Mister Arkadin

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QUE LES SOTS RÂLENT NE NOUS EMPÊCHE PAS DE PARLER CINÉ !

4 Décembre 2013, 02:06am

Publié par Mister Arkadin

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Quoi que l'on pense d'Alain Soral, toute personne attachée à la liberté d'expression, pas seulement en paroles mais aussi en actes, ne peut que se sentir le devoir d'attirer l'attention sur sa maison d'édition, Kontre Kulture, au moment où celle-ci fait l'objet de poursuites judiciaires iniques, notamment parce qu'elles portent sur des ouvrages disponibles chez d'autres éditeurs et chez d'autres  marchands en ligne, sans que ceux-ci s'attirent les foudres d'officines vengeresses.

Aussi le ferai-je en blogueur de cinéma, en donnant la liste des références au Septième Art contenues dans la remarquable Anthologie des entretiens, textes divers et préfaces donnés ou publiés par Soral depuis une dizaine d'années :

- p.11 : Tati et Pasolini ; Seul contre tous

- p.12 : Irréversible et la critique

- p.29 : Goupil

- p.117 et 119 : Les Ch'tis

- p.118 : Matrix

- p.125 : « interdit de cinéma »

- p.202-207 : « Jamel, le futur Smaïn » (janvier 2004)

- p.225 : « petit passage par le cinéma »

- p.286 : « Mathieu Kassovitz, le Luc Besson du cinéma indépendant »

http://s1.dmcdn.net/Cx63s/526x297-whJ.jpg

- p.273 : cinéma et « nouvelle bourgeoisie dominante »

http://api.ning.com/files/ypq3MwSwrsMYwPMAhnTvxeORAOk-7Op5hQEnnusjw1qfwMUU6OnyiFlrG74ibyKFehjWlRse370jbSchitYqoSXeUr0mbkub/Seul_contre_tous_17774969.jpg


Deux extraits :

- « Ce qui est étrange, c'est que le système a détruit toutes les mythologies classiques, mais il n'a rien produit à la place. Prenez le film Les Ch'tis. Ce système qui détruit l'enracinement et le service public nous offre un facteur enraciné comme héros. Le monde qui se met en place aujourd'hui ne se propose pas comme alternative, il fait semblant d'être le monde ancien. »

- « Je me souviens du début des années 90 comme d'une période d'abjection maximum : effondrement de l'U.R.S.S., guerre du Golfe, accords de Maastricht... et sur le plan culturel : Les Nuits fauves de Cyril Collard, Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel et autres films d'auteur d'une outrecuidance petite bourgeoise sans précédent. Aujourd'hui, avec la force de la Crise, des voix citoyennes s'élèvent ça et là : dans un périodique comme Marianne par la voix de Jean-Pierre Chevènement parfois, dans de rares films anglais comme Naked de Mike Leigh... pour oser dénoncer les nuisances et la mauvaise foi de cette nouvelle bourgeoisie dominante »


Soral acteur :

- excellent dans Parfait amour !

http://i1.ytimg.com/vi/ei74NVcxGVk/hqdefault.jpg

- pas terrible dans L'Antisémite

http://i1.ytimg.com/vi/hlervf3KW-s/hqdefault.jpg

 

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"FAITS & DOCUMENTS"

9 Septembre 2013, 23:25pm

Publié par Mister Arkadin

Mon goût pour les publications périodiques et les index vient d'être comblé par la mise en ligne d'un index [n°1 (mars 1996) à 348 (décembre 2012)] de la lettre d'informations confidentielles d'Emmanuel Ratier, Faits & Documents, dont le n°361 a paru récemment.

http://img.over-blog-kiwi.com/0/57/89/36/201309/ob_60ab1e407504dbe42d5e60a8f5b90a61_f-d-361.jpg

Même si cette publication traite en majeure partie des questions politiques (mais aussi géopolitiques, économiques et culturelles), on y trouve périodiquement de précieux échos sur des films et personnalités du cinéma (1). Ainsi, par exemple, l'entrée "Godard Jean-Luc" renvoie-t-elle à dix entrées, Rohmer à quatre, Eisenstein et Truffaut à trois, Berri et Kubrick à deux, etc.

Toutefois, gageons que c'est miss Léni la plus représentée : 31 occurrences ! (26 pour Spielberg...).

http://calindex.eu/COUVERTURES/CMO/CMO62.JPG


Note :

(1) Ainsi est-il rappelé, dans le dernier numéro, que Rudolph Herzog, dont sort en français un livre (Rire et résistance. Humour sous le troisième Reich, Éditions Michalon) {a} qui est le pendant de son documentaire Laughing with Hitler, est le fils de Werner {b}. Pour ceux qui seraient étonnés qu'un Herzog se spécialise dans l'humour, voir le Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle Orléans, dont certains moments sont parmi les plus tordants que j'ai vus ces dernières années.

Coïncidence : sort aujourd'hui un nouvelle adaptation de l'histoire de Kaspar Hauser.
{a} L'ouvrage se termine sur une analyse du film de Begnini La vie est belle, selon un compte rendu paru dans L'Humanité du 11 septembre 2013 (p.23).

{b} Gageons que ce fils a un rapport moins problématique à son père que celui de Veit Harlan, lequel est présent dans l'index de F&D (n°282, p.11) - cf. « Expier les fautes du père ».

http://www.crif.org/sites/default/fichiers/images/3475862_4_9b9f_veit-d-un-fils-a-son-pere-dans-l-ombre-du_036446f739d185db70a94bdb05f84655.jpg

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LIVRES ANNONCÉS OU REÇUS, VUS OU LUS DERNIÈREMENT (2)

12 Mai 2013, 23:02pm

Publié par Mister Arkadin

On se reportera au premier billet « Livres annoncés ou reçus, vus ou lus dernièrement » pour une présentation du principe de cette recension.

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Nota :

Entre crochets sont parfois reproduites les descriptions de la base d’Electre.

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Anger (Violaine), Roullé (Antoine), dir., Les Nibelungen de Fritz Lang, musique de Gottfried Huppertz, préface de de Jean-Loup Bourget, Paris Éditions L’Harmattan, 8 octobre 2012, 258 p.

[« Le film Les Nibelungen de Fritz Lang apparaît, à sa sortie en 1924, comme une œuvre atypique : d'une ampleur exceptionnelle, surtout pour un film muet, il a aussi bénéficié d'une écriture musicale pour grand orchestre ainsi que de moyens impressionnants pour le tournage. Gottfried Huppertz, le compositeur, connaîtra une longue descendance. Cet ouvrage collectif croise des approches cinématographiques, théâtrales, historiques et musicales d'une oeuvre monumentale à plus d'un titre. »]

http://www.editions-harmattan.fr/catalogue/couv/9782296996328r.jpg

 

Benoist (Alain de), Mémoire vive, Entretiens avec François Bousquet, Paris, Éditions de Fallois, mars 2012, 334 p.

Je reviendrai sur ce livre et plus généralement sur les rapports de l’auteur au cinéma

http://www.franceculture.fr/sites/default/files/2012/05/03/4433989/images/Couv.%20Benoist.jpg?1336038212

 

Bergeron (Francis), Bardèche, Éditions Pardès, coll. « Qui suis-je ? », 2012.

[CR de Dominique Venner]

http://fr.novopress.info/wp-content/uploads/2012/06/Bergeron-2.jpg

 

Brownlow (Kevin), La parade est passée…, Éditions Actes Sud / Institut Lumière, octobre 2011, 1008 p. [CR]

À noter une note précisant qu’Émile Vuillermoz fut le « père de la critique cinématographique » en France. Merci à l’éditeur ou au traducteur pour le clin d’œil !

http://www.actes-sud.fr/sites/default/files/couv_jpg/9782330000745.jpg

 

Brownlow (Kevin), Napoléon : le chef-d’œuvre d’Abel Gance, Paris, Armand Colin, à paraître le 3 octobre 2012, 320 p.

[« A partir des témoignages recueillis auprès d'Abel Gance et des acteurs, ainsi que des recherches sur des documents d'archives, cette étude, réalisée par un spécialiste du cinéma muet qui a reconstitué la version originale de ce film sorti triomphalement en 1927, en restitue l'histoire et le projet artistique. »]

http://i199.photobucket.com/albums/aa123/cleteux/Couverture.jpg

 

Chapier (Henry), Version originale, Paris, Fayard, 2012, 318 p.

[« Le journaliste retrace une vie d'engagement au service de la culture : ses années dans des grands quotidiens, son expérience de réalisateur et de critique de cinéma. Il rend également hommage aux personnalités qu'il a côtoyées de près, notamment par le biais de son émission télévisée. »]

http://www.le-site-des-livres.com/wp-content/uploads/2012/02/version-originale-henry-chapier.jpg

 

Chedaleux (Delphine) et Le Gras (Gwénaëlle), dir., Genres et acteurs du cinéma français, 1930-1960, préface de Guisy Pisano, Presses universitaires de Rennes, 2012, 216 p.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1329754311.jpg

 

Esnault (Philippe), Antoine cinéaste, préface d’Alain Carou, Éditions L’Age d’Homme, 2011, 264-XIV p.

http://www.lagedhomme.com/boutique/images_produits/c_esnault_antoine_270-z.jpg

 

Glauzy (Laurent), Illuminati. De l'industrie du Rock à Walt Disney : les arcanes du satanisme, Ariège, Éditions Maison du Salat, juin 2012, 108-VIII p.

http://librairiefrancaise.fr/1747-1529-thickbox/illuminati-laurent-glauzy.jpg

 

Gumplowicz (Philippe), Les Résonances de l’ombre. Musique et identités : de Wagner au jazz, Paris, Fayard, janvier 2012, 326 p.

À noter, pages 90-91 : « Sauf au cinéma où les réalisateurs usent largement de la musique pour précéder ou suggérer le flash-back, le retour par la musique est impossible » (note : « Voir Jean-Baptiste Thauret [sic], "La musique d’Ennio Morricone », Sergio Leone, Paris, Cahierse du cinéma, 2007. "Les ritournelles entêtantes de Et pour quelques dollars de plus, d’Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois la Révolution résonnent avec la structure circulaire des récits et des souvenirs qui, comme dans Il était une fois dans l’Ouest, n’en finissent pas de faire retour." »).

http://www.franceculture.fr/sites/default/files/2012/03/02/4400667/images/gumplowics.jpg?1353180639

 

Igounet (Valérie), Robert Faurisson. Portrait d’un négationniste, Paris, Éditions Denoël, mars 2012, 458 p.

[Réponse du biographié à son biographe]

Voir en particulier les pages 49-50, qui reprennent un témoignage de Louis Seguin sur les goûts cinématographiques de Robert Faurisson.

http://static.lexpress.fr/assets/334/poster_171313.jpg

 

Le Guern (Arnaud), Une âme damnée. Paul Gégauff, Éditions Pierre Guillaume de Roux, 13 septembre 2012.

http://gonzai.com/wp-content/uploads/2013/03/uneamedamnee.original.jpg

 

Lherminier (Pierre), Annales du cinéma français, Volume 1, Toute la mémoire du cinéma français, Paris, Nouveau Monde Éditions, 1200 p., 4 octobre 2012, 1036 p.

[« Premier volume d'une histoire du cinéma français, cet ouvrage traite particulièrement des débuts du cinématographe jusqu'aux premiers films parlants durant les années 1930. Avec une filmographie accompagnée de commentaires sur les œuvres les plus célèbres. »]

Bref compte rendu à paraître dans le numéro 11 de la revue Livr’Arbitres.

http://s1.lemde.fr/image/2013/02/14/534x0/1832947_5_f31d_couverture-du-livre-les-annales-du-cinema_5d3aec9358ae9ba427f38b50259b0aaf.jpg

 

Maray (Fabian), Stranger than Paradise. De 68 à aujourd'hui, le rêve américain revu et corrigé par son cinéma, Éditions Jacques Flament, 2012, 254 p. (extrait en pdf)

http://www.jacquesflament-editions.com/49-49-thickbox/stranger-than-paradise.jpg

 

Meletta (Cédric), Jean Luchaire. L’enfant perdu des années sombres, Éditions Perrin, 2013.

[2 entretiens avec l’auteur : 1 et 2]

Quelques pages sur la fille de Jean Luchaire, Corinne.

Bref compte rendu à paraître dans le numéro 11 de la revue Livr’Arbitres.

http://www.chire.fr/I-Grande-12531-jean-luchaire.net.jpg

 

Mérigeau (Pascal), Jean Renoir, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2012, 1104 p.

http://medias.sauramps.com/media/catalog/product/cache/1/image/x500/17f82f742ffe127f42dca9de82fb58b1/i/554/9782081210554_1_75.jpg

 

Soleil (Xavier), Benjamin, Éditions Pardès, coll. « Qui suis-je ? », 2011.

http://www.images-chapitre.com/ima1/original/438/45151438_9808694.jpg

 

Soral (Alain), Comprendre l’Empire, Paris, Éditions Blanche, 2011.

[Conférence de presse de présentation]

http://lecitoyenengage.fr/wp-content/uploads/2013/02/comprendre-lempire.jpg

 

Tillinac (Héloïse), Quand la politique se mêle de cinéma : la critique cinéma des grands quotidiens au prisme de l’engagement politique, Latresne (Gironde), Éditions Le Bord de l’eau, 18 janvier 2012.

[« A partir d'entretiens menés auprès de journalistes et d'une analyse d'articles critiques, cette publication interroge l'intrication entre représentations culturelles et représentations politiques. »]

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DEUX ÉDITEURS DE CINÉMA

5 Novembre 2012, 00:02am

Publié par Mister Arkadin

Après l’hécatombe des années précédentes, ces derniers mois ont été relativement épargnés par les disparitions de figures de la cinéphilie française, ce qui m’a évité d’avoir à alimenter régulièrement ma chronique d’hommages aux "passeurs" du cinéma.

Parmi les "médiateurs", la fin de l’année 2011 avait cependant vu la disparition de trois éditeurs s’étant distingués dans le domaine du cinéma. J’ai parlé rapidement de Michel Prigent voici quelques mois. C’est hélas tout aussi rapidement que je rends hommage aux autres, plutôt que de le faire avec encore plus de retard.

Dans sa belle nécrologie de Vladimir Dimitrijevic (Éléments, n°141, octobre-décembre 2011, p.30-31), François Bousquet écrit qu’ « il ressemblait au héros de Vivre de Kurosawa, son réalisateur préféré, qui vient à bout, seul, des résistances d’une administration obtuse et indifférente parce qu’il lui oppose une obstination supérieure. Il a mis dans l’édition la même opiniâtreté. » Bousquet omet cependant de signaler que le fondateur et directeur de L’Age d’Homme avait confié à Freddy Buacche l’une des collections de cinéma les plus riches de l’édition francophone.

http://www.lagedhomme.com/boutique/images_produits/2-8251-3336-1_1.jpg

Dans un très riche catalogue, je retiens pour ma part surtout les ouvrages de Raymond Borde sur les cinémathèques, l’Abel Gance de Roger Icart, De Caligari à Hitler de Kracauer et le Brunius de Pagliano.

Quant à Hubert Nyssen, décédé le 12 novembre 2011, faire un choix parmi les ouvrages qu’Actes Sud a publiés avec l’Institut Lumière est encore plus difficile. Contentons-nous, dès lors, de reproduire ci-dessous une page de pub pour une de leurs productions, parue dans la revue qu’ils éditent, Positif, et regrettons qu'Actes Sud n'ait pas publié les actes d'un colloque sur la cinéphilie tenu à l'Institut-Lumière en 1995, comme prévu.

Regrettons au passage aussi qu’un projet d’histoire de l’édition de cinéma, dont il me semble avoir entendu parler voici quelques années, n’ait pas connu de suite.

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SÉANCES D’AUTHIER

8 Avril 2012, 23:05pm

Publié par Mister Arkadin

Parmi les livres lus en 2011, Deuxièmes séances (Paris, Éditions Stock, 2009, 184 p.) fait partie de ceux sur lesquels j’avais la plus ferme intention d’écrire un compte rendu. Manquant de temps, je me contenterai de reproduire, pour mémoire, la liste des films dont Christian Authier parle dans ce livre, reprise à partir de celle établie sur le très pratique site "Ciné-Ressources" de la Bibliothèque du Film et classée par ordre alphabétique :

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A fleur de peau (Steven Soderbergh – 1994)

Barcelona (Whit Stillman – 1994)

Bowfinger, roi d'Hollywood (Frank Oz – 1998)

Breezy (Clint Eastwood – 1973)

Camping car (Barry Sonnenfeld – 2005)

Comme un chien enragé (James Foley, 1985)

Cop (James B. Harris – 1987)

Criminal (Gregory Jacobs – 2003)

Dark blue (Ron Shelton – 2001)

Duos d'un jour (Bruce Paltrow – 1999)

Les Fils de l'homme (Alfonso Cuarón – 2005)

Garden state (Zach Braff – 2003)

Génération 90 (Ben Stiller – 1994)

Heaven (Tom Tykwer – 2000)

L'Homme sans visage (Mel Gibson – 1993)

Idiocracy (Mike Judge – 2004)

Kiss, Kiss, Bang, Bang (Shane Black – 2004)

Limbo (John Sayles – 1998)

Mad dogs (Larry Bishop – 1996)

La Peur au ventre (Wayne Kramer – 2004)

Road trip (Todd Phillips – 1999)

Rushmore (Wes Anderson – 1998)

Sang pour sang (Joel Coen – 1984)

Savior (Predag Antonijevic – 1996)

Singles (Cameron Crowe – 1992)

Spartan (David Mamet – 2003)

Stranger's kiss (Matthew Chapman – 1983)

Le Solitaire (Michael Mann – 1981)

Susie et les Baker boys (Steve Kloves – 1989)

Swimming with sharks (George Huang – 1994)

Terrain d'entente (Bobby Farrelly, Peter Farrelly – 2004)

TexasVille (Peter Bogdanovich – 1990)

Un élève doué (Bryan Singer, 1998)

Wackness (Jonathan Levine – 2007)


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DU CINÉMA AUX PUF

1 Avril 2012, 23:05pm

Publié par Mister Arkadin

http://www.jayetjays.com/WebRoot/Orange/Shops/5c775cba-f526-11de-af2d-000d609a287c/4ECE/5F2E/B67D/EAB2/FAF2/0A0C/05E7/A943/histoire-du-cinema_m.jpg

J’ai annoncé il y a peu une série sur trois grands éditeurs morts récemment et qui avaient fait une large place au cinéma dans le catalogue de leur maison, ce que quasiment aucune nécrologie n’a signalé, si je ne me trompe.

Commençons par le moins évident, Michel Prigent, directeur des Presses Universitaires de France. Ces dernières se sont précocement intéressées au cinéma, Joseph-Marie Lo Duca signant une Histoire du cinéma dès 1942 dans la collection « Que sais-je ? » (qui a accueilli par la suite plusieurs autres titres relatifs au cinéma, dont l’excellent Esthétique du cinéma d’Henri Agel et un récent Les 100 mots du cinéma, par Yves Rousset Rouard).

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Plus récemment, la collection "Perspectives critiques" de Roland Jaccard a fait une large place au cinéma avec des livres sur Lang, Mankiewicz, Sturges, ainsi que des Louis Skorecki, l’idole de mon pote Akiro Kurosawi, dont la présentation « par lui-même » est digne de sa réputation d’égotisme :

« qui parle encore du cinéma ?

» personne.

» il n'y a que Skorecki, alors ?

» c'est ça.

» et c'est un écrivain aussi ? oui. »

Dans cette collection avait paru en 1998 un Dictionnaire de la censure au cinéma (par Jean-Luc Douin), réédité en 1999 dans la collection "Quadrige dico poche".

Le cinéma est très présent dans plusieurs autres dictionnaires, notamment dans le Dictionnaire de la pornographie (le lien renvoyant à une page qui donne la liste des entrées, dont « Cinéma X », « Dessin animé », « Godard », « Hardeur, hardeuse », « Hitchcock » et Pasolini), dans le Dictionnaire d’histoire culturelle de la France contemporaine (bis) et dans le récent Dictionnaire de la violence (repetita), dirigé par l’inénarrable Michela Marzano (encore heureux que ne lui ait pas été confiée la direction du premier des trois !).

Le 2 mai prochain sortira, dans la collection « Quadrige – Dicos poche », un Dictionnaire de la pensée du cinéma de 816 pages, dirigé par Antoine de Baecque et Philippe Chevallier, dans lequel votre serviteur signe quatre notices (René Barjavel ; Cinéphobie ; Lucien Rebatet ; Émile Vuillermoz). Il est annoncé comme suit sur Electre : « Un ouvrage didactique pour aborder le cinéma comme lieu et objet d'une réflexion spécifique, à la fois s'inspirant de disciplines parallèles et les influençant. Présentation par auteurs, oeuvres et concepts augmentée de grandes figures mythiques et de films marquants pour le paysage intellectuel. Avec également une approche du discours de la critique de films. »

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L’éditeur le présente pour sa part ainsi : « Faisant oeuvre pédagogique, le dictionnaire espère aider le lecteur à s’approprier une notion, à se faire une idée claire d’un problème ("l’espace au cinéma", "le montage", "le visage", "le miracle", etc.), à entrer dans l’œuvre d’un penseur (André Bazin, Gilles Deleuze, Slavoj Zizek, etc.).

» Les entrées traditionnelles de ce genre de dictionnaire (auteurs/œuvres/concepts) ont été complétées par quelques silhouettes essentielles (« Bardot », « Bogart », « Charlot », « Désir », etc.) afin d’honorer tout ce que le cinéma suscite également de mythes, rêves, figures, émotions.

» Pour rythmer ce parcours, un nombre important d’entrées a été consacré à des films, afin de montrer cette pensée du cinéma en acte : comment telle oeuvre nous donne-t-elle à penser ?

» Enfin, la pensée du cinéma n’étant pas une discipline aux contours bien définis, le dictionnaire s’efforce de donner une présentation raisonnée de ce qui parfois se cherche encore, se dit sous formes d’essais ou d’intuitions – en particulier du côté de la critique cinéma et de la cinéphilie.

» Ceci assure au dictionnaire une grande variété d’articles qui ont chacun un style propre, en fonction de leur objet. »

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Dépliant publicitaire du Champollion pour le cycle de films projetés à l'occasion de la parution de ce dictionnaire.

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« EXISTE-T-IL ENCORE UN CINÉMA CHRÉTIEN EN FRANCE, EN EUROPE, DANS LE MONDE ? »

29 Février 2012, 00:02am

Publié par Mister Arkadin

« Existe-t-il encore un cinéma chrétien en France,

en Europe, dans le monde ? »

 

 ACTES du COLLOQUE TENU

le 17 OCTOBRE 2009

au CENTRE Saint-PAUL

à Paris


avec la participation de 

Philippe d’HUGUES

Pascal Manuel HEU 

Daniel HAMICHE

Alain SANDERS

 

Conclusion : abbé Guillaume de TANOÜARN

 

Organisation : Denis BATAILLE  pour l’Association Motu Proprio 77


 

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Il n’est qu’à regarder une page de programme de télévision pour constater que dominent, dans le cinéma, la violence (armes pointées sur le lecteur chaque semaine) la pornographie (pas de film sans coucherie), la vulgarité et la méchanceté gratuite dans les « comédies ».

Sans faire du tout preuve de pruderie ou de nostalgie mal placée, il faut bien constater que plus il est facile de faire un film (allègement du matériel, montage vidéo…) plus leur contenu est pauvre. Pauvreté du scénario, en particulier et jeu des acteurs approximatifs, diction plus qu’inaudible. Le réalisateur espère-t-il rattraper au montage les imperfections ? C’est encore plus vrai à la télévision, mais ne parlons que du cinéma en salle.

Les  Français sont-ils décervelés au point de ne demander que cela ?

Mais non, le pire n’est jamais sûr !

Dans les « valeurs » qui ont  quasiment disparu, celle de la transcendance : voilà pourquoi j’ai posé la question : et le cinéma chrétien ?

 

J’ai réuni un plateau d’amoureux du grand écran :

Philippe d’Hugues, historien, Alain Sanders, tous deux critiques de films, Pascal Manuel Heu, doctorant en histoire du cinéma,  débat animé par Daniel Hamiche, pour répondre à la question sur cette actualité et à celle-ci : qu’est-ce qu’un film chrétien ?

 

Un espoir ?

Notre hôte, l’abbé Guillaume de Tanoüarn a planché, en guise de conclusion, sur la question : et depuis cette conférence (tenue en octobre 2009)

Il a découvert quelques hirondelles qui annoncent, nous l’espérons, un printemps prometteur.

Benoît XVI à Rome, Poutine à Moscou, qui veulent défendre la chrétienté dans le monde, il ne nous manque plus qu’un chanoine d'honneur de Saint-Jean-de-Latran plus conforme à nos attentes…

 

Les actes sont illustrés de photos que j’ai réalisées voici quelques années sur les plateaux de cinéma, et je ne vous cacherai pas que j’ai aussi, prêt à tourner, un film « très-chrétien », si vous voyez ce que je veux dire.

 

Bonne lecture.

 

Denis Bataille

 

Pour se procurer ces actes :

adressez un chèque de 10 euros (8 + 2 de port) à :

Motu Proprio 77 c/o Denis Bataille, 4, quai du Morin 77860 Couilly Pont aux Dames - denismoniquebataille@gmail.com


Illustration : « le landau de la "liberté" soviétique, transformé en rouleau compresseur, tentant d'écraser le christianisme russe » (allégorie "réaliste" de Denis Bataille, d'après S.M. Eisenstien, Le Cuirassé Potemkine).

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LIVRES ANNONCÉS OU REÇUS, VUS OU LUS DERNIÈREMENT

31 Décembre 2011, 10:30am

Publié par Mister Arkadin

Pour clore l’année, on trouvera ci-dessous une liste de livres que j’ai vus, parcourus ou lus ces derniers mois, ou sur lesquels mon attention a été attirée (entre autres grâce à ma participation au "Libre journal du cinéma" et à la présence de ce blog de cinéma parmi ceux qui sont conseillés sur tel ou tel autre site). De manière similaire à ce que j’ai annoncé, en ce qui concerne les films, dans le billet « Séances spéciales », je publierai régulièrement sur ce blog la liste de tous les livres dont j’ai pris connaissance (que j’ai eu le temps de les lire ou de seulement les parcourir), accompagnés d’une photo de la couverture. L’absence de commentaire signifiera uniquement le manque de temps dont je dispose pour écrire systématiquement un compte rendu (ce serait l’idéal : être en mesure d’écrire au moins quelques commentaires sur chaque livre lu, de même que sur chaque film vu), et non que le livre ne m’aurait pas intéressé. Ce n’est donc pas forcément aux seuls livres que j’apprécie que je consacre un compte rendu, de même que je ne m’interdis nullement d’en consacrer à des livres que je n’ai pas appréciés.

Parallèlement, autant que possible, j’essaie toutefois de recueillir dans les livres que je lis qui ne sont pas « de cinéma » les passages dans lesquels le cinéma est évoqué (voir par exemple mes deux billets sur les derniers romans d’Emmanuel Carrère, D’autres vies que les miennes et Limonov), ce que je ferai également prochainement à propos de quelques autres ouvrages lus en 2011.

- Forest (Claude), Quel film voir ? Pour une socioéconomie de la demande, Villeneuve d’Ascq, janvier 2010, 420 p.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/1/4/9782757401415.jpg

- Baecque (Antoine de), Godard. Biographie, Paris, Éditions Grasset, mars 2010, 940 p.

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782246647812.jpg

- Münsterberg (Hugo), Psychologie du cinématographe, traduit de l'anglais et présenté par Bernard Genton, Le Havre, De l'incidence-éditeur, 25 mars 2010, 184 p.

http://s3.static69.com/m/image-offre/8/2/7/b/827bae1953eeba20b066756fd5c74f1c-300x300.gif

- Münsterberg (Hugo),Le cinéma : une étude psychologique ; et autres essais, traduction française de Martin Richet, édition préparée par François Bovier et Jean-Philippe Rimann, Genève (Suisse), Éditions Héros-Limite, 21 mai 2010, 203 p.

http://www.decitre.fr/gi/26/9782940358526FS.gif

- Roffat (Sébastien),Propagandes animées : les dessins animés politiques entre 1933 et 1945, Paris, Bazaar & Co, Paris, 30 mai 2010, 336 p.

http://www.cellulo.net/resources/Couverture+propagandes+anim$C3$A9es+copie.jpg

- Gotteri (Nicole), Le Film noir américain. 1940-1955, Éditions Atelier Folfer, 9 juin 2010, 271 p.

http://images.amazon.com/images/I/51IpXZCx-uL.jpg

- Barnier (Martin), Fontanel (Rémi), dir., Les Biopics du pouvoir politique de l’Antiquité au XIXe siècle, Lyon, Éditions Aléas, août 2010

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- Jullier (Laurent), Leveratto (Jean-Marc),Cinéphiles et cinéphilie : histoire et devenir de la culture cinématographique, Paris, Armand Colin, 25 août 2010, 224 p.

http://www.images-chapitre.com/ima2/original/630/31839630_6953700.jpg

- Zimmer (Jacques), Sade et le cinéma, Paris, La Musardine, 23 septembre 2010, 244 p.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/8/8/8/9782842714888.jpg

- Tulard (Jean), Dictionnaire amoureux du cinéma, Éditions Plon, octobre 2010, 721 p.

http://www.decitre.fr/gi/14/9782259208314FS.gif

- Boillat (Alain), dir., Les Cases à l'écran : bande dessinée et cinéma en dialogue, Chêne-Bourg (Suisse), Éditions Georg, 12 octobre 2010, 351 p.

http://www.unil.ch/webdav/site/cin/shared/casesEcran.jpg

- Brody (Richard), Jean-Luc Godard, tout est cinéma. Biographie, Presses de la Cité, décembre 2010, 804 p.

http://www.images-chapitre.com/ima0/original/062/36085062_8240275.jpg

- Raynal (Marc), Monsieur Maud. Parcours d’un journaliste esthète. Maud Molyneux / Louella Interim, préface de Marie Barbier et Jean-Pierre Montal, Éditions Rue Fromentin, 2011, 172 p.

http://medias.sauramps.com/media/catalog/product/cache/1/image/x500/17f82f742ffe127f42dca9de82fb58b1/i/005/9782919547005_1_75.jpg

- Bilger (Philippe), Vingt minutes pour la mort. Brasillach, le procès expédié, Monaco, Éditions du Rocher, janvier 2011

http://media.paperblog.fr/i/406/4061284/philippe-bilger-proces-robert-brasillach-L-wanpZ1.jpeg

- Mourlet (Michel), L'écran éblouissant, Voyages en Cinéphilie 1958-2010, préface de Marc Cerisuelo et postface d’Antoine Katerji, Presses Universitaires de France, janvier 2011, 296 p. [à noter le très bel article de Michel Mourlet sur Antoine Blondin dans le numéro 6 de Livr’Arbitres]

http://myboox.f6m.fr/images/livres/reference/0016/27/l-ecran-eblouissant-voyages-en-cinephilie-1958-2010-michel-mourlet-9782130586845.gif

- Vezyroglou (Dimitri), Le Cinéma en France à la veille du parlant. Un essai d'histoire culturelle, Paris, CNRS Editions, février 2011

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782271071200.jpg

- Poncelet (Yves), Pierre l'Ermite (1863-1959). Prêtre, journaliste à La Croix et romancier. Présence catholique à la culture de masse, Paris, Éditions du Cerf, mars 2011, 663 p. [faisant suite à : « "Pierre l’Ermite" [Edmond Loutil] (1863-1959). Un apôtre du cinéma à l’âge du muet », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n°93, janvier-mars 2007, p.165-182]

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- Ribac (François), Conte (Giulia), Les Stars du rock au cinéma, Paris, Armand Colin, avril 2011

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- Banda (Daniel), Moure (José), Le Cinéma : l’art d’une civilisation (1920-1960), Paris, Flammarion, mai 2011, 486 p.

http://www.fabula.org/actualites/documents/44709.png

- Bergeron (Francis), Hergé, Loing-sur-Grès, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », juin 2011, 128 p. [à noter qu’est reproduite page 75 la fameuse préface de Roger Nimier au livre de Pol Vandrome, qui comprend de nombreuses références cinématographiques et qu’une place importante est consacrée au journaliste et romancier Robert Poulet, qui fut un bon critique de cinéma durant les années 1930-1940]

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- Wrona (Carole), Corinne Luchaire. Un colibri dans la tempête, Grandvilliers, Éditions La Tour verte, août 2011, 200 p.

http://4.bp.blogspot.com/-OYehbkAW6QE/TsegOp-k3AI/AAAAAAAAAS8/o-nelpXa1-0/s1600/luchaire.png

- Bernard (Jean-Jacques), Petit éloge du cinéma d'aujourd'hui, Paris, Éditions Gallimard, août 2011, 120 p.

http://www.decitre.fr/gi/09/9782070440009FS.gif

 

- Richard (Jacques), Dictionnaire des acteurs du cinéma muet en France, Paris, Ed. de Fallois, 7 septembre 2011, 936 p.

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- Plasseraud (Emmanuel), L'Art des foules : théories de la réception filmique comme phénomène collectif en France. 1908-1930, préface de Giusy Pisano, Villeneuve-d'Ascq (Nord), Presses universitaires du Septentrion, 384 p., 15 septembre 2011

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- Maray (Fabian), Terrence Malick. Le paradis perdu, Éditions Jacques Flament, 15 septembre 2011, 172 p.

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- Brownlow (Kevin), La parade est passée…, Arles / Lyon, Éditions Actes Sud / Institut Lumière, octobre 2011, 1008 p.

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- Eisenschitz (Bernard), Fritz Lang au travail, Paris, Éditions des Cahiers du cinéma, 13 octobre 2011, 272 p.

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- Fiedler (Pierre-Jean), Tranches de vies à Paname, Éditions Les 2 Encres, novembre 2011 [A noter la manière originale de faire dialoguer ce roman mettant en scène six acteurs, Blier, Gabin, Ventura, Belmondo, Delon et Pousse avec un site Internet qui révèlera une série d'informations camouflées dans l'ouvrage et que ses lecteurs sont invités à deviner au fur et à mesure de leur découverte du récit]

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MÉMOIRE ET IMAGES REÇUES DE LA FRANCE SOUS L’OCCUPATION

8 Mai 2011, 23:01pm

Publié par Mister Arkadin

Compte rendu paru dans le dernier numéro de la revue Jeune cinéma (n°336/337, printemps 2011, p.141-142).


Les ouvrages d’Henry Rousso sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France, Le Syndrome de Vichy (1987) et Vichy. Un passé qui ne passe pas (1994, en collaboration avec Éric Conan), accordaient une grande place au cinéma. La représentation filmée de cette période a également fait l’objet d’un livre de Sylvie Lindeperg (Les Écrans de l'ombre, la seconde Guerre mondiale dans le cinéma français (1944-1969), 1997). Une preuve supplémentaire que les historiens accordent, à ce sujet, une place centrale aux films est apportée par Le Chagrin et le venin. La France sous l’Occupation, mémoire et idées reçues (1). Le titre affiche d’emblée que la réflexion de Pierre Laborie y prend appui sur une étude détaillée du Chagrin et la pitié, sur sa réception et la manière dont le documentaire de Marcel Ophuls, quoiqu’il ne soit que l’ « un des lieux multiples de formation de la vulgate » sur l’Occupation, a largement contribué à façonner celle-ci (2). Laborie examine les positions des uns et des autres, Françoise Giroud, dont le rôle fut très important pour le « retentissement dans l’imaginaire national des années noires » du film, Simone Veil, qui exprima de fortes réserves à son propos (3), Alfred Fabre-Luce, Marcel Ophuls lui-même (qui fut amené à prendre ses distances avec les lectures partielles qui avaient été faites de son film) et jusqu’à la presse nationaliste (Rivarol en particulier), dont l’accueil favorable serait dû à la satisfaction de voir la culpabilité résultant du comportement de Vichy et des Collaborateurs être quelque peu diluée. Laborie, sans établir d’équivalence, va jusqu’à pointer les similitudes entre la dénonciation du résistancialisme par quelques petites revues ayant servi de refuge aux épurés après guerre (Les Écrits de Paris notamment) et la « dénaturation » de la Résistance qui serait désormais latente : « les rapprochements effectués entre libération et climat de guerre civile ont terni et entachent toujours la représentation de la Résistance comme fait moral » (p.176). En spécialiste de l’opinion, Laborie relativise, voire réfute les notions de "consentement" et d’"accommodement" appliquées à l’attitude des Français sous l’Occupation. Les historiens n’ayant assurément pas fini d’affiner leurs analyses sur la question, nul doute que les nombreux films que la période suscite continueront à les alimenter.

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Notes :

(1) Montrouge, Bayard Éditions, 2011, 356 p.

(2) Si Pierre Laborie se focalise sur Le Chagrin et la pitié, il n’ignore pas plusieurs autres films ayant joué un rôle dans la mémoire de l’Occupation, Lacombe Lucien (p.114) et La Bataille du rail (p.311-312) bien sûr, mais aussi Un héros très discret (p.285) et le Lucie Aubrac (p.290) de Claude Berri.

(3) Dans le dernier chapitre, « La lumière des justes », de son autobiographie (Une vie, Stock, 2007), Simone Veil est revenue longuement (p.325-329) sur son opposition, alors qu'elle siégeait au conseil d'administration de l'ORTF, au début des années 1970, à l'achat par la télévision française du Chagrin et la pitié. Persévérante, comme aurait dit Serge Daney, elle y juge toujours ce documentaire « injuste et partisan », n'épargnant au spectateur « aucun raccourci mensonger », surfant sur la pensée dominante d'alors (qui demeure plus que jamais en vigueur), « tout aussi simplificatrice » que la précédente, notamment en ne rendant pas justice aux Français qui ont permis que la France soit « de loin le pays où le pourcentage de Juifs déportés s'était révélé le plus faible ».


P.S. (NDLR de JC) : Le texte de l’entretien accordé par Pierre Laborie à Libération (29 janvier 2011) est consultable sur le blog de l’historien Jacky Tronel, consacré à l’histoire pénitentiaire et à la justice militaire.


Complément :

(10 avril 2013) Le témoignage de Suzanne Borel-Bidault va dans le même sens que celui de Simone Veil (Souvenirs de guerre et d'Occupation, Paris, La Table ronde, 1973, p.99-100) : « l'armée française était à l'image des Français : des veaux, déjà des veaux. Du moins une majorité de veaux. Car, n'en déplaise aux tristes auteurs du film : Le chagrin et la pitié, je découvris peu à peu entre ces veaux et le nombre infime de résistants de choc, une minorité importante de gens tranquilles, civils et militaires, qui à toute occasion devenaient nos complices. S'ils ne nous avaient pas cachés, s'ils n'avaient pas recueilli et dissimulé nos papiers, s'ils ne s'étaient pas tus sur ce qu'ils pouvaient savoir de nos activités, nous n'aurions pas fait tout ce que nous avons pu faire - et je ne parle pas seulement des paysans et d'ouvriers [note de l'auteur : A propos du film Le chagrin et la pitié, Claude Mauriac a écrit un article d'où il m'a semblé ressortir que seuls les gens du peuple avaient résisté.], mais des bourgeois cossus, d'aristocrates réactionnaires. Seulement, dans ces premiers mois, je n'avais pas su les distinguer : je ne voyais que les intrigants, les jouisseurs et les traîtres, et c'était horrible. »

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"OUVREZ DIX ROMANS QUI TRAITENT DES MŒURS MODERNES"

23 Mars 2011, 00:09am

Publié par Mister Arkadin

« Ouvrez dix romans qui traitent des mœurs modernes : je serais bien surpris si, dans l’un quelconque des dix, les personnages ne vont pas au cinéma. Je fais toutes réserves sur la fidélité de la littérature à représenter une époque ; mais ce détail m’a paru caractéristique. Le cinéma, pour un bon nombre de nos contemporains, est une habitude. »

Ces lignes composent le premier paragraphe de la « Chronique du cinéma » que Jean Morienval tint dans la vénérable revue Le Correspondant à partir du 25 octobre 1929 (101ème année, tome 317, p.299). La proportion de romans dans lesquels les personnages ont un rapport avec le cinéma est sans nul doute bien plus considérable aujourd’hui. À titre d’exemple, en voici trois que j’ai lus ces derniers mois où le cinéma occupe une place centrale ; par ordre de lecture, qui se trouve être aussi l’ordre de préférence, le dernier étant le seul que je ne saurais conseiller et les deux premiers ayant pour point commun d'offrir une vision savoureuse d'un festival de cinéma :

- La Fuite, de Bernard Cohn ;

http://www.lescygnes.fr/img/vign_articles/La-Fuite%20face.jpg

- Curieuse, d’Alain Paucard ;

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782362010071.jpg

- L’Amour nègre, de Jean-Michel Olivier.

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