BESANCENOT, LE VICTIME D’UNE SANS-PAPIÈRE
Voici quelques années, j’avais été épaté, au cours d’une émission de France Culture (« Répliques ») dans laquelle il était question de la féminisation des mots (de fonctions notamment), par l’humour pince-sans-rire d’un professeur de philosophie qui avait réussi à glisser dans la conversation, en n’appuyant aucunement son effet, puis en continuant de parler comme si de rien n’était, qu’il était « un victime » (1). On ne pouvait mieux montrer le ridicule de nos modernes précieux, de la complaisance envers un féminisme outrancier et suranné, mais ayant toujours le vent en poupe. Le plus beau avec Ubu, c’est quand la réalité rattrape la farce. Le farceur, ici, est facteur. Son conformisme d’idiot utile éclate, une fois de plus, dans une vidéo qu’Alain Soral a mise en ligne avant-hier sur son site (« Bobo-libéralisme : petit cours de rappel avant la rentrée... »). Que ceux que Soral exaspère aille directement au passage (au début de la sixième minute du document) qui voit Olivier Besancenot compatir, la larme à l’œil, avec la misère d’immigrés clandestins pourchassés par la gestapo sarkosyste, des drames ayant frappé un sans-papiers et une sans-papiers : « une sans-papières », se reprend-il, sans que cela choque son interlocutrice et sans qu’il se rende compte de l’énormité de sa bourde (2). Ne manque que le nez rouge à ce rigolo ! Il ne porte pour l'instant que le faux nez…
Compléments :
(1) (1er septembre 2009) Devait manifestement prendre place ici une note, mais elle a disparu, j’ignore à quel moment et pourquoi. Je ne me souviens plus non plus de son contenu…
(3) (27 mars 2010) Dans le dépliant publicitaire du film réalisé par le collectif des cinéastes pour les "sans-papiers" (les guillemets sont dudit collectif), On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici !, et qui appelle à la régularisation de tous les travailleurs sans papiers, l'un de ceux-ci déclare : « Si c'est pas les sans papiers qui font ce travail, là, le patron ne trouvera jamais quelqu'un pour le faire. » J'ai du mal à comprendre la logique. Si ce travailleur est régularisé, il n'acceptera donc plus ce travail que seul un sans papier, ce qu'il ne sera plus, accepterait. Et si ce patron ne pouvait trouver, aux conditions qui lui conviennent, qu'un sans papier, il ne pourra garder ce travailleur auquel des papiers auront été donnés. Mais la sanction que mérite peut-être ce patron pour avoir employé des sans papiers, sanction que le collectif n'a pas l'air d'envisager (il ne figure en tout cas pas parmi ses revendications affichées), est-elle de devoir garder ce travailleur dans d'autres conditions, plus décentes, mais du coup moins avantageuses pour le patron, alors que ses concurrents continueront à employer, à moindre coûts pour eux, des sans papiers arrivés depuis moins longtemps et du coup moins enclins à "sortir du bois" ?
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