Mister Arkadin

COUREZ VOIR UN FILM "QU'ON PEUT NE PAS VOIR..."

20 Août 2012, 22:28pm

Publié par Mister Arkadin

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/d/dc/Give_a_girl_a_break.jpg/220px-Give_a_girl_a_break.jpgQue dirait-on d'un critique qui dissuaderait ses lecteurs d'aller voir Give the Girl a Break, malgé des chorégraphies, certaines « franchement acrobatiques, inventives et impressionnantes », parce que l'intrigue serait « des plus guimauves » ? Qu'il doit appartenir à la presse des années 1950, pour dauber un film appartenant à un genre "mineur" parce que le formidable plaisir qu'il procure ne serait pas assez "distingué".  Il y a beau temps que la comédie musicale hollywoodienne classique ne suscite plus le mépris, mais son avatar contemporain, parfaitement représenté par la série Sexy Dance, subit le même traitement. Cette page critique du Canard enchaîné (8.V.2012, p.6) dont je prélève un extrait est d'autant plus frappante que, dans la catégorie au-dessus ("films qu'on peut aller voir", si je ne me trompe, peut-être "à la rigueur"), figure le dernier navet de Frears, Lady Vegas.

Pour en revenir au cinéma, le troisième volet de la série "Sexy Dance" était si réussi que je doutais que le quatrième ne puisse pas me laisser sur ma faim. Courez-y ! Si les chorégraphies sont peut-être légérement en retrait, l'utilisation de la 3D y est encore plus intelligente (notamment dans une scène intime, qui comporte le plus beau plan qu'il m'ait été donné de voir avec cette technologie). N'était une introduction laborieuse et une petite touche putassière à la toute fin, on avoisinerait le chef d'oeuvre. 

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A ne pas manquer également, Magic Mike, dans lequel Soderbergh retrouve l'inspiration, grâce à un récit mené tambour battant, des dialogues remarquablement écrits et une troupe d'acteurs épatants (une révélation, la superbe Cody Horn). On y appréciera en particulier la façon dont est subrepticement dressé un état de l'Amérique, avec ce jeune homme menant de front deux jobs, dans le bâtiment le jour (comme Costner dans The Company Men), dans une boîte de strip-tease la nuit, gagnant des clopinettes d'un côté et pas mal de fric de l'autre, vivant dans une barraque luxueuse et n'arrivant cependant pas à se voir accorder un misérable prêt par sa banque pour lancer son propre business.

Pas le temps de rendre justice aux deux meilleurs films de l'été en écrivant quelque chose de plus original, mais je m'en serais voulu de ne pas les saluer avant qu'ils quittent l'affiche, alors, voilà qui est fait !

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Note : parmi la multitude de papiers sur Soderbergh parue à l'occasion de la sortie de Magic Mike, en plus d'une bonne critique de Jean-Marc Lalanne dans Les Inrockuptibles, lire : « Soderbergh filme en tous genres », par Aurélinao Tonet, Le Monde, 18.VIII.2012, supplément "Culture & Idées", p.8.