reste ébahi qu'on n'ait apparemment pas réfléchi : son habilité dans les scènes physiques contraste avec la raideur des pauvres Fassbender et Mc Gregor dans ce genre d'excercices, au point qu'on se demande pourquoi il a été pris la peine de prolonger les combats pour donner l'impression qu'ils pourraient être équilibrés, tandis que, face à l'aisance dans les scènes de comédie d'un Fassbender, Carano ne pouvait que paraître empruntée.

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/85/34/31/20023305.jpg

Le type même de fausse bonne idée de casting, par conséquent.

http://cdn.breitbart.com/mediaserver/Breitbart/Big-Hollywood/2012/05/01/haywire/haywire.jpg

Ah tiens, mais voici qu'en allant regarder le générique du film, je me rends compte qu'il ne s'agit pas d'une production du "bourrin" Besson, ni d'une réalisation d'un obscur tâcheron à son service, mais de l'œuvre d'un "auteur", Steven Soderbergh. Quoiqu'après l'innommable Contagion, SS aurait pu se vendre à plus offrant encore et rejoindre l'écurie Besson. Peut-être aurait-il été dans ce cas contraint à plus de sobriété et de sincérité dans le traitement de son sujet. Au lieu de quoi, sa façon de s'aventurer sur des terres qui ne sont pas les siennes rend par comparaison presque sympathique le côté premier degré des productions Besson (un peu comme le dernier Marchal, soit dit en passant). 

http://www.cinemovies.fr/images/data/photos/19284/haywire-2012-19284-104133913.jpg

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PUBLI-CRITIQUE : TUCKER & DALE

25 Février 2012, 00:08am

Publié par Mister Arkadin

Souhaitant revoir l'excellent Tucker and Dale fightent le Mal (Tucker & Dale vs. Evil), je me rends compte que ce film sorti le 1er février dernier, qui surclasse largement Shaun of the Dead (les amateurs auront compris le genre), ne passe plus à Paris que dans une salle, une seule fois par jour, à 10h du matin. 

Il me paraît dommage que ce film quitte l'affiche aussi vite. Je relaie par conséquent un message de l'attaché de presse, ayant la flemme d'écrire moi-même une critique. Voici donc cette publi-critique :

 

Tucker & Dale : la vérité ça va continuer !!

 

Tucker & Dale Fightent le mal a cumulé plus de 120 386 entrées en France depuis sa sortie. Un bon score au vu du nombre de copies du film, mais nous avons encore besoin  de vous pour l’encourager pendant les vacances d’hiver.

 

Pourquoi encourager Tucker & Dale Fightent le mal ?

 

 

Ø Tucker & Dale  a rencontré un vrai succès dans les plus grands festivals de films fantastiques, reconnaissance qui s’est aussi traduite au sein de la presse française

 

Ø Ce genre de comédies horrifiques sortent de moins en moins souvent en salles en France, il faut donc encourager les distributeurs à continuer

 

Ø Il s’agit du premier film d’un jeune réalisateur

 

Ø Parce que si vous ne le faites pas, on vous forcera à passer vos vacances chez Tucker & Dale cet été

 

Comment aider Tucker & Dale ?

 

Ø  Si vous ne l’avez pas encore fait, n’hésitez pas à mettre en ligne vos critiques, les extraits du film et la bande annonce  (cf ci-dessous) et à les mettre en avant sur vos différents sites et blogs

Ø  Partagez l’info sur les réseaux sociaux : Tucker & Dale est toujours à l’affiche

Ø  Conseillez à tous vos amis d’aller voir le film !!

TUCKER & DALE FIGHTENT LE MAL

La vérité, ça va scier ! 

 

"Parodie de film d'horreur à servir frappée, Tucker & Dale fightent le mal débarque, en ce début d'année bien rangé, comme une curiosité ovniesque à souhait." L’Express
"On ne peut s’empêcher de rire, tellement le réalisateur met de cœur à l’ouvrage" Le Figaroscope
"Ce génial pastiche des films d’horreur est le délire surprise de ce début 2012. On en veut en gore !" FHM
"Cette comédie des apparences permet de revisiter de manière hilarante la trame convenue du film d’horreur" Le Canard enchaîné
"A mourir de rire" L'Est Républicain
"Maîtrisé et mortel"  L'Alsace
"la séquence du broyeur à bois exorciserait presque, quinze ans après, celle de Fargo des frères Coen" Telerama

"Il faut sans doute remonter à Scream pour voir un film d’horreur s’amuser (et nous amuser) à ce point avec les conventions du genre" Première

« Un vrai massacre à la déconneuse » Filmsactu

 « Le digne successeur de SHAUN OF THE DEAD » L’Ecran fantastique

 

Réalisé par Eli Craig
Avec Tyler Labine, Alan Tudyk, Katrina Bowden

 

Afin de télécharger les extraits cliquez ici :

 

http://frpress.waytoblue.com/distribution/FR/Wild_Bunch/extraits.rar

 

Alternativement utilisez les liens ci-dessous :

 Extrait 1

VOST :

 http://www.youtube.com/watch?v=_aDf7sun-Js

 

VF :

 http://www.youtube.com/watch?v=vZOl3wKm77g

 

 

Extrait 2

VOST :

http://www.youtube.com/watch?v=cOk9kvxaEvs

 

VF :

http://www.youtube.com/watch?v=eliyS_iIAEQ

 

Tucker et Dale sont deux gentils péquenauds venus se ressourcer en forêt. Ils y rencontrent des étudiants venus faire la fête. Suite à un quiproquo entraînant la mort d’un des jeunes, ces derniers pensent que Tucker et Dale sont des serial killers qui veulent leur peau, alors que nos héros pensent que les jeunes font partie d’une secte et qu’ils sont là pour un suicide collectif ! C’est le début d’un gigantesque malentendu dans lequel horreur et hilarité vont se mélanger.

 

La bande annonce est toujours disponible ici :

 

 VOST :  http://youtu.be/-nYKGtbo4vI

 VF : http://youtu.be/yocEi2ZLQdE

http://www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2011/12/Tucker-Dale-vs-Evil-poster-ru.jpg

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14 HEURES DOS AU MUR

18 Février 2012, 00:22am

Publié par Mister Arkadin

http://www.nouvellelune.fr/media/4721.jpg

« Un air de déjà vu », est-il écrit dans Télérama à propos du « film de casse hollywoodien » Dos au mur. Il n'a cependant pas été remarqué par la critique, sauf erreur, que le "déjà vu", en l'occurrence, n'est pas tant l'histoire d'un innocent forcé d'aller confondre les coupables, mais dans la situation du héros passant « tout le film debout sur la corniche d'un gratte-ciel new-yorkais », qui semble sortir tout droit d'un très bon Henry Hathaway (l'autre grand HH de la belle époque), 14 Heures

http://www.dbcovers.com/imagenes/peliculas/14_horas_1951.jpg

Truffaut n'avertissait-il pas ses confrères cinéastes : « Il faut s'habituer à l'idée que nous serons jugés par des gens qui n'auront jamais vu un film de Murnau » ?


PS : un très bon billet sur l'influence d'HH a été publié sur le blog "Abordages".

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LA PIPE DE CRUISE

14 Février 2012, 00:02am

Publié par Mister Arkadin

http://www.smeba.fr/uploads/RTEmagicC_Poster-MISSION-IMPOSSIBLE4.jpg.jpg

J'ai beau relire le résumé du film soviétique La Pipe du communard donné par Wikipédia, je ne saisis guère la raison pour laquelle il lui est rendu une sorte d'hommage dans le dernier blockbuster de Tom Cruise, Mission impossible 4, où l'on voit très distinctement l'affiche ci-contre sur un mur lors de la scène où Cruise reçoit sa mission.

http://www.pixelcreation.fr/fileadmin/img/sas_image/galerie/graphisme/chaumont-2010-01/06-aff-constructivistes.jpg

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CE QU'IL Y A DE TERRIBLE, C'EST QUE GUÉDIGUIAN A SES RAISONS

21 Novembre 2011, 01:04am

Publié par Mister Arkadin

http://blog.slate.fr/projection-publique/files/2011/11/LES-NEIGES-DU-KILIMANDJARO_photo6.jpg 

La fameuse sentence d'Octave prononcée par Jean Renoir dans La Règle du jeu ("ce qu'il y a de terrible sur cette terre, c'est que tout le monde a ses raisons") est devenue le mot d'ordre de la critique pour caractériser ce que doit être le regard juste d'un metteur en scène sur ses personnages. Certains cinéastes consciencieux semblent également extrêmement soucieux d'en faire leur principe directeur, tel ce bon Robert Guédiguian dans Les Neiges du Kilimandjaro. Surtout qu'aucun personnage ne soit tout blanc ou tout noir. Quelle application à montrer que "les bons" de l'histoire peuvent aussi avoir de mauvaises pensées et de mauvais gestes, et qu'un malfrat est d'abord un désespéré (première circonstance atténuante), mais aussi un aîné aussi attentionné qu'astucieux dans son comportement à l'égard de ses deux frères délaissés par leurs parents (enclenchons la seconde), voire un analyste lucide des limites de la lutte syndicale (un, deux, trois zéros, tout le monde s'incline). Cependant - mettons cela sur le compte moins de la malhonnêteté que de la maladresse (tant le film en regorge, de maladresse s'entend) -, Guédiguian n'ose pas aller jusqu'au bout. Ainsi passe-t-il totalement par pertes et profits un autre personnage, chargé de tous les vices puis promptement évacué de l'écran, parce qu'embarrassant, à tel point qu'on l'oublierait presque avant de s'étonner de ne pas le voir resurgir au moment où cela s'imposerait (s'il est "indéfendable", que Guédiguian ose le dire au lieu de fuir la question). La fin du film relève du conte de fées, sans quoi le "happy ending" paraîtrait niaiseux. Sauf que, là aussi, Guédiguian n'ose pas nous montrer une franche réconciliation générale et évacue la question de savoir comment une personne qui n'est pas tenue informée de la résolution du problème auquel sont confrontés les protagonistes va réagir quand il va l'apprendre - « Oh merci, je ne puis résister à tant de générosité, soyons les meilleurs amis du monde désormais » ou « allez vous faire foutre et mêlez vous de vos oignons ! » Encore un effort, Robert, pour rendre moins sommaires vos scénarios... 


Complément :

(15 août 2012) Le même type de réserve peut être faite à propos de la majeure partie de l’œuvre de Ken Loach, dont je comprends qu’elle puisse enthousiasmer (par exemple Philippe Bilger) mais qui me laisse sur ma faim depuis le sommet de sa trilogie Riff Raff / Raining Stones / Lady Bird.

Que ce soit dans son versant léger (le récent La Part des anges), ou dans versant grave (It’s a Free World), son poids fort rejoint son point faible : elle ne s’intéresse jamais tant qu’aux fracassés de la vie, aux petits voyous "attachants" en voie d’amendement, aux prises à de vrais méchants, à des personnages irrécupérables dont on ignore à peu près tout sinon leurs forfaits – part d’ombre d’un cinéma somme toute plutôt rassurant, rédempteur.

http://alternatives-economiques.fr/blogs/cinema-eco/files/its-a-free-world-poster.jpg

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