Mister Arkadin

Articles avec #films - annonces

AUDREY ET LUCAS PROUVENT QU'ILS EXISTENT

9 Janvier 2017, 23:27pm

Publié par Mister Arkadin

Au cas où l'antipathie que nous pourrions avoir pour le FN deviendrait trop forte, les gens biens, i.e. les cinéastes "de gauche", les journaux sérieux (bien que quasiment personne ne leur fasse plus confiance) et les politiques progressistes, se chargent de nous donner furieusement envie de le défendre sur certains points. La ministre de la Culture, en pilotage automatique, vient d'enfourcher l'inusable cheval de bataille de la "liberté d'expression", comme elle le fit pour le rappeur qui appelait à s'amuser lors des commémorations de Verdun. Tout appel à la censure m'est a priori désagréable. Si c'est ce qu'ont fait les gens du FN, en plus de s'étonner qu'un film qui prend pour cible un parti d'opposition ayant le vent en poupe à deux mois de l'élection majeure soit financé sur deniers publics (non par l'Avance sur recettes, nous informe Libération, mais tout de même par des chaînes vivant de la Redevance), ils ont eu tort, d'autant que ce film de propagande ne leur nuira probablement guère (1).

En revanche, alors que je ne trouvais pas forcément tous les arguments de Lucas Belvaux de mauvaise foi (sans doute en vertu d'un préjugé favorable pour ce réalisateur que j'aime bien, surtout depuis sa trilogie et l'hilarant Pour rire !, principalement) (2), l'article de Libération, dont je laisse aux lecteurs deviner de quel côté il se range, me fait découvrir le Tartuffe : outre que Belvaux s'applique à y donner raison au réprouvé Reynouard (3), j'y apprends que lui et son coscénariste Jérôme Leroy (qu'on espérait occupés à d'autres besognes) ont appelé le parti de leur blonde égérie le Rassemblement national populaire, soit l'un des deux principaux partis de la Collaboration (celui de Déat). Avant même de voir le film, on peut donc en déduire qu'il ne s'en tient pas à "la réalité" (pour parler comme cette chère Audrey), il diffame.

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Notes :

(1) Aucun des films de Belvaux n'a dépassé 350.000 entrées en France ; gageons qu'il en sera de même pour celui-ci, pour autant qu'il ne boive carrément pas la tasse.

(2) Son 38 témoins, balourde métaphore sur l'inaction vis-à-vis de la Shoah, m'avait déjà fait regretter que Belvaux ne s'en tienne pas au genre dans lequel il excelle, la comédie - Rapt et les volets tragiques de sa trilogie n'étaient pas mal, ceci dit. Mi-figue, mi raison, son dernier film, Pas son genre, était en partie foiré, pour ne pas dire foireux.

(3) « On ne débat pas avec ces gens-là, leur tactique est toujours de décrédibiliser les contradicteurs [...] [etc.] » : n'est-ce pas çui-qui-dit-qui-est,  comme on disait dans la cour de récréation ?

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Complément :

L'affiche du film, est-ce un paradoxe, est très séduisante et ne joue pas sur les teintes brunes et les visages fermés, voire butés, ressort habituel pour dénoncer "le-retour-des-heures-les-plus-sombres" :

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LA BA COMME MAUVAISE ACTION

18 Février 2015, 21:06pm

Publié par Mister Arkadin

http://i.dailymail.co.uk/i/pix/2014/10/03/1412323862817_wps_10_Bradley_Cooper_is_One_Sha.jpg

Moi qui essaie autant que possible d'en savoir le moins possible sur un film avant de le voir, et donc de fuir les bandes annonces, d'autant que je soupçonne nombre d'entre elles de n'être que rarement un reflet fidèle du film qu'elles promeuvent, je n'ai malheureusement pas pu échapper à celle d'American Sniper, voici trois semaines environ, avant même de savoir que le dernier Eastwood avait provoqué une assez grosse polémique aux USA, dont la presse française se fait abondamment l'écho depuis.

Ce désagrément présente au moins l'avantage de vérifier un point : une bande annonce immonde, qui laisse présager un film au point de vue similaire à celui de l'odieux Lebanon, peut-elle trahir un film qui ne l'ait pas du tout, ou beaucoup moins (immonde, s'entend) ?

http://itpworld.files.wordpress.com/2010/06/lebanonstills_0890542.jpg


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"TOUT LE MONDE..."

1 Janvier 2014, 00:37am

Publié par Mister Arkadin

N'ayant guère le temps de tenir à jour ce blog depuis quelques semaines, voire mois, et la situation risquant de ne pas s'arranger au moins jusqu'à l'été prochain, j'essaierai de l'alimenter en cette année 2014 avec une revue de presse.

Débutons en célébrant à notre manière l'ami Nelson. Il est de notoriété publique que les aimables Netanyahu et Pérès se sont abstenus de se rendre en Afrique du Sud aux cérémonies d'hommage pour éviter de se voir rappeler vertement les liens entre le régime d'Apartheid africain et le leur.

http://static3.businessinsider.com/image/5296011feab8ea496f89e3be/hollywood-producerspy-arnon-milchan-played-a-key-role-in-israels-nuke-program.jpg

Un article consacré par Ha'Aretz le 26 novembre dernier au mogul Arnon Milchan (dont Pierre Hillard n'a sans doute pas manqué de remarquer qu'il produisait le Noah de Darren Aronofsky) nous en a appris plus que les brèves françaises au sujet de ce producteur hollywoodien qui a révélé son passé d'espion israélien (20 Minutes). Courrier international l'a traduit pour nous et publié sous le titre « Hollywood marchand d'armes [y compris dans le nucléaire] pour l'Etat hébreu » (n°1206, 12-18 décembre 2013, p.41). J'y relève l'implication de Sydney Pollack et les deux denriers paragraphes :

« Milchon a également reconnu [...] avoir profité de Hollywood et de son réseau dans les médias pour aider le régime sud-africain à redorer son image, à l'époque de l'apartheid, en échange d'approvisionnement d'Israël en uranium.

» Quand on leur demande si la rumeur de ses activités auprès des services secrets américains a terni la réputation de Milchan dans le secteur du cinéma, ses amis répondent par la négative. Apparemment le succès de ses films et son charme personnel le préservaient de toute mise à l'écart. Comme le dit Rupert Murdoch, le magnat des médias, "il y beaucoup de juifs à Hollywood. Tout le monde est très pro-isréalien. Il serait plutôt félicité pour son action. Et tant pis pour ceux qui pensent autrement." »

http://www.kdbuzz.com/images/poster_noe.jpg


Complément (29 janvier 2014) : "12 years a Slave : le producteur du film anti-esclavagiste avait défendu l’Afrique du Sud durant l’apartheid" (Panamza, 23 janvier 2014)

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SÉANCES SPÉCIALES

5 Décembre 2011, 11:37am

Publié par Mister Arkadin

N’étant pas critique de cinéma professionnel, je ne suis guère un habitué des projections de presse, festivals et autres séances spéciales (ou réception des films sur DVD) qui permettent aux journalistes encartés ou liés à la rédaction d’un média de voir les films en avance afin de pouvoir rédiger des comptes rendus avant leur sortie, condition sine qua non pour que ces comptes rendus paraissent au plus tard au moment de celle-ci. Depuis quelque temps, je reçois cependant des invitations à des projections de presse, sans doute en raison de l’intérêt croissant que manifestent les attachés de presse pour la blogosphère. J’hésite souvent à y répondre favorablement, même quand mon emploi du temps me permettrait d’y assister (ce qui est rare), d’abord pour préserver une position en marge des "milieux" du cinéma et de la presse, ensuite parce que voir les films dans un cadre extraordinaire (au sens littéral du terme), modifie leur perception par rapport à leur vision dans le cadre ordinaire des projections commerciales classiques, au sein du public ordinaire (au sens de non spécialisé).

D’un autre côté, comme j’essaie d’en savoir le moins possible sur un film avant de le découvrir, le voir avant sa sortie en salles minimise grandement les risques que ma perception soit influencée par tout ce que je puis déjà en connaître ou en deviner de par la manière dont la presse et la publicité en rendent compte (à laquelle il est impossible de se soustraire totalement) (1). D’autres vecteurs susceptibles d’alimenter la préperception d’un film ne peuvent être complètement ignorés (ne serait-ce que son générique), mais une vision avant sa sortie en salles réduit considérablement nos préjugés à son égard, voire notre pré-jugé d’ensemble. Ainsi, d’ailleurs, est-ce la raison pour laquelle je profite fréquemment des avant-premières publiques proposées par le multiplexe le plus proche de chez moi. Aussi ai-je décidé de ne pas me priver de la possibilité de voir certains films en projections de presse, quoiqu’elle soit assez réduite en ce qui me concerne vu que je ne dispose pas librement de mon emploi du temps.

Par courtoisie envers les personnes qui prennent la peine d’organiser ces projections et qui ont l’amabilité de m’y convier, ainsi que pour l’information des personnes qui liraient le compte rendu d’un film que j’aurais vu dans ces conditions, je publierai régulièrement sur ce blog la liste de tous les films vus ainsi, accompagnés d’une photo. L’absence de commentaire signifiera seulement le manque de temps dont je dispose pour écrire systématiquement un compte rendu (ce serait l’idéal : être en mesure d’écrire au moins quelques commentaires sur chaque film vu, de même que sur chaque livre lu), et non que le film m’aurait déplu. Ce ne sera donc pas forcément aux seuls films que j’aurais appréciés que je consacrerai un compte rendu, de même que je ne m’interdirai nullement d’en consacrer à des films que je n’aurai pas appréciés.

Commençons par les deux films vus depuis la rentrée à l’invitation d’attachés de presse (auxquels je renouvelle mes remerciements au passage) :

- Super, de James Gunn, vu en septembre dernier dans le cadre de l’"Etrange Festival", au Forum des Images (film dont la sortie en salles n’est pas annoncée, mais qui serait sorti en DVD le 1er décembre)

http://saltodeeje.ideal.es/wp-content/uploads/2014/05/super-poster.jpg

- La Colline aux Coquelicots, de Goro Miyazaki (fils de), film dont la sortie est annoncée pour le 11 janvier 2012

http://www.manga-news.com/public/images/events/avant-premiere-colline-aux-coquelicots-nov-2011.jpg

 


Complément :

(1) (13 décembre 2011) Voir les films lors de séances spéciales présente aussi l'énorme avantage d'être épargné par les longs tunnels de publicité qui précédent les films dans l'exploitation commerciale courante, qui donnent une idée du supplice d'Alex.

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IMAGES D'HIER

13 Mars 2011, 00:06am

Publié par Mister Arkadin

Voici une page de publi-rédactionnel parue en quatrième de couverture du n°335 de la revue Jeune cinéma (décembre 2010) :

http://farm6.static.flickr.com/5014/5479860983_499dc120df_b.jpg

Cette manifestation, organisée au Champollion (qui passe en ce moment Mister Arkadin, soit dit en passant) par l’un des meilleurs rédacteurs de JC, également programmateur émérite, est aussi présente sur Facebook, où l’on peut retrouver ses magnifiques "flyers" promotionnels et des jeux-concours permettant de gagner des places gratuites (attention : la dernière image faisant l’objet d’une devinette n’est pas celle-ci ; se reporter à Facebook pour concourir) :

http://a4.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc6/166664_188329921180326_157137890966196_721551_3557306_n.jpg

http://a8.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/75385_176166462396672_157137890966196_626964_6007321_n.jpg

Avaient précédé le programme mentionné plus haut des projections de Brewster Mc Cloud, L’amour c’est gai, l’amour c’est triste et Fra Diavolo.

http://a5.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/75385_176166459063339_157137890966196_626963_5013213_n.jpg

Suivront :

- le 3 mai 2011, Le Cri de la victoire, de Raoul Walsh, présenté par… votre serviteur ;

- le 7 juin 2011, Un roi sans divertissement, de François Leterrier, présenté par Heike Hurst ;

- le 5 juillet 2011, Micky & Maude, de Blake Edwards, présenté par Patrick Saffar.

Affiche---Cri-de-la-victoire.jpg

Enfin, pour préparer la saison prochaine, les cinéphiles motivés peuvent se manifester pour assurer la présentation de quelque autre film pressenti, à choisir par exemple dans la petite liste suivante :

- La Femme en bleu, de Michel Deville ;

- Ok patron, de  Claude Vital ;

- Return of the Bad Men, de Ray Enright ;

- Josette, de Christian-Jacque ;

- Belle de Rome, de Luigi Comencini ;

- La Fille en rouge, de Gene Wilder ;

- Iphigenie, de Michael Cacoyannis ;

- Harley Davidson et l'homme aux santiags, de Simon Wincer ;

- Panther, de M.V. Peebles ;

- La Loi, de Jules Dassin ;

- Le Prince et la pauvre, de Riacher Felischer (VF uniquement) ;

- La Maison des perversités, de Noboru Tanaka ;

- Silvestre, de J-C Monteiro ;

- Les Enfants, de Marguerite Duras ;

- Désir meurtrier, de Shoei Imamura ;

- Armaguedon, d’Alain Jessua ;

- Les Évadés, de Jean-Paul Le Chanois ;

- Flash Gordon, de Mike Hodges (VF uniquement) ;

- Le Puritain, de Jeff Musso ;

- Brumes, de Howard Hawks ;

- Compartiments de dames seules, de Christian-Jacque ;

- Les Deux sirènes, de Richard Benjamin ;

- Gran Bollito, de Mauro Bolognini ;

- Libra, amore moi, de Mauro Bolognini.

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UN MENSONGE FONDÉ SUR CE QUI ARRIVE... AUX AUTRES…

18 Mars 2009, 01:25am

Publié par Mister Arkadin

D'après les entretiens, multiples (1), qu'André Téchiné a donnés à la presse pour " vendre " son dernier film, qui sort aujourd'hui, il se serait inspiré d'un article que j'avais cité dans mon papier « Jusqu'où mentir plus vrai ? ». Bien que Téchiné se défende de glorifier le comportement de Marie-Léonie Leblanc (cette jeune femme qui dénonça un délit imaginaire, qui lui serait survenu dans un train en juillet 2004), dont il retrace l'histoire, sa Fille du RER rejoint Survivre avec les loups dans la célébration d' « un mensonge qui dit la vérité », quand c'est pour la bonne Cause, la lutte contre l'antisémitisme en l'occurrence. Ce mensonge serait « une histoire vraie que la fille s'approprie », « pas un mensonge gratuit », car « fondé sur ce qui arrive aux autres ». Puisque il existe des agressions antisémites, une personne allant se plaindre d'en avoir été victime ne mentirait pas vraiment, la part de vérité de son mensonge l'emporterait sur l'affabulation. Mieux vaut écrire ça qu'être analphabète ! Ceci dit, je ne suis pas absolument sûr que si, en janvier prochain, je vais me plaindre au commissariat que ma voiture a brûlé et que je réclame une indemnisation à mon assurance, cela soit très bien pris si l'on découvre qu'il n'en est rien et que je me défends d'être un imposteur en déclarant que des voitures brûlées, à la Saint-Sylvestre (et pas seulement cette nuit là d'ailleurs), y'en a tout plein, que mon "mensonge" n'est donc en rien une escroquerie à l'assurance...

Depuis le temps que je m'efforce d'en lire le moins possible à propos des films que je n'ai pas encore vus, afin de ne pas arriver avec trop d'idées préconçus et un préjugé à leur égard (2), cela m'apprendra à ne pas suivre cette résolution !


Notes :

(1) En particulier « Un train nommé mensonge » (Le Nouvel observateur, 12-18 mars 2009, p.132), « Quand la vérité déraille » (Journal du dimanche, 15 mars 2009, p.32) et l'émission « Bord cadre » (Ciné Cinéma Premier, 9 mars 2009).

(2) Difficile toutefois d'échapper complètement aux affiches et placards publicitaires, surtout ceux qui paraissent dans les quotidiens et hebdomadaires, d'une laideur assez admirable, et sans doute délibérée, en ce qui concerne La Fille du RER.


Illustrations : Couvertures de Libération des 12 et 14 juillet 2004 ; d'après le remarquable article d'Éléonore Pasquet, « Quand je serai grande, je serai une victime », paru dans Le Choc du mois
(n°9, février 2007, « Bobards de guerre et mensonges d'État », p.44).

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DEUXIÈME SEMAINE, UNE SALLE, DIMANCHE, 11 HEURES

11 Décembre 2008, 00:02am

Publié par Mister Arkadin

Un réalisateur prestigieux (Jean-Xavier de Lestrade), dont deux documentaires (notamment Un coupable idéal) ont marqué les esprits dans les festivals et lors de leurs passages à la télévision (le deuxième, Soupçons, faisant l'objet d'un article de trois pages passionnantes dans le Télérama d'hier), son premier film de fiction (Sur ta joue ennemie) sorti il y a huit jours, avec deux jeunes acteurs au talent déjà épanoui (Robinson Stévenin et Fanny Vallette), une belle affiche, une critique plutôt favorable (1) : en deuxième semaine, une unique projection en région parisienne au Majestic Bastille (2), dimanche, à 11 heures 10. Les auditeurs du "Libre journal du cinéma" semblent parfois s'étonner que nous ne rendions pas compte de tous les films...


(1) DVDrama ; Le Monde.

(2) Onze salles sur l'ensemble de la France.

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MM

24 Septembre 2008, 09:45am

Publié par Mister Arkadin

Pas de Marilyn Monroe dans ce billet, bien qu'on ait annoncé récemment la découverte de rushs inédits sur le tournage de je ne sais plus lequel de ses films. MM pour l'aussi gracieux Michael Moore, dont le dernier documentaire, Slacker Uprising, est disponible gratuitement sur le site blip.tv depuis hier (pour les personnes déclarant résider aux U.S.A. ou au Canada). L'homme a le chic de susciter bien des inimitiés et aversions. Il a un génie de la communication (dont il témoigne de nouveau par cette annonce !) qui en agace plus d'un, mais il demeure, quoi qu'on en dise, l'un des cinéastes les plus talentueux de sa génération. A voir, donc.
(rendons aux Inrockuptibles le peu qu'on leur doit : c'est dans leur n°667, p.11, du 9 septembre 2008, que j'ai trouvé cette info).

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